CHAPITRE IV
blement à la fortune publique; quelques riches vêtemens, des ameublemens somptueux ne sont trop souvent que les enseignes d'une misère générale; sans doute la vanité d'une nation pourra être flattée de voir sortir de ses ateliers ces chefs-d'œuvre de l'industrie, et je suis loin de la condamner; mais ces chefs-d'œuvre n'intéressent qu'une classe peu nombreuse de la société^ et ils entrent presque pour rien dans la prospérité publique ; tandis que les produits qui sont à la portée de tous les états , de tous les degrés de fortune , emploient une masse énorme de matière première , occupent tous les bras , s'în troduisent partout, animent Iç commerce et enrichissent un pays.
ARTICLE III
Des Règlemens concernant la fabrication des bas de soie et autres ouvrages de bonneterie.
Le premier établissement de métiers à bas qu'on ait fait en France , a été formé par J. Hindret , sous le ministère de Colbert, au château de Madrid , dans le bois de Boulogne.
Dès le mois de février 1672 , on érigea en titre de maîtrise et communauté, la ma-
aBa DE l'inddstbte Françoise.
nufaclure de bas et tous ouvrages de soie et bonneterie qui se font au métier.
Les mêmes lettres-patentes déclarent que les deux cents premiers maîtres qui sortiront de la manufacture d'Hindret, recevront chacun aoo fr., pour leur faciliter les moyens d'acbeler un nié lier fabriqué dans les ateliers du château de Madrid.
Le même jour, le roi donna des régiemens aux maîtres et ouvriers en bonnelerie.
Ces règlemens prescrivent la nature de soie qu'on doit employer, le nombre ât brins dont doit se composer chaque fil, le poids que doit avoir nue paire de bas, Ut formes d'apprentissage, les épreuves pour les m.iîtrises, etc.
Un arrêt du 3o mars 1700, ordonne que les maîtres faiseurs de bas et autres ouvrages de soie, fil ou coton, établis dans vingtquatre villes spécifiées, suivront les statuts de 1G72, et leur défend de travailler dans le genre de ladite manufacture, ailleurs que dans les vîngt-quaire villes ; il ordonne que les soies qui, par le premier arrêt, dévoient être de quatre brins, seront portées à huit.
L'arrêt de 1717 ( 16 octobre ) prescrit