‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 118 sur 203 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

OÙ il y avoit teinture en laine y en soie et en fil , ils étoient pris pour chaque genre dans une proportion déterminée; ils étoient assujettis à faire au moins quatre visites par an, et recevoient du teinturier 10 sous par visite.

Soixante-quatorze articles sont consacrés à faire connoître les drogues qui doivent servir au décreusage et à former les différentes couleurs.

L'article 80 prescrit de faire des modèles de toutes sortes de nuances de couleurs à la diligence des gardes ou jurés, en présence du juge de police des manufactures , d'un marchand mercier , d'un marchand maître ouvrier en soie nommé par \e juge de police, et de quatre des plus anpiens maîtres teinturiers, dont deux en soie, un en laine et un en fil. Ces modèles dévoient être renouvelés tous les ans, et composés de seize nuances de cramoisi, quatre de rouge, quatre d'écarlate , quatre de violet, et quatre de cannelle; tous d'une livre de laine, et autant de fil dans les mêmes nuances.

Le débouilli employé pour juger de la solidité de la teinture de la soie dans les seize nuances de cramoisi, devoit être fait par

aya de liitocstrie fr\nçoise.

les gardes jurés. Ce débouilli éloit compose d'alun, poids de la soie , pour le rouge cramoisi; de savon, poids de la soie, pour Vé' carlatc; d'alua, ou d'une cbopine de jusde citron par livre de soie , pour le violet cramoisi.

On faisoit bouillir les soies pendant un quart d'heure dans la dissolution de ce.' driKues ; et lorsque la liqueur se coloroil en violet, on concluoit qu'on avoit employé l'orseille qui étoit réputée Jauj: feint; lorsqu'elle se coloroit en ronge, c'étoit le Brésil; en aurore, c'étoit le roucou : lacouleuro'étoitdéclarée^on teùitquc lorsque le bouillon ne se coloroit pas sensiblement.

Pour connoître si les couleurs, dites communes, sont de bon teint ou su rchargées de galle, on mettoît la soie dans l'eau bouillante avec poids égal de savon ou de cendres gravelées, et on faisoit bouillir.

Le i8 mars 1671 , Colbert publia une iustruction en Si^ articles qui contient nonseulement tout ce qui regarde la jurisdictioQ pour les teintures en laine, mais des procédés très - exacts pour former toutes les couleurs en bon et petit teint ; on y trouve encore des détails très-étendus sur la nature

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de tous les principes colorans ^t le pays qui les fournit.

Il établit cinq couleurs matrices ou premières, dont toutes les autres ne sont que des combinaisons ou des nuances; le bleu , le rouge, le jaune, le fauve et le noir. Il décrit avec soin les procédés pour teindre en toutes couleurs, et former toutes les nuances.

Il prohibe Tusage des bois de leintiite, et ne permet Torseille que pour les petites étoffes dont le prix n'excède pas vingt sous l'aune.

Il interdit lesgrandes couleurs ou couleurs bon teint aux teinturiers de petit teint, et ne leur permet que la teinture des étoffes dont le prix est au - dessous de 20 sous l'aune, ou de 3o sous pour celles qu'on emploie en doublure , et celle des vieux habits et étoffes usées.

Il prescrit le mode et la durée de l'appren* tissage, les épreuves qu'on doit subir pour être reçu maître, etc.

Il défend d'employer pour toute espèce

de teinture le bois de Brésil , le roucou , le

safran bâtard, le tournesol, l'orcanette, la

limaille de fer ou der cuivre , la mouUée II. 18

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des taillandiers , couteliers et émouleuis , U vietix sumac, etc.

11 désigne les drogues qui, seules, peu- ■vent se trouver cliez l'un ou l'autre des teinturiers; et il est défendu au teinturier ^n teint d'avoir aucune de celles qui constituent la léinlutQ petit teint , sous peine de confit* cation et de 3oo francs d'amende, et me versa.

L'ordonnance de 1 667 avoit spécifié toutes les drogues qu'on regardoit alors comiat* bon teint, et toutes celles qu'on reg^rdtHl comme petit teint.

L'article 8 désigne les marchandises qu'on doit teindre en boa teint ; et l'article 3o condamne les teinturiers en petit teint k ne teindre que les frisons, les tiretaines, les serges pour doublure, et autres petites étoffes; on leur permet encore de teindre en gris, musc, etc. ,et non en autre couleur, les étoffes qui ne peuvent servir que de doublure.

On peut diviser ces règlemens de Colbert en deux parties : la première fournit une description très-esacte des procédés qu'on doit suivre pour avoir une bonne teinture ; les détails précis qu'on donne dans rinstrjOj

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