‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 119 sur 203 · CHAPITRE IV. V · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. V

lion , forment le meilleur traité de teinture qui fût alors connu; et, sous ce rapport , on ne doit que de la reconnaissance au ministre qui les a rendus publics.- La seconde partie comprend les règlemens qui astreignent les teinturiers à suivre invariable* ment les méthodes prescrites : ici se présente une considération qui , âaus justifier le mode exclusif des règlemens^ peut néanmoins légitimer, jusqu'à un certain point, ceux qu'on a cru devoir donner aux teintures :

îl n'en est pas de l'art du teinturier comme de celui d'un fabricant de tissus; les produits de ce dernier peuvent être appréciés à l'œil et à la main ; le consommateur en jugé la qualité et il ne sauroit être trompé par le fabricant ; ainsi , lorsqu'il se détermine à acheter , il contracte avec connoissance de cause. Mais il en est autrement des couleurs ; l'œil le plus exercé, le tact le plus fin, ne peuvent point distinguer une teinture bon teint d'une teinture ^{/«r teint : le consommateur peut donc être trompé; et il peut rétre avec d'autant plus de facilité, que les couleurs fausses sont assez généralement plus brillantes et séduisent l'acheteur. Il faut donc une sorte de garantie au consomma-

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leur, punr n'être pas trompé, et Colberta cm la lui donner par ses règlemens.

Mais pour doiiiier cette garantie au consoimnaleur, est-il donc nécessaire de recourir aux règlemens ? de prescrire des procédés uniformes et invariables ? d'arrêter les progrès de l'art , et d'interdire les perfec- 'tionnemeiis? Je crois qu'on peut arriveraii même but par d'autres moyens.

En convenant que tout homme a le droil d'exercer son industrie comme il l'entencî, de fabriquer comme il lui plaît, de teindre par les procédés et avec les matières qui lui conviennent, il me paroît nécessaire que le gouvernement interpose son autorité et stipule pour l'intérêt du consommateur, toutes les fois que, malgré lui , la bonne foi de ce dernier peut être trompée et sa fortune compromise. J'ajouterai même que cette garantie est toute dans Fintérèt de l'industrie, car nous parviendrions bientôt à l'exiler de> marchés de l'Europe, si elle y présentoit des couleurs fausses , au lieu de ces couleurs solides qui y ont établi sa réputation,

Pour arriver à ce but , je n'irai pas prescrire de nouveau des procédés de teinture uniformes, in\ariabks; ni rétablir des jii-

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