‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 120 sur 203 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

rés , des inspecteurs , etc. Il suffiroit d'une loi qui enjoignît «lux fabricans de mettre sur chaque pièce d'étoffe, leur nom , celui delà villeoù est située la fabrique, et de varier la lisière du tissu selon la qualité de la couleur» On pourroit adopter la lisière rouge ou bleue povirla couleur bon teint y la jaune ou blanche pour le /aux teint ^ et la verte ou la noire pour les couleurs qui sont formées par un mélange de couleur bon teint et de couleur petit teint : je propose deux couleurs parce , qu'il est possible que le corps de l'étoffe soit de la couleur de la lisière, et qu'alors il y auroit confusion ; ainsi , si l'étoffe est teinte en bleue bon teint ^ la lisière sera rouge ; si l'étoffe est teinte en rouge, elle sera bleue. Quant aux étoffes teintes en pièces , le teinturier seroit tenu de réserver, aux deux bouts, une rosette, pour garantir le bon teint ; il n'en réserveroit aucune, pour la couleur faux teint , ni pour la couleur mélangée.

Ces marques distinctives qui ne sont pas pénibles pour le fabricant, parce qu'elles rentrent dans les habitudes de la fabrication, formeroient une garantie de la part du manufacturier, contre lequel la loi auto

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riseroit des poursuites et prononccroît dei peines, en cas dejcwx-

Les plaintes seroient portées devant le juge de paix; elles ne pourroient être admises que dans l'intervalle de huit joun, apjps l'achat de l'étoffe ; elles seroient dirigées contre le marchand qui exerceroit son recours contre le fabricant; deux experts, nommés par le juge de paix , seroient chargés de constater la (Qualité de la couleur , et le juge prononceroit sans appel. Le jugement seroit affiché dans la ville où se trouvent l'établissement du teinturier et la maison du fabricant.

L'essai qu'on peut faire d'une couleur pour en constater la solidité, n'est ni coûteux, ni long, ni difficile : les statuts de 1667 et l'instruction de 167 1 , prescrivent des procédés suffisans, tant pour la laine que pour la soie. Je propose ces moyens, avec d'autant plus de confiance, qu'ils me paroissent concilier l'intérêt de l'industrie avec celui du fabricant et du consommateur.

Ce mode de garantie seroit sans doute suffisant pour le consommateur de l'intérieur du royaume; mais comme il nous importe de conserver et d'assurer notre repu ta-

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tien au dehors, chaque ville de fabrique devroit être autorisée à noniBaef trois anciens fabricans qui seroient chargés de constater la qualité des couleurs, et qui imprimeroient sur les deux bouts de Tétoffe qu'on destine à l'exportation , les mots bon teint oujaux teint, selon le résultat de leurs épreuves j, dès lors la confiance renaîtroit parmi les consommateur étrangers, et elle seroit inaltérable par la suite.

Ces garanties sont tellement nécessaires, qu'un fabricant de bonne foi peut être trompé lui-même par son teinturier; je n'en citerai qu'un exemple : Camille Pernon , honnête et célèbre fabricant de Lyon , avoit ' été chargé de tout l'ameublement du château de Saint-Clotrd ; il tenoit à honneur d'étaler dans cette belle résidence, tout ce que l'industrie pouvoif offrir de plus riche , de plus élégant , de plus somptueux, et il donna tous ses soins pou7 fabriquer les plus belles étoffes qui fussent sorties des ateliers de Lyoi» : mais quel fut son chagrin lorsqu'il vit par lui-même, que presque tourtes les couleurs avoieut été fanées et fiétries en un an ! Cet habile iaibricant s'en trouva si profondément aïïlîgé.

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qu'il succomba bientôt k une maladie dont la seule cause fut l'intidélité d'un teinturier, en qui il avoit eu trop de confiance.

Il DE faudroit qu'un événement de cette nature pour perdre la fabrique de Lyon, dans le pays du nord où elle est le mieux accréditée.

Quant aux tissus colorés de tin , de chanvre ou de coton , on peut se borner, pour en éprouver les couleurs, à les faire tremper pendant un quart d'heure , dans de l'eau de lessive bouillante; lorsque les couleurs se s'y dégradent pas , elles ont le degré de solidité convenable, attendu que dans l'usage habituel, on ne les soumet pas à de plus fortes épreuves.

Les couleurs qu'on imprime sur les toiles de coton , n'ont jamais la même solidité que celles qu'on donne au fil de coton dans les ateliers de teinture: quelques-unes résistent néanmoins aux lessives , mais d'autres lie peuvent supporter qu'un léger lavage au Mivon; plusieurs même se fanent au soleil .

et on ne peut blanchir ces tissus que dans l'eau. Mais tout cela est connu des personne^ qui en font usage, et il est inutile de faire des règlemens à ce sujet,

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