CHAPITRE VIII
intervenir dans un contrat où les parties stipulent librement pour leurs intérêts , et en connoissance de cause ?
De tout temps , les gens raisonnables se sont prononcés contre le régime prohibitif:
je me bornerai ici à faire connoître lès plaintes que le tiers-état a présentées aux états-généraux de i6i4* Il demande au roi aue toutes les maitrises érigées depuis les états tenus en la ville de Blois , en 1576 , soient éteintes^ sans que , par ci après ^ elles puissent être remises , ni aucune autre de nouveau établies ; et soient ces exercices desdits métiers laissés libres à vos pauvres sujets.
Que tous édits d'arts et métiers ^ ensemble toutes lettres de maîtrises ci-devant accordées en faveur d'entrées , mariages , naissance , régences des rois et reines , leurs en/ans , ou d'autres causes quelles qu elles soient ^ soient révoquées y sans qu'à l'avenir il sQit octroyé aucune lettre de maîtrise , ni fait aucun édit pour lever deniers sur artisans pour raison de leurs arts et métiers^ et ou aucunes lettres de maîtrises ou édus seront faits et accordés; au contraire , soit enjoint à vos juges n'y avoir aucun égard.
Que les marchands et artisans ^ soit de mé-
, 3^4 DB l'industrie FRANÇOISE.
tier juré ou autres métiers ^ ne donnent ou ne payent aucune chose pour leur réception , lèi^ement de boutique ou autres, soit aux officiers de justice et visiteurs de métier et marchandises , et ne fassent banquet et autres dépenses quelconques ,, ni même pour droits de con^ f réries ou autrement, sous peine de concussion à rencontre desdits officiers y et de cent livres d'amende pour chacun desdits jurés ou autres qui auront assisté au banquet ; pris salaire , droits de confrérie ou autres choses.
On ne peut donc pas dire que les maîtrises aient dje tout temps reçu l'approbation publique ; et, si elles ont existé pendant des siècles, c'est moins l'opinion qui les a conservées que l'intérêt des maîtres privilégiés.
Il faut que le régime de 'la liberté soit bien favorable à l'industrie, puisque, au milieu des événemens qui paroissoient devoir en étouffer tous les germes , on l'a -vue s'étendre, se perfectionner et prospérer. Les guerres désastreuses que nous avons eues à soutenir dépeuploient les ateliers; le vieillard descendoit dans la tombe sans trouver auprès de lui un seul de ses enfans à qui il pût léguer le fruit de son expérience; les