CHAPITRE XI
vient de ce quon les fait avec des laines de diverses qualités , dont les unes rentrent au foulage plus que les autres , ce qui forme des ' draps ribotés ou fraisés. Pour corriger ces vices y on les énerve sur la rame afin d'effacer les plis ; le pressage achève de les faire dispa-^ roitre ; mais la moindre pluie rétablit les dé^ fauts , et les rend sensibles à la vue ; ici l'œil et la main du consommateuE sont insuffisans pour reconnoître ces défauts au moment de l'achat de l'étoffe, et le consom* mateur peut être impunément trompé par" le fabricant : le gouvernement doit donc intervenir pour empêcher que la fraude ne circule impunément dans l'intérieur et à l'extérieur du royaume. Ce vice est très-sensible au foulon, surtout trois ou quatre heures après le foulage, et il ne l'est que là , puisqu'on le masque par la rame et la presse; c'est donc au foulon qu'on doit se saisir du délit.
Dans chaque ville de fabrique en draperie fine , il pourroit y avoir un visiteur , choisi parmi les anciens fabricans et nommé par la chambre de commerce.
Le visiteur se rendroit tous les jours aux foulons et saisiroit les draps ribotés y qu'il
' "iSÔ BE L INDUSTRIE FRANÇOISE.
* feroit déposer dans un local affecté à cet
usage : deux membres de la chambre de com-
' merce seroient chargés de vérifier si le vice
est réel ; et , dans le cas de l'affirmative ,
ils en prononceroient la confiscation.
Il seroit perçu sur chaque drap apporté au foulon , une légère rétribution pour former le salaire du visiteur.
Au reste, on pourroit charger la chambre de commerce de présenter des moyens pour faire disparoître cet abus ; et, comme il n'est guère préjudiciable qu'à la draperie fine , il ne s'agit de le réprimer que dans quelques villes de fabrique.
Les Anglois , qu'on ne peut pas accuser de trop restreindre la liberté de l'industrie, ont créé une police dont le but est de donner au consommateur une garantie dans le cas dont je parle; ils l'ont même portée bien plus loin que ce que je propose ici. Leurs derniers règlemens sont de lyGS; l'exécution en est confiée à des auneurs et à des inspecteurs qui peuvent visiter, tous les jours , les moulins à foulon , les rames , les ateliers des apprêteurs , etc. L'article iSde leur règlement détermine la longueur et largeur qu'on peut donner , sur la rame ,