‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 174 sur 203 · CHAPITRE Xm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xm

chanflises d'Italie apportées par mer. En 1760, le commerce de Marseille obtint encore une juridiction directe sur les contestations relatives au droit de 20 pour cent, et l'étendit aux marchandises qu'il recevoit du Levant sur navire françois, lorsqy'elles n'appiirlenoient pas à un propriétaire du royaume, On voit, par tout ce qui précède, que la prospérité du commerce de Marseille est moins le ré.sultat de la franchise de son port, que celui de ses privilèges pour le commerce du Levant,

Le port de Dunkerque, situé à l'entrée des mers du nord, et à une distance presque égale de la Baltique et de la Méditerranée , semble destiné , par sa position , pour lier le commerce du nord à celui du midi, Le voisinage de la Hollande , de la Belgique et de l'Angleterre, Tout de tout temps désigné comme l'entrepôt naturel d'un vaste commerce, et tous les gouvernemens qui l'ont possédé lui ont constamment accordé la franchise : elle remonte à Philippe d'Alsace , comte de Flandre, qui l'établit en 1 1 70 ; depuis six à sept siècles , cette ville a cliangé neuf fois de domination, et sa fran^ chise a été toujours maintenue. Cette fran-

3q2 DE I.'iNDIfSTniK PRAWÇOISK.

chise,qui a été Tobjet constant de la jalousie des puissances voisines,futsuspendue apr^j le traité d'Utrecht , mais on ne tarda pasàla rétablir en 1716, et on augmenta l'enceinte du quartier franc.

La villede Lorient avoit depuis longtemps le privilège des retours de l'Inde; on crut utile au commerce de lui accorilerla franchise, dans l'espoir d'y former un marché plus considérable en y attirant un plus, grand nombre d'étrangers ; mais le commerce des ports voisins ne cessa de porter des plaintes contre ce privilège, et la suppression en fut prononcée le a^ mars 179*1.

La franchise des ports de Marseille , Dunkerque et Baïonne fut supprimée en 1793.

on se fonda, pour prononcer cette suppression, sur les motifs suivans :

1°. On accusa les franchises de dénationaliser une ville , c'est-à-dire , de la rendre presque étrangère aux intérêts de la patrie, parce que , placée en dehors de la ligne des douanes , recevant à moins de frais tous les produits étrangers , opérant chaque jour sur les marchandises des pays voisins, elle vit isolée du reste de la nation , et ne contribue à sa prospérité par aucun sacrifice.

Page 1