‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 189 sur 203 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

jusqu'au fil de dentelles et à l'acier fondu , tout doit être compris dans la classe des inatièrespremières; la seule différence qu'on puisse établir entre ces substances est fondée sur le plus ou le moins de main d'œuvre qu'elles ont reçue.

Quelle que soit la main d'oeuvre qu'ait reçue une matière , elle ne cesse pas d'être matière première , si elle ne peut servir au consommateur qu'après avoir passé par \ un nouveau genre d'industrie qui l'approprie à son dernier usage : en s'écartant de ce principe, on ne sait plus ni par où commencer , ni où s'arrêter. Je n'ignore pas que les divers degrés de main d'œuvre qu'on a donnés à une substance doivent être pris en considération , parce que la main d'œuvre est une richesse qu'il faut tâcher de s'approprier ; mais, lorsque le nouveau travail qui s'applique à cette matière déjà préparée lui donne une valeur énorme en comparaison de ce qu'elle coûte , n'y a-t-il pas là des considérations suffisantes pour la faire entrer dans nos ateliers , de préférence à d'autres substances moins élaborées , et qui , cependant, ne jDeuvent presque plus recevoir aucune main d'œuvre? Les fils qui servent à former

434 ^^ t'iSDUSritlE FRAAÇOISC.

la dentelle, l'acier fondu qui est ctHiverii en bijoux, quoiqu'ils aieut déjà reru beai;coHp de main d'œuvre , ne sont-ils pas d'un autre intérêt, n'exigent - ils pas plus de nouvelle main d'œuvre , que les Uines de Barbarie , qui n'en ont reçu presque aucune,*

En s'écartant du principe, que la législation des douanes ne peut s'établir que sur tft connoissance parfaite de l'état comparé de notre industrie avec celle des étrangers, on ne peut que divagner.

Supposons, pour nn moment, que I»

partisans de la libre entrée des matières premières la bornent à celles qui ouï reçu le moins de main d'œuvre , et faisons l'application de leurs principes pour en juger les conséquences.

Le fil de colon forme la matière première dans noH nombreuses fabriques de tissus et d'impression sur toile ; ouvrez la porte à ce produit d'une première opération , en voîei les résultats in faillibles: plus de cent millions aujourd'hui productifs, vont être anéantis pour le fîleur, le fabricant et la France , parce qu'ils ne consislcnt qu'en bâtimens, usioeS et machines appropriés à ce seul usage ;aiifr

pular">n de deux cent mille ouvriers «i

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