‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 55 sur 203 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

longues soirées d'hiver, et lorsque la rigueur des frimas ne permet plus de travailler la terre, toutes les femmes cardent

ou filent la laine , ^ les hommes tissent l'étoffe. C'est ainsi que se confectionne, avec la plus grande économie, cette immense quantité de tissus grossiers qui servent à l'usage du peuple. La vente de ces étoffes se fait dans les villes du voisinage, où des marchands les achètent pour les expédier dans toute la France et à l'étranger.

Dans le nombre de ces établissemens ou l'industrie s'applique à la fabrication de la draperie grossière, il en est qui travaillent presque' exclusivement pour l'habillement des armées ; tels sont ceux de Lodève, dans le département de l'Hérault, ceux de Vire, dans celui du Calvados , etc.

Il s'est établi depuis quelque temps en France un autre genre de manufacture qui acquiert chaque année une nouvelle activité et d'importantes améliorations ; c'est celui de ces tissus fins et brillans, formés avec la laine la plus fine de mérinos , et exécutés avec un goût et un art infinis. On fait des schals^ des voiles, des robes, des gi-

lafî nK L'miftrsTRiE pbançoise.

lets , etc. M, Ternaiix l'aîné a beaucoup'!

tribuéàperfectioniiercettenouvellebranche d'industrie; c'est surtout à Reims qu'elle s'est établie. En i8i3,*il y avoif déjà 6x65 métiers employés; on y occupoit 19,965 ouvriers, et on y a fabriqué 9^6,864 pièces de diverses étoffes de fantaisie.

Paris s'est également emparé de cette fabrication qui y prospère et se perfectionne chaque jour.

Pour connoître toute l'étendue de l'industrie qui a pour objet le travail des laines, il faut d'abord déterminer la quantité et les qualités qu'on en récolte en France , et apprécier celles qu'on importe annuellement comme destinées à concourir à la fabrication des étoffes.

La dépouille de nos mérinos purs nous fournit à peu près ■jcjo,i'j5 kilogrammes de laine qui, à raison de 4 fr. le kilogramme, forment un capital de 3,160,700 fr.

Nous possédons environ 3,901,881 kilog. de laine de métis qu'on peut estimer à 3 francs le kilog. d'après la grande variété qu'elle présente; ce qui fait une valeur

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