CHAPITRE II
mai 1818 ). L*eau-de-vic qui en provient est c]e très-bonne qualité. Cette industrie toute récente encore me paroît annoncer une révolution qui pourra diminuer l'importance de nos vignobles ; elle verse déjà dans le commerce pour 10 ou 1 5 mille fir. d'eau-de-vie par jour.
ARTICLE XVII
De la Librairie.
La création de la direction générale de la librairie, le droit qu'elle percevoit sur chaque feuille d'impression , ont permis d'évaluer avec quelque précision le nombre d'ouvrages de toute nature qui sortoient chaque année des presses françoises : la moyenne , déduite du produit comparé de trois années , nous a donné le résultat suivant :
Nombre de rames de papier imprimé ^. • i23,58o
Prix du papier i,aa6,8i5
Les frais de composition, de tirage, de brochure degravure , les bénéfices de l'impri^r meur , portent la valeur des ouvrages imprimés à« io,8a6,363 frj
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()f\ ne comnrenë pas dan.^ cette é" le» feuiilei pénoiUrpu». tes af&cfae». kf ôrrritH riandestina . les impressions de Tlmprimene royaie , cd I es des pre£écttzres * «a^ préfectures, mairies, rribiinaax^ écotcvpoblÊff aes f^r particulières , ce qui double an WÈoins le nomhre <leA impressions. On dmC doK porter k iif}0!ï^7^S fr. ce que riin{HTiiiene met rio valeur en circulation chaque année,
Total 21,652,726 fr. (r).
Le nombre fies ouvrages imprimés est, année commiine, de ^,090 volumes^
Cette branche d'industrie acquiert une nouvelle importance en passant dans les maius des libraires et des relieurs , dont Texisteuce est établie sur le produit de Timprimerie.
ARTICLE XIX
De V Ébénisterie et Instrumens de musique.
La fabrication des meubles est un objet considérable dans tous les pays de l'Europe; mais presque partout , excepté en France.
(1) En dédiiisaiit de cette somme le prix da que nous ayons porté aillears ^ il reste >9»4o9,og(Ek
CHAriTRS II. 199
elle se borne aux besoins de la localité.
Cette industrie a été portée chez nous à un haut degré de perfection , et les meubles riphes que l'on fisibrique à Paris sont recherchés dans toute l'Europe , à cause de Télégance des formes , de la beauté des ornemens , de la solidité de la construction : on compte à Paris 10 k 12 mille ouvriers qui vivent de cet état. Indépendamment des bois indigènes , on emploie pour environ 1 ,5oo,ooo fr. de bois étranger.
Ce genre d'industrie doit paroître d^au* tant plus précieux que , sur une valeur de J2 millions de meubles qu'on fabrique à Paris , la main d'œuvre ou les bénéfices du fabricant en forment les trois quarts.
La fabrication des meubles riches n'étoit presque pas connue dans les départemens il y a trente ans ; elle est établie aujourd'hui dans les principales villes, et augmente au moins d'un tiers les produits ; ce qui porte la fabrication des meubles riches à seize millions.
11 seroit difficile de déterminer avec pré- 4cision la valeur des meubles grossiers qu'on fabrique avec les bois indigènes , tels que x^haises y commodes , lits , armoires ^ etc.
SOO DE LINDUSTRIE mA.VÇOISE.
Mais comme ces objets sont d'un usage in* dispeiisable pour une population d'enviroo a5 millions d'Iiabilaiis , et que les réparations sont Tréqueiites, on ne peut pas évaluer la somme d'argent qui y est employée au-dessous de ^5 millions.
Total /(i millions.
La fabrication des instrumens de musique occupe i,ot>7 ouvriers, et produit a,ooo,ooo francs.
Itons exportons annuellement pour uue valeur de 3 à ^oo mille francs de ce dernier article.
Bière, Cidre, Poiré et Haux-cle-P^iM
La fabrication des cidres et poirés forme un article cousidérable parmi les produits de r.tgriculture et de l'industrie ; celle du cidre est généralement établie dans toute la Normandie où le peuple ne connoît presque pas d'autre boisson ; elle existe encore dans une partie de la Bretagne et de la Picardie.
On cultive, dans ces provinces, les arbres propres à fournir ce produit abondauimeot et de bonne qualité; mais dans les autres dépaii.emens de la France, ou iaît serTÏ^
TTÏ^^^I
CHAPITHB II. 20I
pommes douces à cette fabrication , surtout lorsque la vigne produit/ peu de récolte, et que le vin est cher.
L'inventaire des cidres et poirés, fait avec soin pendant quatre années consécutives , a donné les résultats suivans :
Année t8o4**** 10,733,722 hectolitres, i8o5.... 9>358,99o
ToTAt 38,897,948 hectolitres.
La moyenne a donc été, pendant ces quatre années, de 9,724^487 hectolitres qui, à raison de 5 fr. l'hectolitre ( environ i o5 pintes), forment une valeur annuelle de 48^22435 fr.
La presque totalité de ces boissons se consomme sur place ; cependant les pre-^/ mières qualités s'exportent dans l'intérieur de la France , et il s'en vend à Paris pour environ 5oo mille fr. chaque année.
L'usage de la bière s'est beaucoup Té* pandu depuis trente ans : on a établi des brasseries jusque dans les pays où le vin est le plus abondant, et elles y prospèreatr
20i DE LIPfDUSTRIE EHASÇOISE,
Cependant la consommation de la bièrt varie beaucoup suivant l'abondance et le prix des vins; et pour bien connoUre la quantité qu'on en fabrique en France, il faut la déterminer sur le produit moyen el comparé de plusieurs années.
Nous avons donc pris l'état des bières qui ont été soumises à l'impôt depuis 1811 jusqu'à 1817 inclusivement, et le résultat nous présente une moyenne de 2,803,081 hectolitres de bière fabriquée cbaque année.
( Cet état ne comprend que ce qui a été fabriqué dans les limites actuelles de la France. )
Cette évaluation doit être un peu audessous de la vérité, à cause de la fraude qui est inséparable de presque tous cesobjels d'industrie soumis à des impôts ; mais enfîu c'est la base la plus solide sur laquelle 011 puisse établir des calculs.
Le prix moyen de l'bectolitre de bière a ëlé de 17 fr. àla consommation, pendantla période des sept années dont nous venons de parler. Ainsi la fabrication a donné lieu à un commerce annuel de 47'655,3'77 fr.
En évaluant le produit des vins récoUèc en France, nous avons observé qu'on e
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ployoit communément cinq millions et demi d'hectolitres à la distillation , ce qui doit produire au moins un million cent mille hectolitres d'eau-de-vie qui, à raison de 5o fr. l'hectolitre , donnent une valeur en eau-devie de 55,000,000 fr.
La valeur des vins calculée sur 7 fr.
5o c. l'hectolitre, par rapport à la nature de ceux qu'on destine à la distillation , est de 4 19250,000 fr. ; il reste donc pour frais et bénéfices de la distillation une somme de 1 3,750,000 fr. .
Conclusion.
Les produits de l'industrie manufactu** rière représentent donc une valeur com« merciale de 1,820,102,409 fr.
Cette valeur se compose :
i®. D'environ 416,000,000 fr. en matières premières indigènes.
2*. De 186,000,000 fr. matières premières exotiques.
3**. De .8449000,000 fr. main d'œuvre.
4*. De 192,000,000 fr. de dépenses générales , telles que usé des outils , réparations , chauffage , éclairage , intérêts de la première
ao4 DE L INDUSTRIE FRANÇOISE.
mise de fonds pour constructions, achat de métiers , etc.
5". De i82,oo5,2ai fr. pour bénéfices du fabricant.
Comme dans l'évaluation des produits du sol j'ai déjà estimé la valeur de presque tous les objets que ragriculture fournil à l'industrie manufacturière, je dois faire observer ici qu'on feroit un double emploi en composant la ricbe.sse nationale du résultat général de l'industrie agricole et de l'industrie manufacturière ; ainsi en retranchant du produit total de cettedernière 4 16,000,000 francs qu'elle emprunte à l'agriculture ea matières premières, il restera i,4o4,tO!i,4<?q francs qui représentent les frais de fabrication de tout genre, la main d'œuvre, la valeur des matières importées et les bénéfices du manufacturier.