‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 94 sur 203 · CHAPITRE I. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. a

à faciliter les approvisionnemens , à garantir la propriété , à ouvrir des débouchés aux produits fabriqués , et à laisser la plus grande liberté à l'industrie. On peut se re* poser sur le fabricant du soin de tout le reste (i).

Parmi les mftièfips qui forment les approvisionnemens de Findustrie , il en est qui nous sont apportées du dehors , et d'autres , en plus grand nombre, qui sont fournies par notre sol.

Les cotons figurent au premier tang, parmi les matières qu'on importe : l'industrie s'exerce sur eux d'une manière si générale et si étendue, que cette fabrication est devenue, en peu de temps , une des branches principales de notre commerce.

Une question qui paroît au premier coup d'oeil d'une grande importance, divise encore les opinions : il s'agit de savoir si les grands développemens qu'on a donnés à la cotonnerie so[nt utiles ou nuisibles aux vrais intérêts de la France.

(i) Presque tous les chapitres de cet ouvrage servent de développement k ces principes généraux que nous ne faisons que consacrer et réonir ici.

înS IlE 1,'txdustrie FRAWÇOTSE.

Ceux qui prétendent qu'ils sont nuisibles, s'appuient sur des faits qu'on ne peut pu révoquer en doute : ils observent que lei tissus de coton remplacent ou partagent aujourd'hui, dans la consommatioD , les tissus de soie , de lin, de laine et de chanvre qui sont des productions de.|^o#e sol , et que, par conséquent, ils nuisent à la prospérité de notre agriculture ; ils ajoutent que la nombreuses fabriques de coton ont faitr»

fluer dans les villes une grande partie dafi population des campagnes qui y étoit occupée, an moins pendant l'hiver, à filer ia laine , le lin et le chanvre , et à les convertir eu étoffes; enfin, disent-ïls, une guerre maritime peut tarir ou rendre, au moins, l'approvisionnement du coton difficile, et compromettre par là l'existence de nombreux habitans, et, par suite, le repos public.

Les partisans des manufactures de coton répondent que les bras ne manquent ni aux travaux de la campagne ni à l'exploitation des branches d'industrie dont notre sol fournitla matière première; que les fabriques de coton ont augmenté la masse du travail, et que nos approvisionnemens en

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coton formeat un des plus grands objets de notre commerce.

Cette question , long-temps débattue, me paraît oiseuse, dans un moment où ce genre d'industrie est généralement établi et con- ' C solide. Ne plus protéger cette fabrication , ^ ce seroit rompre des habitudes , contrarier le consommateur dans ses goûts , compromettre la fortune de nombreux manufacturiers , anéantir des capitaux immenses qui . consistent en bâtimens, usines et métiers , « condamner à la misère un demi-million de François qui vivent par la ûlature, le ti»- .t ^ sage, la teinture, l'impression, la gravure / des planches , l'apprêt des tissus , la vente i des produits , etc. '

Ainsi , dans l'éUt où se trouvent ces fabriques , il s'agit moins de savoir ce qu'on ] eût dû faire lorsqu'on les a introduites , que ce qu'on doit faire aujourd'hui ; je croîs que le gouvernement doit les protéger et les encouragera l'égal de tous les autres genres d'industrie.

L'entrée des cotons doit donc être libre et dégagée de tout droit ; t'exportatipn des V

tissus doit être favorisée, et le gouvernement doit employer tout son crédit pour les faire

aïO DE LINUBSTniE FRANÇOISB.

admettre dans la consommation chez les nations avec lesquelles il a des relations.

Si, dans les circonstances pénibles où s'est trouvé le gouvernement, il a cru devoir s'écarter des vrais principes , et imposer les cotons k l'entrée, il a senti, en même temps, qu'il devoit restituer les droits à l'exportation des tissus pour leur conserver la concurrence avec les produits de l'industrie étrangère. Mais la restitution des droits à la frontière doit s'opérer , sans d'antres formalités que celles de reconnoître U nature du tissu pour juger de la qualité du coton , et vérifier Taunage porté sur la 6cture : Texpérience a prouve qu'en hérissaal de formalités ce remboursement, on pou»

voit le rendre illusoire.

Dans la vue d'encourager les productions de notre sol, bien des personnes s'imaginent qu'il faut impo.scr celles des pays étrangers ; mais , outre qu'un pareil système seroit nuisible aux fabriques , il tariroit à u source le plus précieux de nos échanges, celui qu'on doit surtout rechercher, parce que la main d'œuvre qu'on applique au travail des matières premières tirées du

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