‹ De L'industrie francoise (volume 3)Chapitre 95 sur 203 · CHAPITRE î. art · texte numérisé non relu

CHAPITRE î. art

dehors, est une richesse de plus pour la

nation.

D'ailleurs les matières premières ne*sont pas de la même qualité soiis tous les climats: les lins du nord, les plombs d'Angleterre sont très-supérieurs à ce que produit d'analogue le sol françois ; et, les imposer à l'entrée , c'est condamner l'industrie à s'exercer sur des matières qui donneront des produits que repoussera le coiïsommateur.

Il lien est pas d'un champ comme d'un atelier: l'agriculteur peut changer sa culture s'il ne trouve plus d'avantage dans un genre de productions ; mais le fabricant voit tout périr autour de lui quand il est contrarié dans ses approvisionnemens , soit sous le rapport du prix, soit sous celui de la qualité.

C'est encore une erreur en administration, que de s'opposer à l'exportation des productions du sol sous le vain prétexte que les fabriques en réclament l'emploi exclusif:

par ce moyen, on met l'agriculteur à la merci du fabricant ; on détermine une valeur à ses denrées d'après les besoins très-variables de l'industrie. On paroît ignorer que la production s'accroît en raison de la consommation, et que le manufacturier du pays

al3 DE LIirDDSTHIl; EHANÇOISE.

aura toujours de l'avantage sur l'étranger.

' Je crois même qu'il est de l'intérêt de l'industrie manufacturière que l'exportation des productions du sol soit permise : en ouvrant à l'agriculteur un plus grand débouché pour ses denrées, il se livre à la culture avec plus de confiance ; les prix en sont moins variables par une suite nécessaire de la concurrence ; et il augmente la reproduction parce qu'il est assuré du débit. D'un autre côté, tout ce qui est à l'avantage de l'agriculteur retourne au profit du fabricant ; en effet, le principal consommateor des produits de l'industrie est l'habitant des campagnes , mais il ne consomme qu'autant qu'il est dans l'aisance, et l'aisance n'existe pour lui que lorsqu'il vend avantageusement ses récoltes ; c'est dans ce cas qu'il peut acheter des vétemens pour sa famille, des meubles pour son habitation , des bestiauï pour ses travaux , etc.

Depuis que l'habitant des campagnes n'est plus flétri par la servitude , et qu'il peut disposer en liberté du fruit de son travail , tout a changé autour de lui ; sa demeure est propre et commode, sa nourriture abondante et saine, sa famille décemment vêtue, ses

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