‹ De l'industrie françoiseChapitre 104 sur 138 · ARTICLE V · texte numérisé non relu

ARTICLE V

Du Lin et du Chanvre.

J'aurois désiré présenter ici le tableao complet de nos récoltes en lin et en chanvre ; mais on sait, qu'à l'exception des départemens où l'on cultive ces plantes pour en livrer le produit au commerce , cette culture est bornée à ce que peuvent exiger les besoins de chaque famille pour entretenir ou remplacer les toiles qui servent aux vêtemens et à l'exploitation rurale. Cette petite culture, qui n'emploie qu'un carré de jardin, ou quelques ares de terre dans les champs , est immense , parce qu'elle est générale ; mais on ne peut pas l'apprécier pour la faire entrer dans un état de recensement : ainsi nous resterons bien audessous de la vérité en ne faisant connoître que les résultats qui sont transmis au gouvernement et qui ne comprennent en général que le produit des grandes cultures.

D'après les états que nous avons pu consulter , on ensemence annuellement en chanvre environ loo mille hectares déterre dans cinquante*septdépartemens, et on ré-

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coite 386,773 quintaux métriques de chanvre en bâton ; ce qui forme une valeur approximative de 3o,94 1,840 fr. On en emploie à peu près le tiers pour les cordages , les sept douzièmes pour la grosse toile et les fils de caret , et le reste pour les toiles plus fines , les fils de toute espèce , et les étoffes mélangées : en général, la fabrication triple la valeur, mais elle ne fait que ^a doubler dans les ouvrages grossiers.

La culture du lin occupe 4o mille hectares dans une quarantaine de départemens : on peut porter la valeur du produit à 19 millions. Le lin est employé à fabriquer des toiles , des fils et des étoffes mélangées. Sa valeur augmente des trois cinquièmes par la fabrication; le déchet qui provient du peignage est moindre que celui du chanvre.

Les chanvres du nord prennent mieux le goudron que ceux du midi , et les lins sont plus blancs , plus soyeux et plus moelleux que les nôtres ; c'est ce qui à déterminé à fair^ venir des graines du nord pour obtenir de meilleurs produits que ceux qui proviennent des graines indigènes : on doit renouveler la semence chaque année pour ne pas donner le temps à la plante de dégénérer.

l86 DR l'industrie FHAÎTÇOISE.

J'aurois voulu présenter ici le tableau de nos récoltes en huiles végétales, de même que celui du nombre d'animaux servant à l'exploitation rurale ou à la subsistance des habitans du royaume ; mais , après avoir consulté et comparé tous les états qui ont été dressés à diverses époques, j'ai trouvé des différences si notables, que j'ai été forcé de n'adopter que des résultats approximatif.

En prenant le terme moyen de nos récoltes en huile végétale de toute espèce , ou trouve qu'elles forment une valeur annuelle d'environ 70,000,000 fr.

M. de Tolosan a évalué la récolte de l'huile de toute espèce à un million de quintaux marcs, et il l'a calculée d'après les droits que percevoit le gouvernement; mais la culture des graines qui fournissentde l'huile a beaucoup augmenté ep France depuis ce tempslà, et les derniers états ont porté la quantité d'huile récoltée à i,3oo,ooo quintaux au lieu d'un million. D'ailleurs le prix de l'huile s'est élevé, et nous ne pouvons pas en évaluer le produit au-dessous de 70.000,000.

En 1 789 nous importions pour 20,000,000 d'huile, et en exportions pour 4jOOO,ooo.

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