ARTICLE VI
Cultures particulières.
Indépendamment des grandes cultures dont nous avons déjà parlé, et dont les récoltes servent à la nourriture des hommes et des animaux, et à l'approvisionnement de nos manufactures, l'agriculture françoise fournit d'autres produits qui , quoique moins importants, ajoutent néanmoins à la richesse territoriale.
On cultive la garance dans quelques départemens du nord et dans ceux du midi; la récolte se fait tous les trois ans. Dans l'Alsace, le produit annuel est d'environ 1,200,000 fr. ; le département de Vaucluse fournit de la garance pour une somme à peu près égale ; et ceux de l'Hérault, des Bouches-du-Rhône et autres, où la culture est établie , portent le produit de la garance à environ 4 millions de francs.
l88 DE l'industrie FRANÇOISE.
En 1 789, nous exportions, année mby enne^ pour 1 5 2 , 1 00 fr . de garance; les im por talions étoient de 793,000 fr. ; il restoit donc à l'avantage des importations 640,900. fr. On tirait les garances du Levant, de la Hollande , etc. Pendant les quatre années qui ont précédé 1811 , l'exportation moyenne a été de 1,953,500 fr. , et l'importation de 284,475 fr.
La garance est principalement employée dans les teintures du coton et de la laine , et pour l'impression sur toile.
Après la garance, la culture de la gaude est la plus considérable de toutes celles doi^t nous nous occupons ici : cette culture est surtout établie dans quelques cantons dn midi, et elle est pratiquée sur beaucoup d'autres points de la France : cette plante est employée à produire presque toutes les couleurs jaunes , et forme les verts avec tous les bleus connus. Sa consommation annuelle n'est qu'un objet de i,aoo,ooo fr. par rapport au bas prix auquel on la livre au com merce.
Autrefois on cultivoit beaucoup le safran; la belle couleur qu'il fournit en avoit fait adopter l'usage dans la plupart des ateliers de teinture ; mais, comme cette couleur est