‹ De l'industrie françoiseChapitre 12 sur 138 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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imprimoit sur les produits la marque d'un fabricant espagnol ; les commerçans du midi de la France s'abonnoient à l'année avec les chefs des douanes pour introduire leurs marchandises ; l'or et l'argent étoient versés dans nos villes frontières moyennant un léger sacrifice : les établissemens industriels formés en ^Espagne n'étoient plus alors qu'un moyen de faciliter la fraude et de la faire circuler impunément dans l'intérieur.

• En consultant les. traités de commerce par lesquels l'Espagne s'est successivement liée avec. la France, on est étonné de voir qu'elle n'en a presque jamais observé aucune condition: le pacte de famille, le traité de 1761, la convention de 1763, et les articles supplémentaires de 1774 avoient stipulé que les ' François et les Espagnols ne feroient qu'un même peuple dans toutes leurs relations commerciales: ces conditions n'ont jamais reçu leur exécution en Espagne , et la France y a été constamment sacrifiée à l'Angleterre : l'écariate des fabriques angloises entroit dans l'assortiment^ des expéditions, tandis que l'écariate françoise étoit imposée séparément et très-cher ; on tariffoit les draps superfins d'Angleterre comme dxjfûs de qualité ordi*

8 DE l'industrie FRAirÇOISE.*

naire , ceux des autres nations payoïejit beaucoup plus.

Les contestations qu'éprouvoient les commerçans françois en Espagne, devenoient il>terminables par la nécessité de passer par la filière de ces nombreuses chancelleries qui * prononçoient sur les affaires commerciales-.

Les Anglois avoient obtenu une juridiction plus prompte et moins dispendieuse. Les visites se faisoient^ en tout temps, par les douaniers dans les magasins des François»^ tandis que , dans ceux des Angloîs , elles ne pou voient avoir lieu qu'en présence du commissaire des relations commerciales ou de son délégué*

Les choses étoient dans cet état lorsque l'ordonnance de 1779 vint aggraver notre position en repoussant plusieurs articles * importans de nos fabriques , et en augmentant les droits d'entrée de beaucoup d'autres : cette ordonnance prohiba les cotonnades; et la loi fîit observée avec une telle rigueur, que l'on confisquoit les tissus de. fil, dans lesquels on est forcé de faire entrer quelques bandes de coton rouge ou violefc parce que ces couleurs sont plus belles et plus solides sur letton que sur le fil. Ce%

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