‹ De l'industrie françoiseChapitre 136 sur 138 · CHAPITRE III. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. a

En évaluant la semence depuis le cinquième jusqu'au dixième de la totalité du produit de chaque nature de récolte , selon la quantité et l'espèce de grain, nous trou-^ vous une valeur de 38i,25a,536 fr. qu'il faut distraire du produit brut des céréales et des pommes de terre; ce qui le réduit à 1,548,079,317 fr. , et forme une première dépense de 38i,25a,536 fr.

Nous avons déjà vu qu'il y avoit à peu près 3 millions de maisons d'exploitation rurale, ce qui suppose 12,000,000 propriétaires , y compris les femmes et les enfans ; nous avons de plus observé que ce nombre

de maisons SUppO&oit: ^^r\» exploitation de

i5 hectare» pour chacune : il est hors de doute que , dans la>vplupart de ces familles , surtout lorsque les enfans sont en bas âge, il est nécessaire de salarier un étranger à l'année pour aider aux divers travaux ; et en n'admettant qu'un salarié par deux fermes, le nombre s'en élève à i,5oo,ooo fr. , qui, à raison de 120 francs , prix moyen des salaires pour hommes , femmes et jeunes personnes de dix à quinze ans , forment une dépense de 180,000,000 fr.

Indépendamment des salariés à l'année ,

il j a au moins trois opérations principales de Fagriculture qui exigent temporairement les secours de bras étrangers à la ferme , la. ^▼endange, la coupe et le fanage des fourrages, la moisson et le battage des grains :

lorsqu'on donne ces travaux à forfait , ceux des fourrages coûtent ao à a3 fr. par hec' tare , ce qui représente à peu près le douzième de la valeur du produit ; et ceux de la moisson en forment généralement le septième ; mais comme les habitans de la ferme concourent à ces travaux, nous bornerons à un douzième du produit les frais qui sont nécessités par cette main d'œuvre, ce qui fait : .

Pour. les céréales tfio;jjj^Q5^ fr.

Pour les prés 66,7 33,8 3o

On peut évaluer les frais de la vendange au quart de la valeur du produit, ce qui les porte à 179,735,418 fr.

On ne peut pas estimer au-dessous du vingtième de la valeur primitive les dépenses que nécessitent les réparations annuelles des bàtimens et l'entretien du mobilier de la ferme et de la maison d'habitation , ce qui comprend les travaux du maréchal , du

' CHAPITRE ni. a4i

serrurier , du bourrelier , du maçon , du charron, du couvreur, du charpentier, du menuisier , du vétérinaire , etc. Cette éva^^?* ' luation s'accorde d*ailleurs avec les abonnemens que plusieurs propriétaires sont dans l'usage de souscrire avec ces divers ouvriers : ainsi, comme nous avons vu pré- *céderament qu'il y avoit un capital de 6,000,000,000 fr. consacré originairement à ia construction des bâtimens et à l'achat du mobilier, il en résulte une dépense annuelle de 3oo,ooq,ooo fr.

La mortalité des chevaux employés à l'agri- .^ culture a été évaluée à 1 10,000 individus par ^ »*^ année , ce .qiji £ai«^ne pçrtc annuelle d« a7,5QO,ôoo* francs, ,

Le dépérissemeirt graduel des chevaux employés à l'agriculture peut être calculé , par année , au douzième de la valeur d'achat.

Ainsi la perte annuelle que fait le propriétaire est de 29,305,646 francs.

La mortalité des bé tes à cornes est au moins de cinq pour cent pour les moutons , et de deux pour cent pour les vaches et les bœufs, sans parler des épizooties qui détruisent souvent , dans une saison , presque tous les animaux d'und" contrée. La mortalité repré^

a4^ .i>K l'indlstrie Françoise.

sente donc , année commune , une perte pour le propriétaire.

En bœufs j vaches , taureaux , génis-

sesji, etc « 13,912,507

En moutons # 1 1,007,676

En partant des mêmes principes , oa peut évaluer la mortalité des porcs , ânes et volailles, à une perte annuelle d'environ 6,000,000 fr.

La variété prodigieuse qui existe dans les alimens qui forment |a nourriture des vingt millions d'individus , habitant les campagnes, et employés aux travaux de l'agriculture en qualité de journaliers , de propriétaires ou de salariés à l'année, rendroit toute évaluation impossible , si on ne procédoit pas à celte estimation d'après des méthodes simples qui embrassent toutes les dépenses en un seul article.

Le premier besoin de l'homme est de se nourrir : et, comme les alimens ne contiennent pas tous la même quantité de substance nutritive , il s'ensuit qu'il en faut plus ou moins, selon la proportion dans laquelle se trouve cette substance avec les autres principes constituans de l'aliment. Car, en dernière analyse, quelle que soit la nature

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