CHAPITRE ï. IT
comme le commerçant ne hasarde une ex* pédition qu'après l'avoir bien calculée^ celles qu'il dirigeoit sur l'Espagne ne lui présentant plus de garantie , il s'étoit vu forcé à traiter avec les chefs des douanes pour pouvoir établir ses opérations sur des bases fixes , de sorte que le pays étoit couvert de marchandises étrangères qui ne payoient plus de droits au trésor public.
Tel sera le sort de tous les gouvernemens tant que l'industrie de leur nation sera trèsmfériejire , sous le rapport du prix et de la qualité des produits , à celle des pays voisins , et que les lois j variant au gré de l'autorité, n'offriront plus au commerce ni la garantie de sa propriété, ni des bases solides sur lesquelles il puisse régler sa conduite : le besoin et l'intérêt réciproques triompheront constamment de tous les obstacles que peut opposer un gouvernement.
L'Espagne fournissoit à la France une assez grande quantité ck productions de son sol et de ses colon i^.
Les produits de son sol consistoient
principalement en laine de mérinos, soude
d'Alicante et de Carthagène , eaux - de - vie
. €t vins. La cochenille élA|i6 peaux de Bné^
12 DE L INDUSTRIE PRANÇOISE.
nos - Ayres étoient les principaux produits (l'Amérique que nous exportions d'Espagne.
Mais Tor et l'argent qui passoient eu France présentoient une valeur plus considérable que celle des produits industriels et territoriaux qu'elle nous fournissoit : on a évalué constamment ce numéraire à une somme
d'environ 5o millions de francs par année.
La laine de mérinos étoit un objet de 7 à 8 millions; les soudes d'Alicante et de Cartbagène formoient une valeur de 2 à 3 millions. L'importation de ces deux articles doit naturellement diminuer aujourd'hui, parce que, d'un côté, la guerre longue et désastreuse , qui a dévoré l'Espagne , a détruit un grand nombre de mérinos, et qu'il faut du temps pour réparer ces pertes ; d'un autre côté, leur propagation en France fournit au moins déjà au tiers de nos besoins en laine de cette qualité. Quant à la soude , l'importation doit en être encore plus restreinte, depuis que nous avons trouvé le moyen de l'extraire du sel marin, et de pouvoir en approvisionner, à plus bas prix , nos nombreux ateliers de savonnerie, teinturerie, buanderie, blanchissage, verrerie , etc.
Si l'on considère encore que les troubles