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survenus dans les colonies espagnoles et rincertitude de leur état futur, interrompent le commerce réglé que la. métropole cntretenoit avec elles, on verra r.Espagne n'offrir plus à nos produits que la consommation de ses habitans : d'ailleurs la privation du numéraire qu'elle retiroit du Mexique et du Pérou ne lui permettroit plus de solder la balance de l'immense commerce que nous faisions avec elle.
Ainsi , dans l'état actuel où se trouve l'Espagne, notre commerce doit être considérablement réduit ; et cette réduction portera principalement sur les cotonnades, les toiles peintes, la draperie légère, la chapellerie, la bonneterie , la mégisserie et autres objets qu'elle tiroit de la France pour les envoyer à ses colonies. Le débouché de ces divers produits , pour la consommation de l'intérieur, ne peut pas être très- considérable, attendu que la plupart se fabriquent aujourd'hui dans le payé, et que, pour peu qu'on éprouve de difficulté à les introduire, la concurrence tournera à notre désavantage.
Le commerce de nos productions territoriales avec l'Espagne, doit beaucoup moin$
l4 Ï>E L*IWBUSTRIE FRANÇOISE.
se ressentir des événemens que celui de notre industrie : nous envoyions autrefois en Espagne pour une valeur de 3 à 4 aillions, en moutons des montagnes de TA.veyron , du Tarn et des Pyrénées, en jeunes mulets du Limousin, du Cantal et du Poitou, en porcs du Périgord , du Quercy , etc. Nous lui fournissions des grains, des légumes , des poissons , des fruits secs , etc. , pour environ 2 millions. Nous lui vendions presque ' tous les produits chimiques employés dans ses fabriques, ainsi que les matières colorantes nécessaires à ^ ses teintures : ce commerce doit nous rester, puisque tous ces objets servent à la subsistance des habitans , ou aux opérations des fabriques, et qu'ils peuvent être difficilement remplacés au même prix.
Il y a trente ans que nos marchands du midi a'chetoient les eaux-de-vie de la Catalogne, qu'ils mettoientau titre du commerce, pour les expédier ensuite avec avantage dans le nord; mais depuis quelque temps les distillateurs espagnols ont adopté nos procédés, çt se sont mis en concurrence avec nous pour cet article : ainsi c'est encore une branche de commerce perdue pour la France.
Le tableau des importations et des exportations d'Espagne en France et de France en Espagne, pendant les années 1787 , 1788 et 1789, nous présente les résultats suivans:
Exportations de France.
Années.
Sommes.
firani-s.
75,o34»ooo 87,371,000 I
Importations.
Années.
Sommes.
franc*.
4i,o84«ooo
Ce tableau ne peut offrir que par approximation l'état réel de notre commerce avec l'Espagne, parce que, comme je l'ai observé , les lois du pays Tavoient obligé à se frayer des routes secrètes dont l'administration n'a voit aucune connoissance.
Mais indépendamment de cela , la sortie du numéraire étant prohibée, aucune des deux nations ne pouvoit tenir compte de celui qui passoit en France, et les calculs de ce dernier objet n'ont pu s'établir que sur les déclarations des personnes qui en opéroient et dirigeoient l'extraction ; c'est d'après leur opinion qu'on l'a constamment évaluée à
l6 DE l'industrie FRANÇOISE.
une somme de 5o millions dont il faut grossir la masse des importations.
Le commerce avec l'Espagne a été constamment regardé comme très-avantageux à la France : d'un côté, nous ne tirions de ce royaume que des objets nécessaires à nos fabriques, sur lesquels s'exerçoit notre industrie pour leur donner plus de valeur et les approprier aux besoins de la société; d'un autre côté, nous lui fournissions des bestiaux dont l'éducation et la vente enrichissoient notre agriculture, et des articles fabriqués qui faisoient prospérer nos manu* factures : les quadruples et les piastres ali* mentoient nos ateliers de monnoie et nous donnoient des moyens d'échange pour notre commerce avec d'autres pays.
Le numéraire que l'Espagne importoit de ses colonies, se répartissoit sur toute l'Europe, en raison du commerce que chaque nation faisoit avec ce royaume ; il remplaçoit les pertes qui se font journellement par l'usé, les dorures , les bijoux et l'enfouissement , el; l'argent qui passoit dans l'Inde et le Levant, pour y solder les achats.
La diminution forcée que notre commerce vient d'éprouver par l'insurrection