CHAPITRE VI
apprêtés, ses produits chimiques, ses soieries , et surtout par les denrées coloniales. Cependant la somme de- nos exportations étoit loin de balancer celle des importations ;
et, sous ce rapport, (le seul auquel on s'attache vulgairement pour juger d-e l'avantage ou du désavantage d'un commerce ) , ^los relations avec les Deux-Siciles paroîtroient contraires aux intérêts de la France; mais lorsqu'-on réfléchit que nous ne puisons dans les greniers de la Sicile que dans les temps où le besoin commande de recourir à ces ressources ; lorsqu'on pense que les soies et les laines alimentent nos fabriques où elles acquièrent une valeur triple , et que les huiles forment l'aliment de nos savonneries , on doit conclure qu'il ne s'agit plus de calculer numériquement les importations et les exportations , et que l'avantage reste à la nation qui échange ses produits fabriqués contre les matières premières "de son industrie.
Les événemeris qui ont eu lieu depuis trente ans doivent apporter quelques changemens dans notre commerce avec les Deux- Siciles : ce royaume peut nous fournir tous les objets que nous en tirions autreAis ; il
peut même nous offrir une plus grande quantité de coton , parce que la culture s'en est tellement étendue que nous avons pu en extraire pour une valeur de 3 à 4 millions , il y a six à huit ans ; d'ailleurs le coton de Castellamare et des environs est très-recherché et très-estimé par nos fabricans ; mais nos objets d'échange ne sont plus les mêmes : autrefois nous payions en partie avec des denrées que nos colonies nous fournissoient en abondance ; leur état actuel n'offre plus les mêmes ressources, et il faut chercher dans notre industrie le moyen de les remplacer. Ce moyen existe dans nos toiles peintes , qui déjà s'y sont ouvert un débouché avantageux; dans notre draperie fine et la draperie légère, dont la fabrication s'est étendue et singulièrement perfectionnée ; dans notre quincaillerie , notre mercerie, notre orfèvrerie, notre bijouterie, notre horlogerie , nos bronzes dorés et nos soieries ; ces divers objets , par le bas prix et leur bonne qualité , ne craignent la concurrence d'aucune industrie étrangère , et , par le goût et l'élégance des formes et du dessin , ils sont généralement recherchés et préférés en Europe, y