‹ De l'industrie françoiseChapitre 31 sur 138 · CHAPITRE IX. 4'y · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX. 4'y

rieur des terres: leurs agens y sont naturalisés ; ils parlent la langue du pays ; ils achètent et vendent sans intermédiaires ; ils font des avances aux propriétaires sur les denrées à livrer ; ils payent les frais de culture et de récolte , si on le désire; et ils ont, par cohséquent, sur les commerçans des autres* nations , l'avantage de faire leurs achats de la première main , et de vendre directement au consommateur.

4**. Si l'on réfléchit que la marine angloise est plus considérable que celle d'aucune autre nation , et que presque tous ses approvisionnemens en bois , chanvre et goudron sont fournis par la Russie , on sera peu étonné de la prépondérance qu'y exerce son commerce , et de l'immense débouché que doit y trouver son industrie pour y établir des échanges.

Mais la nature a imprimé une telle différence entre les productions de la Russie et celles de la France , les besoins réciproques en sont si bien sentis par les deux nations , qu'il paroît impossible qu'il ne s'établisse pas entre elles des relations commerciales très - étendues ; nos vins , nos eaux-de-vie , nos soieries , nos fruits secs , nos verdets ,

nos crèmes de tartre doivent naturellement y être échangés contre les suifs, les bois de marine, les chanvres, les goudrons qui appartiennent plus spécialement à la Russie.

Les prohibitions dont le gouvernement a frappé plusieurs de nos productions territo-

• riales , cesseront sans doute avec les causes qui les ont déterminées : ce gouvernement est aujourd'hui trop éclairé pour ne pas voir que le commerce entre deux nations cesse à l'instant où Tune d'elles refuse d'admettre les seuls articles d'échange que l'autre puisse luifournir;et que, s'il continuoit à repousser nos produits, la France seroit forcée de porter ailleurs ses denrées pour en ex-

• traire les bois, les goudrons et les chanvres dont la Russie resteroit surchargée. Une nation qui posséderoit des objets de première nécessité qu'on ne pourroit pas se procurer ailleurs, pourroit faire la loi et imposer à leur extraction les conditions qui lui paroîtroient convenables; mais la Russie n'est point dans ce cas : ses bois peuvent être remplacés par ceux de plusieurs autres nations du nord, ou par ceux de nos forêts; une assez longue expérience nous en a fourni la preuve dans ces temps où toutes les mers

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