‹ De l'industrie françoiseChapitre 32 sur 138 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

fious étoient fermées sans qu'on ait interrompu un seul instant les immenses travaux qu'on avoit établis dans nos arsenaux ; les gpudrons , préparés par les procédés d% M. Darracq , peuvent être substitués aux goudrons du nord; les expériences compa^ rées qu'on a faites dans nos ports , sur les deux espèces, ont porté cette vérité jusqu'à l'évidence.

Ainsi les prohibitions des objets naturels de notre commerce, si elles étoient maintenues, auroient tôt ou tard un résultat moins funeste pour la France que pour la Russie :

la France peut trouver à peu près chez elle tout ce que, jusqu'ici, elle a tiré du nord, tandis que la Russie ne peut pas forcer son sol à produire la soie, l'huile, les vins et les fruits que fournit le midi.

Depuis le règne de Pierre-Ie-Grand jusqu'à ce jour, tous les souverains qui ont occupé le trône de Russie ont cherché à s'affranchir du tribut de l'industrie étrangère en proté* géant les arts et en appelant les artistes pour les fixer dans leurs états ; ils sont même parvenus à faire fabriquer divers objets qui ont insensiblement diminué les importations de plusieurs produits du reste de TËu-

5o DE l'iITDUSTRIE PRA.TrÇOTSE.

rope : nous en citerons deux exemples : le perfectionnement que les Russes ont apporté dans la distillation de leurs grains, Thabitude que. le peuple a prise de Teau-de-vie qui en provient, et le bas prix auquel on la livre au consommateur, ont influé, à notre désavantage, sur le commerce des eaux-de-vie ; les fabriques de soieries qu'on a établies à Mos^ kow et dans les environs, ont reçu de tels encouragemens qu'elles peuvent concourir, pour les tissus communs , avec les nôtres ; l'art de travailler le fer, l'acier et le cuivre a reçu aussi de grandes améliorations.

La Russie pourra donc, sans doute, parvenir à élever son industrie au point de fournir aux besoins communs de ses habitans , mais j'ai de la peine à croire qu'elle réussisse, de long-temps, à transplanter che% elle la fabrication de ces objets de luxe que recherchent avec empressement les riches propriétaires de ces vastes contrées : cette haute industrie se compose de tant d'éléraens qu'il est bien difficile de les réunir.

Sous le règne de Catherine on a essayé de faire émierrer vers le nord des colonies d'oùvriers de Lyon : ces artistes , transportés sur une terre étrangère , ont bientôt cessé de

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