‹ De l'industrie françoiseChapitre 34 sur 138 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

étranger, elle se ferme à elle-même les débouchés que les autres nations s'étoient empressées de lui ouvrir. D'après tout ce que nous venons de dire , oii doit être peu étonné de voir que notre commerce avec la Russie n'ait jamais été tout ce qu'il auroit pu être.

Dans le tableau que nous présentons icij^ nous avons fait entrer ce que nous tirions de la Pologne septentrionale, tant par rapport à l'identité de ses produits avec ceux de la Russie, que parce qu'elle fait aujourd'hui partie de cet empire.

Objets (l'importatiou en France.

Blé

Chanvre. . . .

Lin

Bois

Cire

Suif

Soie de porc .

Graine de lin Goudron . . .

Cuivre

Fers

An. 1 787

* fr.

r,5a3,7oo 200^00 769,000 r 2 1 ,000

1,938,200 173,400 i36,2oo 237,600 17,300 174,200

An. 1788

fr.

240,000 i6o,3oo

An. 1 789

524i5oo

fr.

Indépendamment de ces objets , nous

tirions de la Russie des potasses , des pelleteries , etc.

Le total des importations pendant les trois année^ que nous avons prises pour terme moyen , s'élève à

1 787 6,547*700 fr.

Les objets d'exportation en Russie se bôrnôieiit aux lllî^ssons, aux comestibles, et à quelques produits de notre industrie.

Les vin!^ , les eaux-de-vie , Fhuile d'olive , fruits secs , les draperies , les soieries , gazes , les crêpes, les mouchoirs de soie , la ruban nerie , la bonneterie, les bronzes dorés , les meubles, les modes pour femme, la librairie, le verdet^^ lia crème de tartre composoient notre principal commerce.

Mais dans les temps de notre prospérité coloniale , nous exportions beaucoup de sucre et de café, et la somme de nos exportations a constamment balancé les importations.

1 787 • . . 6,65o,ooo fr.

Ce seroit néanmoins se faire une idée

C&APITRB IX. 55

imparfaite de nos relations cotnmercial^s que de les juger d'après ce résultat; ces états ne peuvent exprimer que le commerce direct de la France avec la Russie , tandis qu'ils .^devroient se composer d'une foule d'objets que nous vendions à Francfort , à Leipsick , à

Hamlillirg^et dont la majeure partie passoit *

en TOH^e; mais, comme nous traitons di^^^ notre commerce avec toutes^ les parties m^ l'Allemagne, ces diver^ ij|!dcles entreront dans la masse générale dfé nos exportations.

Nous terminerons ce chapitre par une coù- «idération qui ne paroi tra pas peut-être saMi intérêt pour le commerce. Pierre*le-Gralii|^ en bâtissant Pétersbourg pouiT y fixer la résidence des souveraine de ia Russie, a force le commerce à prendre la direction de la Baltique dont la navigation est suspendue pendant quelques mois de l'année. Cette direction du commerce n'estpoint naturelle; la presque totalité des pt^oductibns de là Russie et de la Pologne qui hii est réunie, doit s'écouler vers la mer Noii»,.oà les plus grands fleuves de cte vaste empire ^ ont leur embouchure. Les tentatives ql ont déjà été faites par M. Antoine, de seille (baron de Saint- Joseph ) , ont prouvié

qu'on peut faire descendre des bois de con* struction jusqu'à la mer Noire, et les rendre à Toulon à bien plus bas prix que ceux qui sont expédiés par la Baltique; il a fallu, à la vérité, son intelligence et son courage pour.^^ vaincre les difficultés que lui a présentées la * navigation sur les fleuves ; mais il a mis

• V hors de doute ce point important , ccst que le transport des bois dans la mer Noire , et de la mer Noire .j| Toulon, est moins coûteux que celui qui 'se fait par Cronstadt ou KigarEn 1780, M. Camille Pernon de Lyon i^'associa avec le prince P. pour faire im essai Itovs ea grand ; il intéressa dans son entrefirise des négocians de Venise et d'Hambourg, qui se transportèrent dans l'intérieur des terres^ pour y préparer les divers objets de cargaison, tels que chanvre, bois de mâittire, planchés, jviandes salées, suif, etc., et les, diriger par les fleuves vers la mer •Noire ; cette expédition réussit si bien que la earçaison fut vendue au gouvernement espagnol^ avec un bénéfice de. cent pour cent.

: îill ne s'agiroit plus que de débarrasser de ,i|t**qvelques obstacles le cours des fleuves qui

-' j- ''«rersent leurs eaux dans la mer Noire ou dans la mer d'Azof/pour donner cette direction au

Page 1