CHAPITRE XV
parmi les nations commerçantes : on peut en juger par Fétat de ses importations en France en 1789.
A cette époque , nous" tirions de la Hollande pour deux à trois millions de fromages, un million de laine, cinq cent mille francs de lin , deux millions de tabac, huit cent mille francs de céruse , douze à quinze cent mille francs de toile , six cent mille francs de dentelles de fil, et pour trois à quatre cent mille francs de produits chi-* miques, tels que sublimé^ mercure doux, cinabre , tournesol , etc. Le seul article des épiceries provenant de ses colonies formoit une somme de trois milliotiS de francs.
* La totalité des importations en France s'élevoit annuellement de vingt à quarante millions.
JÉtat des importations >>
En 1787 24»ï97»7oofr.
Les objets de commerce extérieur dont la Hollande nqps approvisionnoit en partie ^ étoient les gmins^ les bois , les potasses , les métabx, etc. Nous soldions ces importations par quatre à six millions de vins , eaux-de-
84 i>E l'industrie FRANÇOISEa
yie et comestibles , vingt à trente millions de sucre et café, et huit à dix millions de produits de nos fabriques.
Total des exportations.
En 1787 33,571,500 fr,
Cet immense commerce avec la Hollande doit se ressentir des événemens survenus depuis 1789. La perte de nos plus belles colonies, et la création de nos établissemens de produits chimiques doivent opérer un changement notable dans la nature des échanges , et rien ne peut remplacer complètement chez nous les productions de Saint-Domingue et de llle-de-France. Cependant , sans aspirer à un commerce aussi étendu que l'ancien, nous pouvons croire que nos relations avec la Hollande auront toujours une grande importance, et que les Hollandois, qui trouvent chez nous une énorme consommation de tous les objets de leur commerce, prendront en retour une plus grande quantité de nos produits agricoles et industriels , pour lesquels ils chercheront de nouveaux débouchés.