‹ De l'industrie françoiseChapitre 53 sur 138 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Du Commerce de la France avec les villes

anséatiques.

Ce que nous avons dit de la Hollande peut s'appliquer naturellement à la position des villes anséatiques : placées à Tembouchure des fleuves d'Allemagne qui leur apportent les productions de l'intérieur des terres, et sur les bords des mers qui leur en facilitent le transport sur tous les points du globe , ces villes étoient appelées, par leur position ^ à exploiter une grande partie du commerce du nord ; et l'on doit être peu surpris de voir leur prospérité se maintenir et s'accroître successivement depuis plusieurs siècles.

A ces avantages incontestables d'une po^ sition heureuse, les habitans ont encore réuni . ceux de l'industrie : la ville d'Hambourg comptoit dans son sein pllis de quatre cents raffineries de sucre en 1789.; et on y avoit porté cet art à un tel degré de perfection , que , non-seulement le nord , mais toute l'Europe , étoient devenus tributaires

des produits de ces fabriques ; la France leur vendoit pour plus de 3o millions de sucre brut pour alimenter ces établissemens.

Les villes anséatiques , plus rapprochées du nord que la Hollande , et bien plus à portée qu'elle de commercer avec l'intérieur de l'Allemagne, par rapport aux communications que leur ouvre la navigation des fleuves sur lesquels elles sont situées , entretiennent un immense commerce avec ces états; elles en achètent les productions et leur fournissent , en échange , tout ce qui leur est nécessaire.

' La France avoit autrefois une grande part dans le commerce que font les villes anséa* tiques ; elle recevoit des chanvres , des bois, du blé, des laines, des potasses, de l'huile dé poisson , des peaux et autres objets que produit le nord de l'Europe , pour une valeur d'environ la millions , et elle donnoit en échange, des vins et eaux-de-vie , des denrées coloniales, et quelques produits manufacturés ; la valeur en a été portée jusqu'à 64 millions.

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