‹ De l'industrie françoiseChapitre 62 sur 138 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Du Commerce de la France a\>ec le Levant et les États Barbaresques.

Le commerce du Levant et de Barbarie a été, pendant long- temps, l'apanage presque exclusif de la France : les souverains de ces contrées lui ont constamment accordé une prédilection toute particulière : la sage administration qui surveilloit les expéditions, et la conduite des agens françois dans les échelles du Levant, n'avoient pas peu contribué à y affermir la confiance que notre commerce s'y étoit acquise.

Mais il faut convenir aussi que la posi* tion de la France sur la Méditerranée , et la nature de ses productions agricoles et manufacturières , concouroient puissamment à établir ces relations, et que le commerce n'a eu qu'à employer la bonne foi convenable dans ses transactions pour les maintenir. Cette bonne foi étoit surtout nécessaire dans ces pays où l'habitant accotde avec peine sa confiance , et la retire , sans espoir de retour, quand il a été trompé.

Comme il importe beaucoup à la France

lOS DE l'industrie FRANÇOISE.

de rouvrir ces sources fécondes de sa prospérité , nous croyons indispensable de donner quel(:(ue$ développemens à ce sujet.

Le commerce du Levant se fait, presque partout, avec les villes maritimes de ces vastes contrées ; les communications avec rintérieur des terres ne sont ni assez faciles ni assez sures pour que le propriétaire des marchandises en suive la destination jusqu'au consommateur. Les ventes se font principalement à des chefs de caravane, ou à des commercans du pays qui profitent de leur escorte pour les porter dans l'intérieur.

Nulle part la protection du gouvernement n'est plus nécessaire que dans les échelles du Levant : les rois de France ont de tout temps profité de la bonne harmonie qui régnoit entre les deux cours pour obtenir des conditions avantageuses à notre commerce, et pour y faire respecter nos négocians : les capitulations de François P'^ ont été successivement renouvelées par Henri IV, Louis XIV et Louis XV. La prééminence françoise, dans les échelles du Levant, a été si marquée que les autres nations ont été obligées, pendant long-temps, derecourir à notre pavillon.

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