CHAPITRE XIX. Il
noplese sont élevées, en 1789, à 3,39o,oa5 francs. Les draps formoient assez ordinairement la moitié de la valeur.
Le commerce prenoit , en retour, des laines, des soies , des cires, des pelleteries , des
cuirs , des cuivres , et quelquefois des poils de chèvre , des catons , des huiles ou du blé.
Ces objets d'importation en France ne faisoient guère que la moitié de la valeur des exportations.
Il s'étoit établi à Constantinople plusieurs maisons françoises. Il y a trente ans qu'on y en comptoitneuf
Smyrwe. Cette échelle étoit la plus avantageuse de toutes pour notre commerce* C'étoit , pour ainsi dire , un entrepôt général d'où les marchandises se répandoient dans l'Asie. Les caravanes rapportoient toutes les productions de ces vastes pays pour composer nos retours.
Nos draps de Languedoc entroient dans ce commerce pour environ trois millions ; les produits de nos colonies et de nos fabri-ques de soieries formoient la presque totalité du reste.
Les objets en retour étoient les cotons du pays 9 les laines, les poils de chèvre d'An-
11,4 DE l'industrie FRAITÇOISE.
gora et de Bebasar, les soies, l'huile, les garances , etc.
Ét€U des importations et exportations pendant
cinq années*
Aanées. Importations. Exportations.
1785 6,759^391 fr. . . . ^ 13,371,222 fr.
1789..... 6,937,812 ii,865,33o
Le résultat de ces cinq années ne s'accorde pas avec l'état habituel de notre commerce : avant cette époque les retours en marchandises excédoient, d'un tiers au moins , la valeur des objets d'exportation :
cette différence me paroît provenir surtout * de la grande quantité de coton que nous envoyions à Smyrne et à Andrinople pour le faire teindre avant que nous eussions le secret de cette belle couleur.
Lorsque nos bâtimens ne pou voient pas passer l'été à Smyrne, ils alloient charger de l'huile à Nételin et aux environs , ou du blé au Volo , au golfe de Cassandre , à Zeithon, Sanderly, etc.
On comptoit il y â trente ans , dix-neuf maisons de commerce françoises à Smyrne.
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CHAPITRÉ XlX» It5
SAtoNîQTJE. Notre commerce avec Saloni*^ que s'étoit accru considérablement par le débouché qu'on avoit ouvert à nos marchandises dans la Bosnie , l'Albanie , la Dal« matie , etc. , et par la facilité qu'on avoit d'y trouver des retours faciles et avantageux :
cette place offroit en abondance des laines-» surges et de chevron , du coton , des tabacs , du blé, des cuirs, de la cire, de la soie, des éponges fines, de la graine de vermil* Ion, etc.
La Cavalle, qui n'est qu'à douze lieues de Salonique, présentoit encore à nos marchandises un entrepôt sûr, d'où elles se ré* pandoient dans les lieux circon voisins , et où Ton trouvoit également tous les objets d'importation nécessaires*
Il existoit même , en Macédoine , des foires, à des époques régulières, où se rendoient les négocians du pays et les Arméniens , pour y acheter les draps , les soieries , etc. , et les porter dans les provinces voisines , jusque dans la Moldavie et la Valachie. Ces foires avoient lieu à Silimia , dans le mois de mai , à Ouzoundgiova, dans le mois de septembre, et à Doglia , dans le mois d'octobre*
Il6 DE L^JJVDt] STRIE FRAITÇOISE.
Les envois de notre commerce étoiént d'environ deux millions; et les retours s'élevoient , presque toujours , à un tiers ou moitié au-dessus de cette valeur.
La France comptoit huit maisons de commerce , tant à Salonique qu'à la Cavalle.
AiTDRjNOPLE. Le commerce direct d'Andrinople avec Marseille, ne remonte pas à des époques aussi anciennes que celui des autres échelles du Levant. La position de cette ville, à quarante lieues de la Méditerranée , et à quinze ou vingt lieues de la mer Noire , l'impossibilité de remonter la rivière dans toutes les saisons, avoient fait confier ce commerce à des commissionnaires François ou étrangers, quiyfaisoient porter les marchandises de Constantinople ou de Smyrne ; ce n'est que vers le milieu du dernier siècle , qu'il s'y est formé des établissemens François : les navires arrivoient au port d'Enos, et, lorsque la saison ne leur permettoit pas de remonter la rivière , ils faisoient porter leurs cargaisons , à dos de chameaux , jusqu'à Andiinople.
On envoyoit à Andrinople des draps , des gasquets , des soieries , du papier , des denrées coloniales , et on y prenoit , en retour.