‹ De l'industrie françoiseChapitre 66 sur 138 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

de bonnes laines , de la cire , du cuivre , des peaux de lièvres, de la graine jaune, des cuirs de buffle en poil salés , des peaux cïe chèvres, des maroquins rouges , des aveIa-> nettes, etc.

Andrinople a réduit le commerce. qu'on faisoit avec Salonique, par la facilité qu'elle A d'approvisionner quelques provinces que fournissoient auparavant les négocians de cette dernière ville. Ses relations s'étendent dans toute la Romélie et jusqu'à Belgrade.

Notre commerce d'importation à Andrinople étoit d'environ trois millions ; et celui d'exportation , d'une valeur à peu près égale. En 1788, il aborda à Énos dix -huit bâtimehs expédiés de Marseille; il y avoit, à cette époque, quatre maisons de commerce françoises.

MoREE. Nos relations commerciales avec la Morée n'ont jamais été bien considérables ; et , dans les derniers temps , elles s'étoient encore affoiblies à cause du peu de sûreté qu'on trouvoit dans l'intérieur des terres où l'on se permettoit toutes sortes d'excès..

Les villes de la Morée où l'on trouvoit le plus de garantie , étoient Tripolizza , Corron ^

H8 DE l'industrie FRiUVÇOISE,

Fatras , Corinthe , etc. , et c'est avec elles que Marseille entretenoit quelques relations : les importations en Morée ne formoient annuellement que la valeur d'environ 5oo,ooo fr. , et les exportations étoient un objet de près de:i millions. L'excédant de la valeur des retours se soldoit en piastres ou en sequins.

Le commerce de là Cannée et de ses dépendances y celui de la cote de Caramanie , et de Satalie étoient encore moins considérables ; il ne se faisoit que par nos capitaines de navires, qui traitoient, sur les lieux , pour tous les objets qu'on pouvoit en extraire, tels que soie et coton, et qui payoient avec les fonds qu'ils prenoient à Smyrne et à Chypre.

Chypre. Notre commerce avec l'île de Chypre a été florissant ; mais les vexations que les pachas exerçoien t envers les habitans, l'avoient presque anéanti : dans les derniers temps , les principales villes de l'île , telles que Larnaca , Nicosie , Limisso et Famagouste avoient établi des fabriques d'étoffes de soie , de laine et de coton , qui diminuèrent le besoin des objets étrangers de même nature, de sorte qu'en 1787 et 1788, nos

Page 1