‹ De l'industrie françoiseChapitre 7 sur 138 · XX PL\N ET MOTIFS · texte numérisé non relu

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France , et celui de la partie dont Fad^ ministration lui' ëtoit confiée.

Toutes les fois que j ai pu me procurer des états qui me fissent connoître la quanr tité des produits obtenus pendant plusieurs années, j'en ai pris la moyenne pQur établir mes calculs ; et lorsqu'il m'a été impossible de les appuyer sur ces données précises, j'ai consulté l'opinion publique, les statistiques partielles, et les mercuriales des principaux marchés, pour avoir, par approximation, le tableau des récoltes et le prix moyen de chaque denrée.

En composant cette partie de mon ouvrage , il s'est présenté des difficultés que je n'eusse jamais pu vaincre, si les travaux du cadastre ne m avoient fourni de puissans secours : déjà les opérations que nécessite cette grande entreprise , sont terminées sur le tiers des communes dans chaque département; les nombreux agens qui sont employés à cette opération importante , ont pu déterminer , avec assez de précision , l'étendue et la variété des

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terres , le nombre et l'espèce des récolles et la valeur de chaque produit. Ces renseignemens ont été rendus publics par Fadniiinistration , et ils m'ont fourni une des bases sur lesquelles je me suis établi pour connoître le capital de l'agriculture, et apprécier la richesse territoriale, ^r. .

La troisième Partie de mon ouvrage contient deux chapitres : dans le premier, je traite des progrès de l'industrie manufacturière depuis trente ans ; et je parle d-es principaux services que la physique et la chimie ont rendus aux arts pendant cet intervalle. Comme cette application des lumières du siècle à des objets utiles honore la nation , j'ai cru devoir traiter cette matière avec les développemens qu'elle exigeoit , et opposer par là , à quelques pages sanglantes de notre histoire , le tableau consolant de nos conquêtes dans les arts.

Dans le second chapitre , j'ai tâché d'apprécier notre richesse manufacturière : pour y parvenir , j'ai dû d'abord

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déterminer la quantité et le prix des matières premières qui sont employées dans les arts : les états statistiques des préfets et ceux des anciens intendans m ont servi pour évaluer les matières qui sont le produit de notre sol ; et le tableau des importations , dressé annuellement par l'administration des douanes , ma fourni l'état de celles qui proviennent de l'étranger.

En consultant ensuite le tableau des exportations , j'ai pu apprécier aisément la quantité des matières indigènes qui restent pour nos fabriques.

Connoissant par ce moyen le prix et la quantité des matières premières^ soit indigènes , soit exotiques , sur lesquelles s'exerce l'industrie manufacturière , il ne s'agissoit plus que d'évaluer les frais de fabrication. J'ai consulté, à cet effet, les personnes les plus instruites dans divers genres d'industrie ; et je me fais un devoir de témoigner ma reconnoissance , pour tous les renseignemens qu'ils ont bien voulu me fournir , à MM. Ternaux aîné ,

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Darcet , Molard , Bardel , Seguin , Roard , baron de Lai Ire , comte de Lasteyrie, etc.

Indépendamment de ces ressources , j'ai eu à ma disposition les mémoires , présentés successivement au gouvernement par les Chambres de commerce et de manufactures , dans lesquels on établit Fétat du commerce , et celui de la fabrication, de la valeur et de la quantité des produits industriels.

L'Administration des mines m'a communiqué les tableaux qu'elle fait dresser chaque année pour connoître la richesse minérale de la France.

C'est principalement dans ces sources que j'ai pu puiser des faits positifs , et juger notre industrie sous tous ses rapports.

Après m'étre appuyé sur ces grandes autorités , s'il m'étoit permis de parler de moi , je dirois que j'ai vécu dans les ateliers et au milieu des artistes pendant quarante ans ; que j'ai créé des établissemens importans ^ que l'administration générale du commerce , de l'agriculture et

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de l'industrie manufacturière , a été dans mes attributions pendant mon ministère ^ que les séances de l'Académie royale des Sciences, et celles de la Société d'Encouragement que je préside depuis son origine , m'ont mis à portée de voir et de juger chaque jour les progrès et l'état de notre industrie.

J'ajouterai qu'à peine parvenu au ministère de l'intérieur , j'éprouvai le besoin de .connoître toutes les richesses de notre belle France, et conçus le projet de faire travailler à une statistique générale : en conséquence, je dirigeai l'attention des préfets vers cet objet , je leur traçai le plan qu'ils dévoient suivre, et leur fournis les moyens de l'exécuter. Je rétablis et réorganisai les Chambres de commerce , pour en former des foyers de lumières qui pussent éclairer le gouverne- .ment sur l'état et les besoins de l'industrie*, je multipliai les Sociétés d'agriculture , afin de propager les bonnes doctrines et d'instruire l'administration sur

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tout ce qui intéresse ce premier des arts.

En moins de quatre années, on a pu terminer la statistique de vingt-cinq départemens , publier celle de huit à dix , et montrer , dans les cours du Louvre , une réunion des produits de l'industrie agricole et manufacturière, la plus riche et la plus variée dont une nation ait eu droit de se glorifier.

Ainsi, favorisé par un heureux concours de circonstances , éclairé de l'opinion des savans, et de l'expérience des artistes , des commercans et des manufacturiers , encourage par les secours de tout genre que j'ai trouvés auprès des administrations et des sociétés savantes , j'ai cru pouvoir présenter des résultats qui méritassent ce degré de confiance dont je me faisois un besoin à moi*«méme.

Pour apprécier la richesse territoriale et manufacturière , j'ai dû déterminer la valeur de tous les objets qui la constituent j à cet effet , il a fallu écarter les causes accidentelles qui occasionnent momen-

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tanément la hausse ou la baisse des produits , et prendre le prix moyen , sur plusieurs années , dans l'universalité des marchés de la France. Cette méthode , qui me paroit la plus sûre, a pu conduire à des résultats qui ne s'accorderont peut-être ni avec les prix du moment , ni avec ceux de quelques localités ; mais du moins ils expriment la valeur commune de tous les articles qui composent la richesse nationale.

La quatrième Partie de cet ouvrage est consacrée à faire connoître les principes qui doivent diriger le gouvernement dans l'administration de l'industrie. Quoique l'administration du commerce , de l'agriculture et des manufactures ne soit pas compliquée , et qu'ici , comme dans beaucoup d'autres parties de l'art d'adminis* trer, il faille plutôt se garder de faire trop que de faire peu , l'autorité a néanmoins des devoirs à remplir , et ses actes sont toujours d'une telle importance , que leurs effets ne sont jamais indifférens :

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j'ai donc cru qu'il ëtoit de mon devoir de tracer la ligne qu'un gouvernement doit suivre, et de marquer la limite où il doit s'arrêter. Je compare l'ancienne législation avec la nouvelle ; et lorsque celle-ci me paroît dëfectueuse ou incomplète, je proposemes vues pour la corriger ou la compléter. L'expérience que j'ai pu consulter , pendant longues années , les demandes , les observations et les plaintes des Chambres de commerce et de manufactures qui sont parvenues à l'administration, l'opinion des hommes les plus éclairés, m'ont puissamment servi pour établir les principes d'administration que je publie.

Si quelquefois je me suis vu -contraint de prescrire des formalités pour l'importation et l'exportation de quelques produits industriels , j'ai constamment laissé à la fabrication toute sa liberté:

si j'ai réclamé la prohibition de plusieurs articles d'une industrie étrangère , c'est pour des cas devenus très-rares , et seu-

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lefnent contre les gouvememens qui poussent nos principales productions ; je n ai proposé , par le fait , que de justes représailles conformes aux droits des nations et à l'intérêt de notre industrie. Ce seroit outre-passer les bornes d une juste application des principes de la liberté industrielle , que d'admettre tous les produits d'une nation qui prohibe les nôtres ^ ou qui ne les admet que moyennant des droits ëquivalcns à la prohibition.

En parlant dans plusieurs parties de mon ouvrage des mêmes objets, mais envisagés sous des points de vue trèsdifférens, je me suis permis quelques rdpéli lions j le lecteur jugera aisément que j'y ai été forcé par la nature de mon ouvrage ^ sans cela je l'aurois chargé de renvois fatigans , et j'en aurois rendu la lecture pénible.

Pour mieux apprécier la richesse nationale, j'eusse désiré ramener toutes mes recherches à une période courte et déterminée j mais comme il est impos-

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sible d'arrêter et de dresser , dans l'espace d'une année, les nombreux états d'évaluation qui sont nécessaires , je n'ai pu les consulter qu'au moment où ils sont parvenus j et j'ai dû les comparer , les vérifier , et quelquefois les compléter. Les résultats que je présente sont en général la moyenne de tous ceux que je me suis procurés depuis 1800 jusqu'à 181 2. Lorsque ces résultats m'ont manqué pour estimer la quantité et la valeur de quelques produits, je suis remonté à l'époque de 1789, pour y puiser des données que j'ai eu l'attention de modifier d'après les différences qu'ont apportées les événemens et les progrès de l'agriculture et du commerce.

Je crois n'avoir rien négligé pour obtenir des renseignemens exacts j cependant je ne prétends pas publier un ouvrage parfait : tout ce dont je puis répondre, c'est que c'est un ouvrage de bonne foi.

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