‹ De l'industrie françoiseChapitre 77 sur 138 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des progrès de V jigriculiure (i).

La France a Favantage inappréciable d'être à la fois agricole et manufacturière : à l'exception du coton , les productions de son sol fournissent à son industrie la presque totalité des matières premières qui lui sont nécessaires. Le sort de l'agriculture et celui des fabriques se trouvent donc naturellement unis , et leur prospérité paroît inséparable.

( I ) Il n'en tre point dans mon plan de faire connoitre en détail toutes les améliorations qu'a reçues l'agriculture ; on peut consulter à ce sujet les ouvrages de MM. Yvart , Bosc , Morel de Yindé , Tessier , Huzard, Sylvestre, etc. Je me borne aux principes généraux qui ont été adoptés , aux bonnes méthodes de culture qui ont été introduites , et aux perfectionnemens dont on peut encore l'enrichir.

l38 DE l'industrie FRANÇOISE.

La France est du petit nombre de ces na* tions privilégiées qui peuvent , pour ainsi dire, se suffire à elles-mêmes : l'agriculture lui fournit abondamment ce qui est nécessaire à la subsistance de ses nombreux habitans, et ses manufactures versent dans la lll^ommation tout ce que le luxe du riche et les besoins du pauvre peuvent exiger.

La nature a donc tout préparé pour la prospérité dé la France : mais des institutions , dont l'origine remonte aux premiers temps de la monarchie , et que la puissance des rois et le progrès des lumières n'avoient pu que modifier, ont contrarié sans cesse le développement de ces heureuses dispositions.

La loi fondamentale de l'état vient enfin de rétablir l'habitant des campagnes dans tous ses droits : sa propriété est garantie ; les fruits de son travail lui sont assurés ; il n'obéit qu'à la loi commune; aucune distinction ne le flétrit ; il est honoré comme producteur.

Avant cette époque, le sol françois appartenoit à trois classes de propriétaires ; la première se composoit d'usufruitiers qui

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