‹ De l'industrie françoiseChapitre 78 sur 138 · CHAPITRE V iSg · texte numérisé non relu

CHAPITRE V iSg

n'avoient aucun intérêt à améliorer; la seconde étoit formée par ces hommes puissans qui vivoient des bienfaits de la cour, et qui s'occupoient peu de bonifier leurs immenses domaines : l'existence de ces deux classes de la société se trouvoit d*ailleurs assurée par le produit des corvées , des droits féodaux et des dîmes que leur payoit le cultivateur* Enfin la troisième classe comprenoit ces hommes laborieux , voués par état à la culture de la terre, qui ne retiroient de leurs pénibles travaux que le strict nécessaire, et auxquels on ne laissoit pas même le moyen d'améliorer un sol qu'ils baignoient , toute l'année, de leurs sueurs.

Aujourd'hui tout est changé : il n'existe pas un propriétaire qui , par besoin ou par goût , ne prenne le plus vif intérêt aux progrès de l'agHculture et ne cherche à améliorer son domaine : la répartition proportionnelle de l'impôt, la supression d'une foule d'usages flétrissans et onéreux , la division des propriétés, l'indépendance de l'homme des champs, ont partout ranimé l'industrie agricole.

Les événemens survenus depuis trente ans ont doublé le nombre des propriétaires y

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en même temps qu'ils ont fourni les moyens^ à la plupart des anciens , d'augmenter leur patrimoine.: Tun y a réuni un champ , l'autre une vigne , celui-ci un pré ; presque tous se sont agrandis de manière à fournir , par la variété des produits , à tous les besoins de la vie , et à pouvoir occuper , sur leur sol , pendant toute l'année , les bras de leur famille y ce qui forme la division la plus avan-^ tageuse des propriétés rurales.

En considérant ces changemens sous les rapports de l'intérêt public , on ne peut pas nier qu'ils ne soient avantageux à Findustrie agricole , surtout dans les pays de petite culture , parce qu'un propriétaire-cultivateur donne bien plus de soins à ses travaux que ne le fait un mercenaire : il est reconnu qu'un arpent de vigne, cultivé par un petit propriétaire , produit constamment le double de ce que récolte un grand propriétaire dans la même étendue de terrain. Mais cet avantage ne me paroît pas devoir être le même dans les pays de grande culture en blé ^ tels que la Beauce , la Brie , etc., où il faut avoir beaucoup de bestiaux , beaucoup d'engrais , et, en outre , des capitaux suffisans pour supporter une mauvaise récolte ; où , en un mot^

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