CHAPITRE I
siècles. On peut inênie espérer que la culture de la pomme de terre , et l'heureuse habitude qu'a contractée le peuple d'en faire sa nourriture, et de la faire entrer dans la composition de son pain, rendront le fléau de la disette du blé bien moins grave qu'il ne l'a été jusqu'à nos jours.
L'introduction des mérinos en France formera une des époques les plus mémorables dans les annales de notre agriculture :
nous devons ce bienfait à Louis XVI , qui fit venir le premier troupeau et le plaça à Rambouillet , sous la direction d'hommes éclairés. Le traiité de Baie nous accorda ensuite l'extraction de quatre mille mérinos qui furent vendus à des propriétaires, ce qui propagea cette race précieuse; ils ont été l'origine des nombreux troupeaux répandus aujourd'hui sur notre sol. La conquête de cet animal précieux nous est assurée; trente années d'expérience ont prouvé que la laine ne dégénère point, et que les soins qu'on donne au choix des béliers , pour la propagation de la race , ont singulièrement amélioré la taille et le^ formes des mérinos.
Non-seulement l'importation des mérinos
i5o DE l'iitdustrie frai^çoise.
a etii^ichi notre agriculture et notre industrie de la laine la plus fine qui fût connue en Europe ; mais encore , par le croisement des races, elle a amélioré les laines communes sur tous les points de la France. Cet avantage paroîtra inappréciable si l'on considère qu'en améliorant nos laines, on en élève la valeur, et on augmente le poids des toisonsde près de moitié.
Mais ce seroit mal connoître le prix que nous devons attacher à l'introduction des mérinos que de le borner à l'amélioration de nos laines : son influence sur l'agriculture est peut-être plus importante encore : les riches propriétaires se sont d'abord emparés de cette branche de l'industrie agricole ; ils ont fait, à Tenvi, de grands sacrifices pour soigner ces animaux : partout on a construit des bergeries bien aérées où l'on a maintenu la plus grande propreté ; par*tout on a formé de bons bergers , et on les a instruits de tout ce qui peut intéresser la conduite , la santé et les maladies des bétes à laine ; partout on a multiplié les prairies artificielles pour leur assurer une nourriture saine et abondante. Ainsi cette acquisition a remué tous les intérêts de l'agri-