‹ De l'industrie françoiseChapitre 84 sur 138 · CHAPITRE I. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. l

partout où la terre lui paroît favorable; il ne se repose que lorqii'il a réalisé toutes les améliorations possibles. Il existoit au* trefois, en France, des propriétés d'une immense étendue, dont les produits nour* rissoient à peine une famille : les événemens en ont fait opérer le partage ; tout a été rendu à la culture, et les récoltes ont décuplé. Des exemples de ce genre se présentent sur toutes les parties de la France.

Si rbn compare l'agriculture à ce qu'elle étoit en 1789, on sera étonné des améliorations qu'elle a reçues : des récoltes de toute espèce couvrent le sol ; des animaux nombreux et robustes labourent et engraissent la terre. Unie nourriture saine et abondante, des habitations propres et commodes , des vétemens simples , mais décens, tel est le partage de l'habitant des campagnes ; la misère en a été bannie, et Taisance y est née de la libre disposition de tous les produits.

Gardons -u nous cependant de croire que lagriculture françoise soit arrivée à sa perfection : il lui reste à généraliser les bonnes méthodes, et à conquérir de nouveaux genres

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de prospérité ; les bestiaux ne sont assez nombreux nulle part, à l'exception de deux à trois provinces, où d'abondantes prairies naturelles ont déjà permis d'en élever un grand nombre ; partout ailleurs , un domaine n'en a pas la moitié de ce qui seroit nécessaire pour assurer une bonne exploitation : cette disette de bestiaux entraine celle des engrais et du labour , et cette dernière amène nécessairement celle des récoltes. Le seul moyen de parer à cet inconvénient , c'est de multiplier les prairies artificielles pour se procurer des fourrages, et de cultiver beaucoup de racines pour augmenter la nourriture des animaux.

La doctrihe des assolemens n'est pas assez connue , et elle ne peut être généralement suivie que du moment où l'on aura adopté les prairies artificielles pour varier les cultures.

La base d'une bonne agriculture est donc l'abondance des fourrages ; la prospérité agricole repose presque en entier sur ce genre de culture.

Ces principes sont évidens, et le propriétaire riche les a déjà adoptés ; mais jus-

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