CHAPITRE 1. l
qu'ici l'habitant des campagnes n^avoit pu les mettre en • pratique , parce que Igar adoption eût entraîné quelques dépenses qui n'étoient pas au pouvoir du plus grand nombre. Aujourd'hui que* l'aisance est devenue plus générale, nous commençons à voir, presque partout, remplacer des.
animaux chétifs par des animaux plus robustes ; de simples fermiers achètent, à Rambouillet, des béliers de deux mille franco pour améliorer leurs troupeaux : on doit donc espérer que cette heureuse révolution'en agriculture sera terminée en trèspeu de-temps.
.Mais , indépendamment; de ces améliorations , l'agriculture peut s'approprier de nouveaux genres d'industrie, et s'ouvrir de * nouvelles sources de prospérité : la culture de la betterave et du pastel lui en présente deux puissans moyens.
A cette époque récente où la France,* exilée des mers , en guerre avec, toute l'Europe, se' vit réduite à ses propres ressources, son industrie se montra supérieure Il tous les événemens : et c'est à ces circonstances difficiles qu'on peut rapporter le développement des plus grands prodiges
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industriels qui se soient opérés depuis ^ tr^te ans. •
La cherté du sucre en a voit borné la consommation ; l'homme riche pou voit seul s'en procurer : Isf chimie ne désespéra pas de parvenir à le suppléer; elle perfectionna d'abottl les sirops au* point de leur ôter le goût et l'odeur qui rendent l'usage de quelques- uns* désagréable ; elle parvint à extraire dû raisin une espèce de sucre qui , à double dose, peut remplacer le sucre de canne. C'étoit déjà beaucoup sans, doute pour la société, mais ce n'étoit pasT assez pour la science qui aspiroit 4 doter l'Europe d'un sucre égal et identique à .celui des Indes.
• On savoit depuis un siècle que la betterave contenoit un sucre analogue à celui de la canne^ on n'ignoroit pas qu'eu Allemagne on, avoit essayé de l'extraire en grand
•pour en faire un objet de commerce : dès ce moçient toutes», les recherches se dirigèrent vers le sucre de betterave*; on multiplia, on améliora la culture de cette racine* on varia, on perfectionna les procédés pour* extraire et raffiner son sucre : de nombreuses fabriques se formèrent de toutes parts :
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mais il est arrivé ce qui eht presque toujours réffet inévitable d'un mouvement trop précipité , et d'une impulsion mal dirigée :
ici les betteraves manquoient aux établissemens , là les établi^semens manquoieat aux betteraves ; presque partout on employoit des machines défectueuses ef des hommes pejfc éclairés ; on n'obtint presque nulle part lès résultats prçmis ; et cette belle branche d'industrie étoit à jamais perdue, si des hommes^ qtii savent combien il est difficile de vaincre des préjugés et de nationaliser uti genre 'tioui^eau de fabrication , n'avoient persévéré dans leur entreprise; il suffisoit à ceux-ci d'avoir constaté • l'existence du sucre de betterave etsdn identité avec celui de canne pour ne pas se décourager ; ils savoient que le temps et les* lufnières* pobvoient seuls perfectionner les •opérâ:tions et surmonter toutes fef difficultés; et c'est à leur persévérance éclairée que la France devra cette "branche de prospérité agricole. Leurs 'efforts sont d'autant plus louables ^ qu'ils ont éfl à vaiùcre, à la fois, ki difficulté des procédés^et l'opinion publique, que quelques mauvais résultats avoient d'al)fird prévet^ue contre le sucre de betterave.
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Nous iSomme^ arrivés aujourd'hui à pou* voir établir deux vérités incontestsnDies : la • première , c'est que le sucre de betterave ne diffère en aucune manière du sucre de cannç; la seconde, c'est, que les fabriques de sucre de betterave peuvent concourir , ^n Europe , même en temps de paix, avec celles de sucre de canne.. ' , •
le sais bien qu'on qualifiei;^, pendant quelque temps encore, de sucre de4)etterave le mauvais sucre de *canne qu'on pouiiha livrer à la consonlmation ; je conviendrai mâme que toutes les fabriques n'obtiendront' pas d'abord de beaux produits ; mais ne suffit - il pas que déjà le sucre raffiné qui provient de celles qui existent, soit comparable, sous tous les rapports, au plus beau sucre de nos âncitennes raffineries? L'exempie ne doit-il pas être imité , lorsqu'on ne fait aucun secret des procédés ? N est-il pas injuste, et contraire à la marche des arts, d'exiger qu'une industrie naissante se montre partout avec les caractères de la perfection ? . • •
En bornant la découverte du sucre de betterave à la possibilité de fournir un jour à nos besoins, on ne peut pas disconvenir