‹ De l'industrie françoiseChapitre 89 sur 138 · CHAPITRE I. î · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. î

ture de son royaume, en prohiba l'usage, sous peine de mort, par un édit de i6og* Mais , malgré la sévérité de la loi , Tindigo fut introduit dans la teinture , et le pastel fut presque abandonné.

La feuille du pastel contient de l'indigo comme la feuille de l'anil d'Amérique ; mais, dans les colonies, on avoit trouvé le moyen de débarrasser l'indigo de toutes les matières étrangères qu'il contient pour ne mettre dans le commerce que le principe colorant, tandis que les coques de pastel contenoient tous les débris de la plante dans lesquels ce principe étoit disséminé :

l'emploi de ces matières n'étoit donc ni également facile , ni également avantageux ; une livre d'indigo pur produisoit plus de couleur que deux cents livres de coques : en employant les feuilles de pastel macérées , on ne pouvoit obtenir que des bleus légers par la difficulté de travailler les étoffes dans un bain ou l'on étoit forcé de mettre une grande quantité de coques pour avoir un bleu foncé ; il ne doit donc pas paroître étonnant que l'indigo ait été préféré au pastel.

Aujourd'hui, la chimie a trouvé le moyen d'extraire l'indigo des feuilles du pastel

ï64 ^^ l'industrie FRAI7Ç0ISE.

comme on rextraLt,ea Amérique, des feuilles de l'anil ; on peut le fournir à la teinture sous les mêmes formes et avec les mêmes qualités ; et il n'y a plus de doute qu'on ne puisse remplacer l'indigo du Nouveau-Monde par cet indigo européen. Les expériences qu'on a faites à Alby , à Toulouse , à Turin , à Florence , à Rome et à Paris , ont convaincu que l'indigo extrait du pastel étoit de l^a même nature que celui de l'anil , et qu'on pouvoit le livrer au commerce, au même prix. Ces résultats ont été acquis d'après des expériences faites en grand et par des hommes instruits , tels que MM. Roard , Puymaurin, Giobert, etc., qui ont dirigé des fabriques d'indigo de pastel pendant plusieurs années.

Malheureusement cette industrie n'étoit pas sortie des mains du gouvernement, qui avoit formé les établissemens à ses frais, lorsque les événemens sont venus interrompre le cours de ces travaux ; et je ne connois que M. Rouquès , d'Alby , qui ait conservé cette fabrication sans jamais l'interrompre.

Espérons que cette industrie ne sera pas perdue, et que l'agriculture du Midi retournera à la source de sa première prospérité ^

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