CHAPITRE I. l
en y apportant des lumières, qui lui ont manqué, dans le temps, pour la conserver et la perfectionner.
Il est donc prouvé que la France peut fabriquer chez elle le sucre et l'indigo, qui jusqu'à ce jour lui ont été fournis par le Nouveau* Monde. Mais je suis bien loin de partager l'opinion de ceux qui voient déjà, pour résultat, la ruine de nos colonies ; je ne regarde ces nouvelles sources de prospérité que comme le seul moyen qui nous reste pour réparer, autant qu'il est en nous, la perte que nous avons faite de nos principales propriétés coloniales : en effet , nous avons déjà vu, en traitant de notre commerce avec les autres nations, que le sucre et rind||k|. formoient autrefois nos» prin«cipaux moyens d'échanges ; et , comme nos colonies peuvent à peine fournir aujourd'hui à la consommation de la France, ne seroit-il pas très-avantageux que nous pussions augmenter ces produits pour reprendre une partie de nos anciennes relations commerciales avec les étrangers? Croit -on que* les nations du nord continueront d'apporter * dans nos ports les productions de leur pays , . lorsqu'elles n'y trouvent pbis la Qiatière
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de leurs retours? On se flatte, peut-être , que le débouché de nos vins et eaux-de-vie deviendra plus considérable ; vaine illusion !
La mesure de la consommation est déterminée depuis long-temps-, et la politique des gouvernemens du nord tend , chaque jour, à la restreindre.
Il s'écoidera malheureusement bien des années avant que les fabriques de sucre de betterave et d'indigo puissent compenser, parleurs produits , les pertes que nous avons faites dans nos colonies ; mais les nations ne meurent point; et lorsque les générations qui se succèdent tendent constamment vers un but déterminé , on finit par l'atteindre : osons donc espérer que nous y arriverons. Alors nous pourrons reprendre nos relations commerciales avec les peuples qui nous apportoient leurs produits en échange de nos denrées coloniales ; et si un jour des guerres malheureuses viennent interrompre nos communications avec les colonies , la consommation intérieure serk au moins assurée par le sucre et l'indigo indigènes.
Une autre branche d'industrie dont le gouveçnemenjt doit se hâter d'enrichir l'agri^