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INDUSTRIE DES LAINES

Les moutons sont originaires de l’Asie occidentale, ils se sont répandus sur le globe et ont accompagné eu (juelque sorte les Européens partout où ils se sont établis. On sait qu’il n’existait primitivement de moutons ni en Amérique, ni en Australie.

L’industrie des tissus de laine est d’une haute antiquité. Les Babyloniens, les Chaldéens, les Grecs, les Romains, les Arabes, ont tour à tour excellé dans cet art. L’industrie de la laine acquit bientôt un grand dévelop-

DK L'INOUSTHIK MUUER.NE.

penienl dans les Flandres, où les laines importées d’Angleterre étaient tissées. Longtemps les Flandres conservèrent une sorte de monopole de celte industrie. Ce ne fut que sous le régne d’Édouard 111 que l’industrie des laines se fixa en Angleterre par des tisseurs flamands ; mais, à partir de ce moment, l’industrie de la laine et l’élève des moulons sont devenues en Angleterre une occupation nationale.

L’industrie de la laine prit peu de développement en France, à cause de l’infériorité de la race des moutons. Dans la dernière moitié du xviir siècle, le roi de Saxe fit venir d’Espagne des mérinos d’une race supérieure , qui s’étaient formés sur le plateau desGaslilles. Le roi de France imita cet exemple. Cette transplantation de quelques moutons espagnols a considérablement perfectionné la race des moulons en France. L’Angleterre possédait plusieurs races indigènes de moutons donnant de très belles laines longues, qu’il était défendu d’exporter. L’importation du mérinos fut également tentée en Angleterre , mais le climat humide ne leur était pas favorable. C’est avec les races mêmes qu’ils possédaient que les Anglais ont considérablement augmenté le nombre et la (|ualité de leurs moutons (1). Le mouton mérinos réussit admirablement en Australie.

La fabrication des tissus de laine se divise aujourd’hui en deux procédés parfaitement distincts, donnant chacun une espèce particulière de tissu. La laine a la propriété

(t) Mac r.ulloch. Commercial Dictionary, p. 1421.

AHTS rtMlLKS.

de se feulrer, c’esl-à-dire que par l’aclion de la chaleur, de l’huniidilé el de la pression, elle l'oruie une masse homogène par l’entrecroisemenl et l’adhérence de ses fihres. On tire parti de cette propriété de la laine dans la fabrication du drap. Dans l’autre procédé, lu laine est soumise à l’action du peignage, qui affaiblit, s’il ne détruit pas complètement la propriété de se feutrer que possède la laine. Les fibres, étant alors allongées et rangées en couches parallèles, sont filées et tordues solidement; de manière à former un fil solide, dur au toucher, et non pas un fil mou et biche comme celui destiné à la manufacture du drap feutré.

Dans la fabrication du drap feutré, les procédés consistent, après le triage de la laine et le nettoyage, à la débarrasser du suint ou de la graisse qui lui est propre. La laine, pressée fortement entre des rouleaux, est huilée légèrement, puis cardée, et filée grossièrement. Ces fils biches sont tissés. L’étoffe tissée est ensuite foulée, c’està-dire qu’elle est soumise à l’action répétée des foulons (jui frappent continuellement l’étoffe. Les chocs sont violents, mais ne détériorent pas l’étoffe en raison de la multitude de plis qu’elle offre. Des perfectionnements ont été introduits dans le foulage aussi bien que dans les autres parties de la manufacture de la laine. L’ancien moulin à foulon était de bois; mais les machines sont maintenant construites eu fer, el elles travaillent avec plus de précision. En vertu de sa propriété de feutrer, la laine acquiert, par l’action combinée du foulon, de la chaleur et de l’humidité, une adhérence complète entre

l)t I.'|NUUSIII1L MODbUMi.

■ôm

ses libres qui ia dislinguc des ctoll'cs siinplemenl lissées.

Le tissu est ensuite cardé, aûii de délaclier les fibres libres de la surface, afin de former le duvet ou le poil qu’on coupe à volonté. Les chardons sont encore généralement employés pour le cardage,lcs machines ne pouvant offrir la souplesse naturelle du chardon.

Dans le procédé de fabrication des étoffes non feutrées, la laine est tout de suite lavée soigneusement, puis séchée. Elle passe ensuite par les différents procédés de la filature, presque identiques avec ceux du coton. Le tissage se fait de la même manière.

Avant les perfectionnements introduits récemment dans la filature et le peignage de la laine, la longueur et la force du brin de laine étaient considérées comme indispensables ; mais les modifications dans les machines ont permis aux manufacturiers d’employer les laines courtes. Un grand changement s'en est suivi, signalé par l’augmentation considérable dans la production de la laine courte et une diminution correspondante dans la production de la laine longue. Il paraît démontré aujourd’hui qu’une détérioration, ou plutôt qu’une modification a eu lieu sur la qualité de la laine en Angleterre. Le grand objet de l’agriculteur a été d’augmenter le poids du mouton et la quantité de la laine, et il parait très difiicile, sinon impossible, d’obtenir ce résultat sans porter préjudice à la finesse de la toison. La grande extension de la culture des navets et l’introduction d’une plus grande espèce de mouton semblent avoir abaissé la valeur de la toison. Durant la dernière moitié du siècle dernier, une grande augmen-

AHTS TtMll.HS.

laliüii a eu lieu dans le nombre des moulons en Écosse, principalement dans le llighland, où les propriétaires ont transformé des terrains presque incultes en vastes fennes et ont introduit une nouvelle race de moutons.

L’industrie des laines n’a pas subi en Angleterre l’accroissement prodigieux de la manufacture du colon. Si l’on compare les cliilïres de l’exportation en Angleterre, on verra qu’en 1802, l’exportation n’atteignait que 7 321 012 livres sterling, et en 1836 la valeur était de 7 039 35A livres sterling, pour tomber bientôt après. En 1852, elle était de 8 562 688 livres sterling par an. Cependant iln’esl pas exact, ainsi qu’on l’a prétendu parfois, que la manufacture de la laine, par la concurrence que lui avait créée rindustrie du colon, ail décliné en Angleterre; seulement elle n’a pas augmenté rapidement en rapport avec le développement de toutes les autres industries; on doit plutôt la considérer comme étant dans un état stationnaire.

L’emploi des machines ne pouvait exercer sur l’industrie de la laine le même effet que sur rindustrie du coton. La laine est une matière chère, limitée par le nombre des moulons, intimement liée à l’agriculture, tandis que la production du coton est en quelque sorte illimitée. L'application des machines n’a même pas enlevé partout aux manufactures de laine leur ancien caractère. Ainsi à Leeds, en Angleterre, qui est le centre de la fdalure et du lissage de la laine, le tissage des draps SC fait encore en partie par le travail domestique. Dans ce système, un chef ayant un petit capital possède de deux à cinq métiers établis dans sa maison, auxquels Ira-

3fil) DE I.’iNULSTlIIE MODKIl.NE.

vaillonl membres de sa l'amille oii des oiivriei's, an nombre de trois à sept, exactement comme le tissa<re de la soie à Lyon. Hrimitivement rmivrier faisait subir cà la main tons le.s degrés de fabrication à la laine jusiiu’â ce qu’elle arrivât à l’état d’étoffe prête à être portée. .Mais aujourd’hui il existe des moulins publics qui ont été érigés à fonds communs dans tous les villages du district où ce système est eu vigueur. Par ce moyen, les étolfes faites à la main sont produites à un prix aussi bas que celles obtenues dans les grandes usines.

Un genre de fabrication (|ui a pris un grand développement comprend les mélanges de laine et de coton ou de soie. Les fils d’alpaca, de poil de chèvre, de vigogne, etc., sont en outre en usage.

11 est très difficile de se rendre un compte exact de l’état réel de l’industrie de la laine en Europe; elle a conservé encore , dans beaucoup d’endroits, le caractère du travail domesli(|ue, et rien ne nous indique quel est le ebilfre exact de la consommation intérieure. L’Angleterre est considérée comme le pays producteur de la laine par excellence ; et si des mesures fausses et injustes n’avaient entravé le libre développement de l’industrie des laines en Irlande, le nombre des moutons serait plus considérable encore dans la ürande-Bretagne. D’après M. .Mac Cullocb, le nombre total de moutons existant aujourd’hui dans la Grande-Bretagne et en Irlandi* s’élèverait à millions de tètes, qui re|)résentent une pro-

duction annuelle de Iô7ô00ü0ü livres de laine. Jusqu’en J bUO, la mojennederimportation de lu laine en Angleterre

ARTS TIMTI.KS.

ne dépassait pas 3 millions de livrespai’ année, provenant prlncipalenient d’Espagne, dont la laine a longtemps conservé une grande supériorité. En 1800, cette importation montait à 0 millions; aujourd’hui elle atteint de 55 à 75 millions de livres. La plus grande partie de la laine importée en Angleterre est aujourd’hui fournie par l’Allemagne, les colonies de l’Australie et les Indes orientales (1).

Jusqu’à l’année 1802, l’importation de la laine était en quelque sorte libre de tous droits. En 1802, cependant, un droit de 5 shillings ?> deniers par quintal fut imposé sur toute laine brute importée; en 1813, ce droit fut élevé à 6 shillings 8 deniers; en 1819, il fut amené au chiffre monstrueux de 66 shillings par quintal, ou 6 deniers par livre. En 1825, il fut réduit à 1/2 denier par livre. L’importation de la laine de l’Inde commença en 1833 : elle s’élevait à la faible quantité de 3721 livres; mais cette proportion a augmenté à un tel point dans l’intervalle, qu’en 1858, elle s’élevait à 1 7 333 507 livres. Dans ces dernières années, la Russie est devenue une des plus grandes sources de l’exportation de la laine, principalement des ports de la mer Noire. Dans le sud de l’Afrique, dans les possessions anglaises, l’importation en Angleterre, qui s'élevait, en 18ià, à 21071A3 livres, atteignait 16597 504 livres en 1868. L’alpaca et d’autres laines de cette sorte viennent du Pérou ; le poil de chèvre vient de la Turquie, mais surtout du Thibet. Curieux exemple que donne l’Angleterre, dont

(I) Mac (’ullocli, t’uHiHwrCirtI Dklionary, p. 1124

DE L’iMUbTKIE M0DEB3E.

l’af^ricullui U cbl adonnée à l’élève des moulons, que ccl appel aux laines du monde entier pour alimenter ses manufactures.

En France, l’industrie de la laine a été longtemps languissante, non par suite du peu d’activité des artisans, mais par la difficulté de sc procurer de bonnes laines» D’après les recherches statistiques ordonnées par Col- 4iert en IfittO, il existait à cette époque en France 34 200 métiers pour le tissage des étoffes de laine de toutes sortes, y compris les camelots, les serges et autres tissus inférieurs. La production totale s’élevait à 670540 pièces; on comptait üO 440 ouvriers employés à ce genre de manufacture. Ce fut à cette époque que Colbert invita des ouvriers de Gênes, de Venise, de Hollande, à s’établir à Sedan, à Abbeville, restés célèbres depuis par leurs manufactures de laines lines. En 1780, il se fabriquait une grande quantité d’étoffes de laine; mais la laine indigène était de qualité inférieure et revenait à un prix très élevé; aussi tirait-on à cette époque de l’étranger la moitié de la laine brute employée à la fabrication des tissus. La laine d’Espagne, alors la plus renommée, était employée à Elbeuf, à Louviers, à Amiens, où elle était mélangée avec les laines du pays. Au milieu du xviii* siècle, les croisements de races au moyen des béliers espagnols commencèrent à sc répandre en France, et continuèrent depuis cette époque. Ces améliorations firent surtout des progi’ès considérables sous le premier empire, et aujourd’hui la France produit de très belles laines.

La France est moins propre à l’élève des nioulons que

arts TEXriI.ES.

l’Anglelcrro, où rimmidité conslaiilo tle l’almosplière cnlrelienl une verdure perpétuelle dans les pâturages. Les troupeaux de moutons passent toute l’année en plein champ, et pendant les froids trop rigoureux, ou lorsque la neige, assez rare ou peu persistante, recouvre le sol, les moutons, toujours en plein air, sont nourris avec des navets (turneps). Mais la France fùt-elle capable de produire des quantités de laine brute plus considérables, son industrie consommerait encore au delà de sa production , comme cela est aujourd’hui le cas pour l’Angleterre, (jui reçoit chatjue année de grandes quantités de laines brutes de l’Allemagne, de la Russie et de l’Australie. On ne peut comprendre vraiment ce souci de quebjues personnes, qui considèrent comme un mal cette impoilation obligée de la laine brute étrangère, qui est au contraire un symptôme de grande prospérité pour la nation. D’après une estimation rapportée dans les travaux de la commission française sur l’industrie des nations, la France posséderait environ 40 millions de moutons (1), donnant un chiffre do 72 millions de kilogrammes de laine, environ le chiffre de la production de l’Angleterre.

L’industrie de la laine est destinée à prendre un grantl essor en France; elle se rapproche de la manufacture de soie, et loi’sque, par les efforts des fabricants, les belles étoffes qu’ils produisent seront devenues accessibles par leur prix à la masse des consommateurs, nul doute que

(I) M. Léonce do Lavergne eclimp ce «ombre à 35 miillnn?(É'cMo;ii/e rwale de l'Amjlelenv, p. Il) )

DK I.’lNDUSTBIE MODERNE.

celle iiuiuslrie ne devienne une source de gramle prospi'rilé pour la conlrée.

La fabricalion de la laine a loujours existé sur une assez grande échelle en Allemagne. Elle avait alleint un grand développemenl à l’époque qui précéda les guerres qui désolèrent rAllemagne au xvn' siècle. En Prusse, cette industrie a presque compléteineut cessé d'être manuelle, la filature se fait pju’ les machines ; on comptait, en 1857, 6ÜÜÜÜ broches en œuvre avec 8227 ouvriers. Les provinces du Rhin, de la Silésie et du Brandebourg ont poussé très loin cette industrie. L’exportation s’adresse principalement aux Etats-Unis.

L’industrie de la laine est active et florissanle en Saxe, dans la Thuringe et dans tout le voisinage de la Bohême, où existent de belles races ovines. La Saxe possède un grand nombre de fabriques de laine, et l’industrie y a pris un développement extraordinaire pour la population.

Les laines le plus généralement employées dans le Zollverein proviennent de la Hongrie, de la Moravie, de la Russie, de la Pologne et de la Saxe, et quelques laines produites dans les États mêmes où fonctionnent les usines.

Le dernier roi de S.axe, étant alors électeur, introduisit le mouton mérinos dans ses Étals, et s’efforça de répandre cette précieuse race. Ses elTorls ont été couronnés du plus grand succès; le mouton mérinos réussit admirablement en Saxe et dans certaines parties de r.Mlemagne, et il s’est multiplié avec une telle rapidité, que le commerce des laines en Espagne est devenu presipie insignifiant, comparé celui do l’Allemagne.

ARTS TEXTILES

Les éloffcs (le laine sont fabriquées en quantité assez considérable dans la partie sud du royaume, et cette branche de commerce s’est augmentée dans l’ouest, où des bas et des gants sont fabriqués en grande quantité.

En Russie, les moutons sont élevés en grand nombre dans (juelques parties de la contrée. Dans la Tauride,un pauvre Tartare peut avoir dans sa possession 1000 moulons; un riche Tartare en possède jusqu’à 50000 (l). La race du mérinos a été naturalisée dans la petite Russie, dans les gouvernements compris dans la Nouvelltf Russie, au sud et à l’est, et dans ceux des rivages de la mer Baltique. Le commerce de la laine s’est établi également en Sibérie, où une compagnie s’est formée pour cet objet en 1852.

Mais tous ces progrès sont récents La Russie était dernièrement encore si pauvre sous ce rapport, que même en I8:’A, l’exportation de la laine n’excédait pas annuellement 11 270 quintaux, estimés à 03 500 livres sterling; elle s’élevait en 1857, à 357 977 quintaux, dont 1a valeur était estimée à 2 009 à 50 livres sterling. Ceci ne représente que l’exportation en dehors de la consommation intérieure, qui a augmenté dans une grande proportion. La |)roduction delà laine est estimée aujourd’hui à 7031 180 livres sterling, et il existe 040 manufactures de laine (2).

La Russie produit surtout des tissus pour sa consommation intérieure ; elle exporte toutefois une (|uantité assez considérable de draps en Chine, comme moven d’échange pour le commerce ilu thé. Ces draps étaient

(1) Kncyclopadia Britannica.

(2) Travaux de la Commission françaite,{. IV,p, 95.

DK L’tNDUSTRIK MODERNE.

no2

fournis jadis parla Silésie; la Pologne avait ensuite possédé cette sorte de monopole ; mais depuis 1830, celle industrie s’est localisée dans le goiivernemcnt de Moscou

L’Autriche élève une grande quantité de moutons ; on évalue sa production annuelle à AO ou A2 millions de kilogrammes de laines brutes ; c’est 40 pour 100 de plus que les lîlats du Zollverein. Les grands propriétaires ont amélioré les races, et ils traitent les laines avec un soin qui donne une haute idée de leurs bergeries (I).

Les plus belles laines sont celles de la Moravie et de la Silésie autrichienne ; viennent ensuite celles de la Bohème, de la Hongrie, de laGallicie et de l’Autriche proprement dite. Une partie de cette laine est filée à la main au moyen de petites m.'ichines. Les paysannes hongroises filent et tissent la laine commune et en font de gros draps servant au vêtement national, espèce de manteau tju’on emploie tel qu’il sort des mains du tisserand. La fabrication des tissus de laine commune a fait de grands progrès en Autriche, ce qu’il faut attribuer à l’entrée, sous des droits modérés, d’une grande quantité de fils de l’étranger. La Saxe lui fournit les numéros ordinaires ; la France, et surtout l’Anglelerrre, les numéros fins. Aujourd’hui, l’Autriche fait concurrence aux tissus communs anglais dans l’approvisionnement du Levant, et ses exportations s’étendront bientôt sur d’autres points du globe.

L’industrie delà laine est produite en grande abondance en Perse, dans les parties de la contrée où les habitudes

(I) Travaux delà Commission française, vol. I, p. 95.

ARTS TEXTII.es.

pastorales sont répandues. La meilleure laine est celle de Kennan, dont les monla^nes, chaudes et arides en été et froides eu hiver, nourrissent cependant d’immenses troupeaux de moutons et de chèvres ipii fournissent la plus fine laine. f4ette laine est filée dans la contrée même, et sert à faire des étoffes variées (jui rivalisent presque avec les célèbres châles de Kachemir. Cette laine fine se trouve nonseulement dans leKerrnan,mais plus ou moins sur tout le Khoraçan et dans les contrées de l’est, dont les montagnes sont favorables à l’animal qui produit cette laine particulière. Les étoffes de laine fabriquées en Perse consistent surtout en lapis et en une variété d’autres tissus d’une moindre importance, dont les habitants se servent pour les vêtements (1).

Les troupeaux de moutons transportés en Australie ont réussi merveilleusement bien, et aujourd’hui cette contrée est peut-être la plus grande source de production de laine du monde. L’importation des laines d’Australie, en Angleterre, a augmenté avec une extraordinaire rapidité. En 1833, elle s’élevait à 3 516 869 livres; en 1839, à 10128 774; en 1858, à 51 104 560 (2).

Les étoffes de laine manufacturées par les Européens trouveront sans doute bientôt un débouché nouveau dans les îles du Japon, où elles deviendront un moyen d’échange. Les Japonais ne connaissent pas les vêtements de laine ; leurs vêtements d’hiver sont matelassés, soit avec du coton, soit avec de la soie en bourre; dans ces derniers

(1) Frazer, Travels and Adoenturet in lhe Persian Provinces, p. 302

(2) Mae Culloch, Commercial üiclionary, v’ Wool.

cas, rie cliauds vrHeinents doivent rîlre d’un prix très élevé, et l’on ne peut mettre en doute que les articles de laine de l’Europe ne répondent mieux à ce but et ne soient de beaucoup meilleur marché. M. Olliphant n’a observé aucune boutique de pelisses à Yédo (1).

Parle nouveau traité de commerce avec le Japon, les articles de coton et de laine sont admis au Japon à un droit de 5 pour 100. Mais on peut prévoir qu’au début, les principales relations commerciales seront entre ce pays et la Chine, et les Chinois profiteront surtout des conditions nouvelles. Jusqu’à présent les rapports entre les deux contrées étaient limités à dix jonques chinoises par an. Aucune jonque japonaise ne pouvait s’engager dans le commerce de l’exportation, auquel leur construction même se serait opposé. Il est à prévoir (ju’aujourd’hui le commerce va prendre une grande activité dans ces contrées restées trop longtemps en dehors de la civilisation européenne.

On tire parti aujourd’hui des chilTons de laine dans la fabrication des étoffes : les chiffons sont réduits par de puissantes machines en filaments qui sont de nouveau filés et lissés. Ce genre d’industrie a même pris un assez grand développement en Angleterre (2).

(1) Lord Elgiii's .VOsioii, loc. cit.

(2) On Irouvera des renseignements intéressants sur l'industrie de la laine dans l’eiifuéfe f.nitc au sujet du traité de cumniercc avec l'Angleterre, et qui a été publiée récemment. (Indi'Stries Tr.xTil.ES, Laines.) — Voir aussi t'iude iur les laines d'.Ugerie, p.sr M. E. Daudement.

AHTS TEXTII.F.S.

INDUSTRIE DE t.V SOIE.

L’arl d’élever les vers à soie, de filer les fils des cocons et de les transformer en vêlements ou en ornements, parait avoir été pratiqué dés la plus haute anti(juilé par les Chinois.

L’usage do la suie chez les Romains remonte au temps de César; mais soit à cause de la distance de la Chine, d’où les caravanes apportaient la soie par la Perso, soit peut-être aussi à cause de la chetTé de la soie en Chine, le prix à Rome était tellement élevé, qu’elle se vendait quelquefois à poids égal d’or. Des efforts furent faits pour en obtenir des quantités plus considérables, et le prix déclina insensiblement depuis le règne d’Aurélien ; mais la Chine continua à tirer des sommes considérables de l’empire romain jusqu’au vi'' siècle. Environ vers 550, deux moines persans, qui avaient séjourné longtemps en Chine, et auxquels la manière d’élever les vers h soie était devenue familière, réussirentà apporter des graines à Constantinople et à propager le ver à soie. Une branche nouvelle d’industrie fut ainsi créée en Europe. Dès le règne suivant, les Romains n’étaient pas inférieui*s aux habitants de la Chine dans l’éducation des insectes et dans la manufacture de la soie.

La Grèce et le Péloponèse se distinguèrent bientôt par l’élevage des vers à soie et par l’habileté des habitants de Corinthe, d’Athènes et de Thèbes dans la manufacture du tissu. Jusqu’au xir siècle, la Grèce continua à être la

DK L’INDISTRIE MODERNE.

seule conln’-e de l’Europe dans laquelle la soie fùl produite. .Mais, en 1147, Tloger, roi de Sicile, ayant saccagé Corinthe, Athènes et Thèbes, transporta un grand nombre iriiabitants à Païenne, où s’établirent l’élevage du ver à soie et la manufacture des tissus. De la Sicile, cet art s’étendit en Italie, et Venise, Milan, Florence, se distinguèrent bientôt par leurs succès dans l’élève des vers à soie et par la beauté de leui's étoffes de soie.

La manufacture de la soie fut introduite en France en 1440, sous Louis XI, par des artisans de l’ilalie, qui s’établirent à Tours. Elle ne commença à Lyon qu’en 1520 environ, loi'sque François 1”, ayant pris possession de Milan, décida quelques artisans de cette ville à s’établir à Lyon..\ peu près à cette époque, l’éducation des vers à soie commença à être pratiquée avec succès en Provence et dans d’autres parties du sud de la France. Henri IV encouragea beaucoup celte industrie, récompensant par un litre de noblesse ceux des fabricants qui s’y livraient pendant düu/c ans.

Cette industrie paraît avoir été introduite en Angleterre dans le xV siècle. La soie était portée par les personnes de distinction deux siècles auparavant. La fabrication ne parait pas avoir fait beaucoup de progrès jusiju’au temps d’Élisabeth. La tranquillité de ce long règne et l’arrivée des Flamands réfugiés à la suite des troubles des Pays-Bas donnèrent un grand stimulant à cette fabrication. Les fdaleurs de soie de la métropole étaient unis en corporation dès 1 a(i*2 et incorporés en 162Ù. Retardée par les guerres civiles, cette imlustrie se

ABTS TEXTILES.

releva jiar l’ai rivée des rélïigiés français, à la suite de lu révocation de l’édil de Nantes, dont le nombre a clé estimé à 50000 pour l’Anglolerre. Ceux de ces réfugiés familiers avec l’industrie de la soie s’établirent à Sjûtallield, prés de Londres, où celte industrie existe encore aujourd’hui.

Le climat de rAnglclerre ne s’est pas trouvé favorable à l’élevage des vers à soie. Des tentatives réitérées ont été faites de temps à autre pour propager la soie, mais elles ont constamment échoué. On pensa que les établissements anglais en Amérique seraient plus favorables, et plusieurs expériences furent faites également. Mais soit pour une cause, soit pour une autre, elles ne furent pas plus heureuses que dans la mère patrie. L’industrie de la soie, qui avait été toujours extrêmement protégée en Angleterre, est restée longtemps stationnaire. Aujourd’hui les soies de Chine sont travaillées sur une grande échelle en Angleterre, et l’industrie de la soie s’y étend tous les jours davantage.

La manufacture de la soie se divise, comme toutes les productions de tissu, en préparation du fil et en tissage. La filature de la laine et du colon consiste à joindre entre elles des fibres courtes et à en former un fil. Ici le fileur est le ver à soie lui-même. La partie extérieure du cocon est formée par le fil de soie non interrompu, (|ui ne forme pas un cercle concentrique régulier, mais se croise et s’entrecroise, retenu fixé par une gomme transparente que le ver sécrète en même temps que le fil lui-même.

La première opération que subit la soie est le tirage,

DE L'|\DISTRIE MUDEllNE.

qui consiste à ilétaclier du cocon le fil qui est lepliê par couches agglutinées par une gomiiie. Les cocons choisis sont immergés dans une bassine remplie d’eau chaude. L’ouvrière recueille les fils ou brins de cocons ; elle en prend le nombre nécessaire pour faire deux fils, nombre qui varie depuis trois jusqu’à vingt, suivant la grosseur qu’on donne à la soie grége. Les fils sont passés chacun dans une filière, puis croisés l’un sur l’autre, puis enroulés sur un dévidoir. Le passage des fils à travers les filières et la croisure sont indispensables pour établir leur adhérence parfaite, pour les arrondir et leur donner une surface lisse et unie. C’est sous cette forme que la soie est expédiée des lieux de production, de la Chine et de l’Orient.

La soie formée par la réunion de brins élémentaires chargés de gomme, et qui ne sont pour ainsi dire que collés ensemble, porte le nom de soie (jré(jp.. Elle ne peut servir à aucun usage sans avoir été doublée, et surtout tordue. Les doublages et les torsions augmentent la résistance des fils, et empêchent les brins de se décoller dans les opérations de la cuite, du dégommage et du décreusagc. Ces diflérentes opérations de <lévidage, de doublage et de toi'sion constituent le moulinage de la soie.

Le moulinage de la soie comprend quatre opérations, qui sont : 1” le dévidage de la soie grége sur des bobines; 2“ la torsion imprimée séparément à chaque fil des bobines; le doublage de deux fils précédents réunis ensemble par une nouvelle torsion, et leur dévidage sur des bobines; 4” la réunion par la torsion de deux ou d’un plus

ARIS TKXrtI.tS.

:iÇ)9

i-ratul iiuiiibie de lils obtenus par ropératiuii [nêcédeiite.

I.,e lil résultant de la troisième opération porte le nom de Irame. La quatrième ojièralion produit les lils les plus doublés elles plus tordus, qui forment la chaîne des tissus, et qui ont reçu le nom A'ort/nnsins (l).

Le tissage de la soie a également un caractère tout particulier. Les étoffes unies sont encore tissées à la main ; le lissage mécanique n’est que peu appliqué, et l’on y a renoncé pour les étoffes un peu larges. On réalise aujourd’hui, au moyen du tissage, les dessins les plus compli- (jués, sans que l’ouvrier tisseur ait d’autre préoccupation que de faire suivre dans un ordre déterminé les trames de différentes couleui’s.

On avait recours depuis des siècles, même pour les damassés de Saxe en fil de chanvre ou de lin, aux procédés directs de soulèvement d’autant de groupes de fils de la chaîne que réclame le dessin, au moyen de plombs de lisses. Les cordons de tirage étaient soulevés dans l’ordre de succession indiqué par un tableau servant à lire et à chaîner les cordons de tirage. Ce système exigeait, indépendamment du tisseur, un aide ou tireur.

Bientôt, les dessins se compliquant de plus en plus, on améliora celle primitive cl insuffisante combinaison, en facilitant le tirage des cordes ou le soulèvement des plombs de lisses. Ces perfectionnements avaient lieu à Lyon dès 1605‘; d’autres eurent lieu en 1717 cl en 1725 (2).

(1) Alcan, Dictionnaire des arts «l nutnufaclures, arl. Sui£, |>. —

Jsisai sur l'industiic dis madéics lejliles. Paris, 1H57.

(2) Poncelet, toc. cil., p. 360.

1)E f.’lNDLSrniE MüUtB.'il.

ilüO

Le bul poursuivi était de supprimer le tirage direct des cordes ; niais malgré des perfectionnements graduels, le tissage des étoffes façonnées ne fut complètement automatisé qu’au commencement de ce siècle par le métier Jacquart. Mais ce ne fut qu’à la suite de nouveaux perfectionnements, de 1812 à 1816, parle mécanicien Berton, que le métier Jacquart acquit la perfection et la facilité de manœuvres qui le firent généralement adopter dans l’industrie manufacturière, en triomphant de l’opposition des ouvriers de Lyon (1). Le métier Jacquart fut appliqué en Angleterre de 1822 à 1823 : il en existait de 5000 à 6000 en 1826, près de Londres.

Le principe du métier automate de Jacquart est le suivant. Le dessin qu’on veut exécuter sur l’étoffe est reproduit sur des cartons au moyen de trous. A chaque soulèvement des fils de la chaîne, les faisceaux de fils qui, par l’antique procédé, étaient tirés directement [lar les plombs de lisses, correspondent aux cartons percés de trous ; ils sont, d’après le dessin, abaissés ou soulevés sans intervention directe du tisseur. Ce résultat est obtenu par un système de mouvement des cartons qui se succèdent et se présentent alternativement. Bien n’est plus simple en apparence; mais ce résultat n’a été obtenu que par une suite de découvertes auxquelles les noms de Vaucanson et de Jacquart resteront liés.

11 est une branche de l’industrie de la soie qui est d’une grande importance et est intimement liée à ses progrès,

(I) Poncelet, /oc. cil.

ABTS tKXTIl.KS.

c’est la Iciiilure. Les élolTes »lc/olon no sont pas nécessairement teintes, c’est inèmerexceiition. La {jrande majorité (les tissus (le coton sont employés à l’état blanc, il en (’sl (le même pour la laine; mais il n’existe, pour ainsi dire, pus dans l’usage domesti(|ue de tissus de soie (|ui n’aient subi l’action de la teinture.

Le blanchiment cl le di'creusage, le d(’‘gommage et la tiunturc de la soie forment une indnstrio à part, imporlanle et sans aucun rapport avec les |ir(>cédenles. Le teinturier sur soie n’est pas en même temps un spéculateur, il n’achète pas do soie pour son compte; il t(*iiit, d’apirs les indications qiif lui sont doniu'cs, la soie (jui lui est remise par les fabricants. La soie se teint en fil, d’après les besoins des fabricants. Le hûnlurier fuit subir à la soie une série d’opérations, (|ui sont le décreusage, le d(>gommage, le blancbimenl. La soie est une matière animale ; elle ne peut supporter les actions (jue l’on fait subir au ('oton : ,on ne peut employer ni le chlore ni les alcalis, mais le savon seul, auquel on ajoute un peu dccurboiiale de soude. Lorsipie la soie est parfaitement blauchi(‘, on la teint.

L’habileté des teinturiers français fuit tout autant peutêtre pour le succès de l’industrie de la soie que le bas prix de, la main-d’œuvre et le goût des dessinateurs et des fabricants. La teinture de la soie constitue une brandie d’industrie à part, toute de tradition, toute d’empirisme. L’est en vain (|ue la science veut se rendre compte de la formation de ct^s nuances délicates variées; autant vaudrait suivre le pinceau du peintre, et traduire

I)F, I.’lNDÜSXnlE MOnFRNF..

en formules les effets qu’il obtient. Peu de nuances sont produites directement par une couleur isolée ; la soie passe le plus souvent dans des bains successifs, où elle acquiert la nuance désirée.

Il serait exagéré toutefois de dire que la cbimie reste impuissante à expliquer les phénomènes de la teinture de la soie. De même que le coton et la laine, la soie |K)sséde des propriétés de tissu particulières, qu’on utilise comme nous le verrons à l’article Teinture. La soie est très transparente, d’un diamètre as.sez considérable; les plus faibles proportions de couleur suffisent pour la colorer avec intensité. Ce qui pour le coton serait à peine une coloration devient pour la soie une nuance foncée.

La supériorité de la soierie française, qui est un fait acquis incontestable, est due uniquement à l’Iiabilelé, ù la supériorité, non-seulement de l’ouvrier, mais du fabricant français, supériorité qu’il conserve dans tous les genres, et dans laquelle il n’est vaincu que par les conditions plus favorables de ses rivaux. Celte supériorité se retrouve dans l’impression des tissus de colon, dans les tissus légers de laine, dans les tuiles fines de lin, dans le travail des métaux. Chaque fois que l’industrie en France se trouvera placée dans des conditions convenables, elle ne connaîtra pas de supérieurs.

Faire de la Prusse un pays producteur de soie était une idée favorite du grand Frédéric, cl qui est préconisée de nouveau par les économistes modernes; mais les étés de rAllemagne sont ordinairement d’une très courte durée. Toute la soie ouvrée en Finisse est importée.

ARTS TEXTILES

Les principales manufactures sont sur les bords du Rhin, fournissant environ les six septièmes de sa production ; le reste à Berlin, le centre de l’industrie en Prusse, et qui peut être considéré comme la seconde parmi les villes manufacturières du continent.

La soie est la principale production de la Lombardie ; elle alimente son commerce extérieur. Cette industrie intéresse plus ou moins chaque famille dans la contrée, et plus que toute autre occupe l’attention.

La manufacture de la soie est très importante à Gènes. La valeur annuelle des produits de soie et de satin manufacturés atteint environ 6 250000 francs. La matière première est obtenue en partie dans le pays même, ou importée de la Sicile, de la Calabre et du Levant.

La soie exportée de Canton consiste en deux variétés principales, connues dans le commerce sous le nom de Canton et de Nankin. La quantité de soie produite en Chine pour la consommation intérieure est si considérable, que, malgré l’immense exportation des dix années jusqu’en 1356, le prix moyen était plus bas que lorsque la fabrication n’était que le quart de ce qu’elle est aujourd’hui (1).

La soie des Indes orientales vient du Bengale. Vers l’année 1760, la Compagnie des Indes introduisit le mode italien de mouliner la soie, qui porte cet article à un haut degré de perfection sous le rapport de la qualité.

La quantité de soie brute importée en Angleterre eu

(1) Mae CuUoch, Commercial Diclionary, v° Silk.

It^lt DE I.’lNÜLSrBIE MODEHJÎE.

en 1858 s’élevait à 6 277 576 livres, dont 2011 186 provenaient de la Chine, 3 652 617 de l’Indc et de l’Égypte, et 613 775 d’autres contrées (1).

La soie brute est un des plus importants produits de la Perse, et elle est obtenue en plus ou moins grande quantité dans toute la contrée, mais principalement dans les provinces du Ghilan et du Mazendéran. Dans la première seulement (Gbilan), le produit annuel monte à environ 000 000 livres en poids. Sur ces 000 000 livres, les trois dixièmes sont achetés par tes Russes et transportés à Astrakhan; une quantité équivalente est envoyée à Bagdad et dans le voisinage ; deux dixièmes à Constantinople, Alep et autres villes de l’Asie Mineure, et les deux dixiémes restant vont à Ispahan, Yczd, et dans d’autres localités de la Perse célèbres par leurs manufactures de soie.

La soie du Japon est, dit-on, inférieure à celle de Chine; mais M. Oliphant ne trouve pas de différence entre ces deux produits. Plusieurs des dessins et des combinaisons de couleurs indiquent beaucoup de goût. Les Japonais sont remarquables pour la simplicité et l’élégance de leur goût en matière d’habillements et d’ornements (2).

L’industrie de la soie a un caractère tout particulier; elle est divisée en plusieurs spécialités, qui s’exercent sur une petite échelle. La matière première est si chère, que les questions d’économie de main-d’œuvre et des frais généraux, (pii dominent les autres industries textiles, sont en

(1) .Mac Culloch, loc.cit., v" Silk.

(2) Oliphant, toc. cil., (. II, p. t37.

ARTS TEXTILES

^or.

quelque sorte secondaires pour elle. Ici la perfettion du travail, l’habileté de l’ouvrier et du teinturier, le bon goût du fabricant, sont les conditions essentielles de la supériorité de cette industrie.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur un sujet qui a été traité complètement par M. Louis Reybaud avec une grande supériorité. Le lecteur trouvera dans son livre’(l) les indications les plus exactes, en même temps que les appréciations les plus intéressantes, devenues aujourd’hui toutes d’actualité.

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