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ÉLEVAGE ET ÉMIGRATIONS DES POULAINS DANS LE MARAIS

C'est chez le poulain, dont toutes les phases de l'élevage sont convenablement dirigées, qu'il convient d'étudier la

race mulassière plutôt que chez la jument qui, issue des mêmes parents, est tellement entravée, contrariée dans son développement qu'elle n'est que l'image incomplète et étiolée du véritable type de la race.

Le poulain à la mamelle soutire à sa mère la plus grande partie des éléments nutritifs qu'elle-même retire avec peine des pilturages qu'elle parcourt. L'insuffisance de la nourriture, si préjudiciable à la mère, n'atteint que médiocrement le poulain, qui se contente de son lait et de l'air vivifiant et pur de nos plaines nues ou boisées. Sa constitution est bonne, il grandit, il prospère. Né à l'époque du vert et des pacages, il souffre peu des privations antérieures qu'a endurées sa mère ; il est sevré et vendu à l'âge de 8 a 9 mois. Les uns sont achetés par les fermiers de la Câline; les autres, et c'est la plus grande partie, par les fermiers des Marais. Nous allons suivre ces poulains dans ces différentes émigi'ations, qui ont un immense intérêt économique et scientifique.

Les agriculteurs des deux pays du Marais et de la Gâtine parcourent les plaines du Poitou au commencement de l'hiver, et vont à toutes les foires pour y acheter les poulains nés dans l'année.

Aussitôt leur arrivée dans les marais, ce qui a lieu depuis le mois de février jusqu'à la mi-avril, les poulains sont lâchés dans les carrés ou prairies marécageuses de la Vendée ou des Deux-Sèvres, comprenant ceux de Luçon, Moricq, Velluire, Vouillé-les-Marais, Lezay, le Langon, et tout le littoral depuis Avrillé jusqu'à Fontenay. Ces jeunes animaux, issus de sang Poitevin pur ou Poitevin-Breton, sont mis en liberté dans ces vastes prairies permanentes qui

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