INSTITUTIONS HIPPIQUES EN POITOL
à l'amélioration du cheval. Amener au centre du Poitou mulassier, à un jour donné, les chevaux de courses de Paris, Nantes, Angers, Poitiers, etc., pour leur faire faire plusieurs fois le tour d'un hippodrome, est-ce là vraiment travailler utilement au perfectionnement de l'espèce du cheval qui doit entretenir le cheptel mulassier? Et même, au point de vue exclusif du cheval, est-il sûr qu'il ait été élevé en Poitou un seul cheval de course, depuis qu'il y a un hippodrome à Saint-Maixent? Non, assurément. Eh bien ! il serait beaucoup plus patriotique et plus raisonnable en même temps, de consacrer à l'amélioration du cheval mulassier les fonds destinés à donner des prix aux coureurs de Saint-Maixent. Que les turfistes jouent sur la piste leur argent, nous n'avons rien à y voir; mais au moins qu'on ne décore pas le frontispice de la salle des jeux du programme trompeur d' 'encouragements à l'espèce chevaline ! En ce qui concerne le Poitou, nous faisons des vœux pour que les Conseils généraux réservent les fonds des départements pour un emploi d'une utilité plus générale.
Commissions hippiques.
Il y a eu aussi une autre institution dont le but pouvait vraiment servir les intérêts de l'espèce chevaline mulassière : c'était les commissions hippiques. Malheureusement encore, la composition de celte commission qui était laissée aux choix de MM. les Préfets, n'était pas en rapport avec la mission qu'elle avait à remplir. Au lieu d'appeler dans son sein les éleveurs les plus intelligents, connaissant parfaitement la matière qui devait être soumise à leur appré-
DE L'INDUSTlUE MULASSIÈRE.
dation , on la formait a la vérité avec d'excellents citoyens, animés des meilleures intentions, qui pouvaient beaucoup aimer les chevaux, mais qui ne les connaissaient guère, et qui ignoraient pour la plupart les besoins de leur localité, ou tout au moins les qualités que devaient réunir les étalons. Ajoutons aussi que le vétérinaire, qui réglementairement devait en faire partie, n'y avait que voix consultative, et cependant l'appréciation des tares transmissibles par hérédité que pouvaient porter les étalons n'était pas chose indifférente. Ces commissions décernaient comme récompense le titre d'étalons approuvés à ceux qui en avaient été jugés dignes. Elles ont fonctionné pendant quelques années, et sans avoir été, je crois, explicitement abrogées, elles sont tombées en désuétude.
Etalons autorisés.
L'inspection de MM. les officiers des haras a été substituée aux commissions hippiques locales, pour l'autorisation des étalons. M. l'inspecteur général, assisté soit du directeur du dépôt d'étalons , soit d'un inspecteur départemental , fait amener à un jour fixe, et dans un lieu déterminé , les étalons d'une circonscription , et juge souverainement ceux qui devront être primés par l'administration des haras. La prime variait pour les chevaux mulassiers de cent a cinq cents francs. Celte excellente mesure fut , pendant les quelques années qu'elle a été appliquée en Poitou, un encouragement efficace qui a porté ses fruits, et qui a vivement stimulé le zèle des étalonniez. Bien que souvent, soit insuffisance des crédits alloués, soit préférence de M. l'inspecteur pour des étalons non mulassiers