INSTITUTIONS HIPPIQUES EN POITOU
de la circonscription , nous avions vu obstinément refuser des primes à de beaux Poitevins mulassiers de la plus pure origine. Mais ce n'était là qu'une erreur passagère sur laquelle on pouvait revenir l'année suivante, tandis que les coups portés dans ces derniers temps à l'industrie étalonniez du Poitou sont autrement graves.
Depuis le concours national hippique de 1860, l'émancipation de la production chevaline a été décidée en principe. Nous avons applaudi à cette mesure, qui devait remettre complètement aux mains des plus intéressés la direction de la production du cheval. Si hou que soil le principe de la non-intervention directe de l'Etat, nous eussions aimé le voir encore pendant quelque temps encourager par ses primes les possesseurs des meilleurs étalons. Nous étions même fondé à l'espérer, après avoir lu dans le compte -rendu du service des haras rédigé en 1862 par M. le général Fleury, que « la race Poitevine mulassière, qui l'ail la l'or- « lune d'une des plus riches provinces de France, devait » être particulièrement encouragée. » Grande fut donc nuire déception lorsque deux ans plus tard , c'est-à-dire en 1864, M. le directeur général des haras annonçait qu'aucun encouragement ne serait désonnais accordé aux étalons Poitevins de la race mulassière. Il est. vrai que le comité consultatif des inspecteurs généraux des haras a présenté , comme étant une compensation suffisante , la suppression du dépôt d'étalons de St-Maixent, qui faisait concurrence à l'industrie privée par les cinq ou six étalons carrossiers envoyés chaque année en station dans le département des Deux-Sèvres. Cette raison n'est pas sérieuse dans un pays qui compte 23,000 poulinières. Ce qui l'est
davantage, c'est que l'industrie mulassière est prospère , que ses produits sont d'une défaite facile et fructueuse, et par conséquent, qu'elle doit se suffire à elle-même. Oui, cela est vrai, mais en attendant que les rapports des étalonniers avec leur clientèle soient réglés au mieux des intérêts de tous , il est à craindre que la médiocrité des étalons soit le moyen terme qui les mettra d'accord pour le plus grand préjudice de la race.