‹ De l'Industrie mulassière en PoitouChapitre 3 sur 41 · TYPE & ORIGINE · texte numérisé non relu

TYPE & ORIGINE

propagation des maladies épizootiques, parce que les causes qui pouvaient résider dans le sol agissaient en même temps et de la même manière sur tous les bestiaux à la fois.

TYPE a ORIGINE DE LA RACE CHEVALINE MULASSIÈRE DU POITOU.

Quand Jacques Bujaull qui a écrit tant de vérités commettait l'hérésie de publier « que la jument mulassière avait » la forme d'une barrique reposant sur quatre poteaux » cl qu'il chargeait jusqu'au ridicule le portrait de la poulinière, il se faisait sans s'en clouter l'écho d'un préjugé, et encourageait ainsi les attaques de ceux qui avaient intérêt à présenter le cheval mulassier comme un monstre propre seulement à l'accouplement avec le baudet. .T. Bujault était évidemment guidé par son ardent amour pour l'industrie mulassière , mais son intelligence d'élite ne lui avait pas fourni les connaissances nécessaires pour juger physiologiquement l'espèce chevaline à laquelle il voulait tant de bien. 11 avait cru la servir par une description de fantaisie qui fût prise au sérieux par ceux qui , méconnaissant la manière de Bujaull , avaient oublié qu'il procédait de même lorsqu'il travaillait à réformer les abus et les mœurs; quand il montrait la routine et les préjugés par leur coté le plus hideux pour arriver (dus facilement à les détruire. Nous verrons dans la suite qu'on ne peut expliquer autrement l'erreur qu'il a commise en traitant de la jument mulassière.

D'après une statistique faite par nos soins et avec le concours de l'administration départementale, en 1850,1e nombre des poulinières mulassières du département des Deux-

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Sèvres était de 19,112. Depuis cette époque, le chiffre s'est accru au moins d'un cinquième, ce qui porte la population totale à 23,000 juments environ.

L'arrondissement de Fontenay, le seul du département de la Vendée qui s'occupe de la production de la mule, compte d'après une statistique de M. Ayraud, vétérinaire, 7,500 juments poulinières livrées à la mulasse. M. Michas, dans une statistique agricole de la Vienne , porte à 10,000 le nombre des juments mulassières de ce département.

En fixant approximativement à 10,000 les juments accouplées avec le baudet ou le cheval mulassier dans les contrées du département de la Charente et de la Charente- Inférieure qui exploitent cette industrie, on atteint le total énorme de 50,000 juments poulinières qui sont employées à la production mulassière ; soit par leur croisement avec le baudet, pour faire des mules, soit par l'accouplement avec le cheval, pour l'entretien du cheptel mulassier ; car l'idée qui préside à l'élève du cheval dans la plus grande partie du Poitou est la production du mulet. Tous les efforts, tous les sacrifices du cultivateur tendent à ce but : Avoir des juments qui, accouplées avec le baudet, donneront les meilleurs produits mulassiers.

Le type primitif de la race chevaline du Poitou est originaire des marais de la Vendée et des Deux-Sèvres , vastes prairies qui, il y a un ou deux siècles, étaient presque entièrement couvertes d'eau pendant une partie de l'année. Quelques statisticiens pensent que l'espèce chevaline-mulassière aurait été importée en Poitou par les Hollandais et les Flamands auxquels Henri IV concéda la possession des marais non desséchés. Il est assez raison-

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