SÉRIE DE FAITS
Une remarque importante doit précéder l’'énumération de ces faits : bien qu'une condamnation ne soit nullement nécessaire pour que les faits en question produisent l'infamie. il n'est pas lnpossible, il est parfois nécessaire qu'une condamnation intervienne. Le fait peut être notoire : par exemple une profession ; alors l’infamie qui s’y attache est aussi de notoriété publique. A l'inverse le fait peut être isolé, caché, incertain : dans ce cas l'exs/imatio du coupable est elle-même incertaine. Que si la question d'infamie se pose, s'il y a des prétentions opposées, il faut bien les trancher : de là procès, sentence, condamnation. Mais notons bien la différence : cette fois. la condamnation n'est qu'un moyen de preuve, ce n'est pas elle, mais le fait prouvé qui entraine l'infamie. On verra. à la fin de cette étude, combien cette idée intlue sur le point de départ et sur la durée de l’infamie.
Nous examinons d'abord les professions infamantes. Quant aux faits isolés amenant l'infamie, ils sont nombreux. Quelques-uns, antérieurs à l'Édit perpétuel, présentent des difficultés vraiment inextricables. Ceux qu'établirent les cousttutions impériales, n'offrent au contraire qu'un médiocre intérêt, et méritent seulement une rapide mention.
.S 1. — Professiors infamantes.
Sont notés : 10 Les comédiens, gladiateurs. et autres personnes se donnant en spectacle à prix d'argent. Les Grecs honoraient ce genre de profession ; Rome a conçu contre elle une prévention qu’elle nous a léguée. L’histoire des démélés de Labérius et de César est trop connue : ïésar eut beau rendre son anneau d’or au chevalier devenu comédien : le préjugé fut plus puissant que lui. Labérius ne recouvra ni son evistimatio. ni son rang dans la cavalerie (Macros. Saf. II, 7). — L’infamie alteint ceux qui ont loué leurs services pour combattre les bêtes féroces, même lorsque le combat n'a pas lieu (1, 6, D. 3, 1), Mais ne sont pas infâmes : les présidents des jeux publics (designatores, Bpubevtai\, exerçant non une profession illicite, mais un ywnus publicum: ceux qui montent sur la scène où descendent dans le cirque Aonoris causa; je citerai les athlètes, (4, pr. D. 3, 2) et les acteurs d’atellanes (Tir. Liv. VII, 2. — VAL. Max. Il, 4, $ 4). Les atellanes, comédies d’origine italienne, formaient le divertissement favori des jeunes gens appartenant aux meilleures familles ; leurs acteurs n'en faisaient ni moyen de luxe, ni profession habituelle. — Echappent enfin à linfamie ceux qui, bien qu'attachés aux jeux dans un but lucratif, ne se donnent pas en spectacle : les fhymelici où musiciens de l'orchestre, les æystici où athlètes combattant sous les portiques, les @g7lalores ou conducteurs de chars, et ceux qui, dans les courses, aquam equis spargunt (2, 5, D. 3, 2).
20 Les personnes exerçant une profession honteuse, Savoir |
Les /enones, marchands d'esclaves, proxenètes, ou gens tenant maisons de débauche ; peu importe s'ils exercent leur métier pr/neipaliler où accessoirement avec celui