‹ De l'infection par le streptocoque: au cours et au déclin de la grippeChapitre 13 sur 23 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Pneumonie grippale à forme bilieuse, — Erysipèle, — Guérison.

(Cette observation et les suivantes ont été recueillies dans les hôpitaux de , Clermond-Ferrand pendant l’épidémie grippale 89-90)

Il s’agit d’une pneumonie du sommet droit développée dans le cours d’un état grippal antérieur.

Louis S..., terrassier, entre à l’'Hôtel-Dieu le 3 janvier 1890, salle Saint-Vincent, n° 11. Garçon robuste, sanguin, habituellement d’une bonne santé ‘et n’ayant aucun antécédent morbide. Le 30 décembre, il a été pris du mal de gorge ou plutôt de laryngite avec grand malaise, fièvre, courbature, céphalalgie surtout occipitale progressivement plus accentuée. Le 3 janvier, à son entrée, on remarque une langue saburrale, une inappétence absolue et quelques vomissements bilieux. Ventre un peu balonné, foie gros et sensible à la pression.

A lexamen de la poitrine ; matité absolue, souffle tubaire, râles crépitants au sommet droit en arrière dans les fosses sus et sous épineuses.

Le lendemain le malade a craché pour la première fois deux gros placards fibrineux épais, adhérenls, visqueux, fortement teintés de sang. Toujours pas de point de côté, — peu d’oppression — mèmes signes

stethoscopiques.

TRAITEMENT : purgatif avec deux verres d’eau de sedlitz. — Sulfate de quinine 1 gr:Julep diacodé.

5 janvier. — Les urines sont rares et foncées, on y trouve. un léger nuage d’albumine. Pendant ces trois jours latempérature s’est maintenue à 40° avec

légères rémissions matinales.

La défervescence se fait le 6 au septième jour de la pneumonie et est marquée par des sueurs abondantes.Plus de céphaléeini de vomissements, le souffle est remplacé par des râles de retour. La convalescence s’effectue normalement et la résolution est à peine achevée quand le 14 dans la soirée, le malade éprouve un violent frisson avec ascension brusque de température 39° 7. — Nouveaux vomissements, céphalée intense. Le malade accuse en outre une douleur au niveau de l'aile droite du nez; dans la nuit, apparition d’une plaque rouge violacée.

Le lendemain, la plaqué très douloureuse se caractérise et dans la soirée la face est envahie pär un érysipèle d’une intensité moyenne. Tuméfaction sur- | tout marquée aux paupières qui ne peuvent s’ouvrir Température 40 degrés. Pouls bat 138 fois par minute.

16 janvier. — Envahissémént du cuir chevelu qui devient très sensible à la pression; apparition de boutons d’acné à la région frontale. La température

se maintient toujours à 40 degrés, avec légère rémission matutinale. Délire nocturne.

17 janvier. — Douleurs semblent s’accentuer surtout aux oreilles. Auscultation thoracique normale. — Tuméfaction des ganglions maxillaires.

18 janvier. — Même état, les urines sont rares foncées en couleur, un peu älbumineuses.

TRAITEMENT : Fomentations émollientes toutes les demi-heures. Potion au chloral — 2 grammes d’antipyrine.

19 janvier. — Légère desquamation des ailes du nez. Les ganglions maxillaires et le cuir chevelu sont très douloureux. Délire nocturne moins accusé. Température 392. : à me

20 janvier. — Phénomènes généraux s’amendent :

l’albumine existe en bien moins grande quantité dans l'urine.

21 janvier. — Défervescence brusque 36°. Sueurs abondantes. Tuméfaction ganglionnaire toujours douloureuse, mais la langue est moins saburrale, l’état général s'améliore.

Le 22 janvieret les jours suivants, 1l y eut bien une légère recrudescence fébrile, puis la douleur disparut peu à peu et le malade après une convalescer.ce de quinze jours quitta Phôpital le 11 février, complète-

ment rétabli.

CD Te

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