‹ De l'infection purulente ou pyoèmieChapitre 12 sur 24 · D. DES CAUSES PRÉDISPOSANTES OU ÉLOIGNÉES DE LA PYOÈMIE · texte numérisé non relu

D. DES CAUSES PRÉDISPOSANTES OU ÉLOIGNÉES DE LA PYOÈMIE

1° Génie épidémique. — Tous les praticiens désignent sous le nom de génie épidémique, de constitution atmosphérique, etc., certaines causes auxquelles ils attribuent la manifestation des maladies dites régnantes. Cette sorte de génie épidémique se trouve souvent renfermée dans un hôpital, même dans une seule salle, et paraît ou disparaît sans raisons parfaitement connues. Sans doute, les conditions de température, d’humidité, de variations de vents et de saisons, d’électricité, l’encombrement, les viciations de l’air, suffisent à expliquer telle ou telle forme de maladie, mais nous nous bornons ici 'a signaler le fait. Dans les salles de chirurgie, la pyoèmie règne, comme l’érysipèle, la pseudo-pourriture d’hôpital (état diphtérique des plaies), le scorbut, la fièvre typhoïde, la disposition

aux inflammations gangréneuses, etc. Les progrès de l’hygiène feront certainement disparaître ces apparitions malfaisantes du génie épidémique, qui deviennent, disons-le , de plus en plus rares, mais en attendant cet heureux moment, l’homme de l’art doit y donner une grande attention. Aérer ses salles, en exagérer la propreté, changer de local, si c’est possible, faire baigner ou laver ses malades, combattre les mauvaises odeurs par des lotions ou des fulmigations chlorées, différer les opérations dont l’urgence n’existe pas, et redoubler de soin pour prévenir toute rétention de pus dans les plaies et toute autre cause de pyoèmie.

2° Encombrement. — On s’accorde a regarder vingt à vingt-cinq mètres cubes d’air comme nécessaires à chaque malade. Les salles de l’hôpital militaire de Strasbourg sont disposées de manière à donner quarante mètres cubes d’air à chaque lit. Ce sont là des conditions excellentes, car l’encombrement et la viciation de l’air qui en résulte, sont les éléments les plus actifs des maladies, et particulièrement de l’infection purulente chez les hommes atteints de plaies en suppuration.

3° Rétention du pus dans les plaies. — Les tentatives infructueuses de réunion immédiate et la compression avec étranglement des plaies par les pièces de pansement, sont les causes les plus habituelles de la pyoèmie des amputés. Dans le but de prévenir ce redoutable accident, nous avons adopté une méthode d’amputation à laquelle nous avons dû, dans l’exercice de notre dernière année de clinique (1847-1848), onze succès sur douze opérations. ainsi réparties : amputations de la cuisse, 1 ; delà jambe, 6; du pied dans l’articulation tibio-tarsienne , 1 ; du bras, 1; de l'avant-bras, 1 5 de l’articulation méta-

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carpo-phalangienne , 1 ; total, 11 guérisons. La seule terminaison funeste eut pour cause une désarticulation du gros orteil , avec conservation d’une partie de la synoviale fongueuse. (Cette observation a été rapportée p. 247.) Nous supprimons les pansements en taillant un grand lambeau antérieur destiné à recouvrir spontanément la plaie par son propre poids, et nous en fixons les angles avec une ou deux épingles, après avoir abattu le bord tranchant de l’os et avoir placé au centre de la plaie une petite compresse longuette de deux travers de doigt de largeur, destinée a être retirée le troisième ou quatrième jour, et à établir un canal central dans le moignon pour l’assemblage des ligatures et le libre écoulement du pus. De$ pièces carrées de molleton de laine servent ù envelopper le moignon si des topiques paraissent nécessaires, et le froid ou la chaleur, selon les indications, deviennent faciles a appliquer. Dans le cas où le membre est agité de mouvements convulsifs, on le fixe avec un mouchoir ou une bande dont les extrémités sont elles-mêmes assujetties soit au lit, soit aux côtés du cerceau destiné a supporter le poids des couvertures. Si les conditions opératoires ne permettent pas de suivre exactement cette méthode d’amputation , nous nous en rapprochons, le plus possible, par des procédés exécutés de manière à toujours rendre libre l'issue des liquides et à en prévenir rigoureusement la rétention. Toutes nos opérations sont constamment pratiquées d’après cette grande règle si bien comprise et exposée par M. Piorry. La position à donner aux parties blessées est soumise a des règles très-simples. On doit les élever pour empêcher les congestions sanguines passives et faciliter le prompt retour du sang veineux, tant que la suppuration n’est pas formée, et les

abaisser légèrement après la production du pus, pour en opérer le dégorgement.

4° Blessures des veines. — Les plaies et la ligature des veines sont des causes très-fréquentes de phlébites, devenues mortelles par complication pyoèmique. Cependant on accorde peu d’attention aux suites de la phlébotomie, et chaque jour l’on pourrait recueillir des exemples de cette funeste négligence.

5° Pertes de sang. — Les hémorrhagies paraissent prédisposer singulièrement a la pyoèmie, dont nous avons vu plusieurs fois l’apparition suivie de près des pertes de sang, soit accidentelles , soit volontaires (saignées). La diminution de la plasticité du sang nous en paraît la cause. Les adhérences oblitératrices des veines se détruisent; la suppuration devient plus abondante et moins louable; des inflammations ulcéreuses peuvent survenir et la pyoèmie en être la suite.

6° Débilité. Faiblesse. — Les causes physiques et morales de la débilité et de la faiblesse des opérés sont une source fréquente de pyoèmie. La tristesse, l’inquiétude, le désespoir, une alimentation trop peu abondante et de mauvaise nature, l’inappétence prolongée, la diarrhée, une inflammation chronique prédisposent a l’infection purulente. Les personnes dont les chairs sont molles, lymphatiques, la respiration courte, l’activité organique peu marquée, sont très-sujettes à cette affection, dont les exemples sont plus rares et moins graves , comme nous le verrons, chez les montagnards , dont l’ensemble constitutionnel est tout différent.

7° Suppurations chroniques. — Toute suppuration peut amener la pyoèmie, et beaucoup de pthisiques, de typhoïdes, de farcineux, de malades atteints d’ulcères, de

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carie, de nécrose, etc. , etc., succombent a cette complication.

DIAGNOSE

Nous comprendrons sous ce titre l’étude des symptômes, du diagnostic différentiel et de l’anatomie pathologique.

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