‹ De l'influence de la position dans les maladies chirurgicalesChapitre 11 sur 18 · ARTICLE X · texte numérisé non relu

ARTICLE X

Déformations du squelette.

Les déformations du squelette se produisent sous l'influence de causes variées ; les unes ont pourpoint de départ l'altération chronique d'un ou de plusieurs os; d'autres une affection rachilique; dans quelques circonstances plus rares elles sont la conséquence de l'ostéomalacie.

Parmi les déformations qui dépendent d'une altération chronique/les os, et sur la production desquelles la position exerce de l'influence, je mentionnerai particulièrement la déviation angulaire du rachis à la suite du mal de Pott, et les modifications qui s'opèrent dans les courbures de cette colonne chez les malades atteints de coxalgie.

L'action de la pesanteur est évidente dans le premier cas.

Lorsque la colonne rachidienne, pour ainsi dire minée sur un point de son étendue, s'infléchit en avant sous le fardeau dont elle est chargée , si le malade, malgré l'avertissement qui résulte pour lui de celte inflexion, continue à prendre l'attitude qui lui a été funeste, comme celle-ci n'est possible qu'à la condition de rejeter fortement en arrière les épaules, le cou et la tête, afin de ramener le centre de gravité de toutes les parties supérioures du corps dans la verticale, on verra bientôt à l'inflexion angulaire du tronc se joindre d'autres déformations temporaires d'abord, puis permanentes, qui porteront principalement sur les courbures du rachis.

La même chose arrivera lorsque le malade reprendra la position verticale et marchera après la guérison de l'affection primitive.

Il en est de môme lorsqu'il s'agit d'une coxalgie ; la déviation du bassin entraîne également une courbure de compensation du rachis.

Les déformations qui reconnaissent pour cause une affection rachitique se produisent par le même mécanisme que les précédentes ; seulement, le rachitisme étant une maladie générale, on pourra voir dans ce cas la déformation se montrer à la fois sur plusieurs points du squelette ; en outre la déformation des os sera en général d'autant plus prononcée que ceux-ci occuperont une situation plus déclive; le pied, la jambe et la cuisse se déforment plutôt que le bassin et la colonne vertébrale, et surtout plus rapidement que les os du membre supérieur, qui n'ont à subir que des contractions musculaires. Cette loi, formulée par M. J. Guérin, souffre cependant des exceptions : on conçoit en effet que le rachitisme, bien qu'étendant son influence à l'ensemble du squelette, puisse porter plus spécialement son action sur telle ou telle partie du système osseux ; cette partie, dès lors, quoique chargée d'un poids moins lourd, est exposée à se déformer la première, et même à se déformer seule dans quelques cas exceptionels.

Le mode d'influence de l'ostéo-malacie sur la production des difformités est tellement évident et tellement conforme à celui qui vient d'être exposé, qu'il me suffira sans doute de le mentionner. Je dirai seulement que, lorsque cette affection est parvenue à son plus haut degré, comme par exemple chez la femme Supiol,

les os se déforment nécessairement dans toutes les positions du corps; car il n'en est aucune qui ne suppose un plan de sustentation, et les os qui répondent à ce plan s'affaisseront toujours sous le poids des parties plus élevées. Bien que les difformités de celte nature soient celles qui dérivent le plus directement de la position, le chirurgien se trouve donc désarmé contre elles, puisqu'il manque de point d'appui pour donner au malade une position convenable, et qu'en outre il n'a aucune action sur la cause première de la déformation.

Parmi les difformités articulaires,celles qui paraissent être le résultat d'une position habituellement vicieuse, comme certaines attitudes du tronc, peuvent être combattues avec succès par une position en général inverse de celle qui a produit la déviation. Celles qui sont le résultat d'un défaut de solidité des parties articulaires chez les enfants qui commencent à marcher, comme un renversement partiel du pied en dehors ou en dedans, un écartement ou un rapprochement des genoux trop considérable, commandent le repos jusqu'au moment où le squelette aura acquis plus de développement.

Indépendamment delà part que la position prend à la production de certaines déformations, elle jouera encore un rôle dans quelques maladies chirurgicales, relatives au système osseux. Je me contenterai de les mentionner: ainsi dans les luxations traumatiques de la hanche, dans les fractures du col du fémur, le déplacement augmente sous l'influence de la station verticale et de la marche.

Le même inconvôriieiileslà redouter lorsqu'on permet

trop tôt l'exercice aux malades affectés d'une fracture dont la consolidation est encore incomplète.

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