‹ De l'influence de la position dans les maladies chirurgicalesChapitre 14 sur 18 · ARTICLE- PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE- PREMIER

Plaies et ruptures tendineuses et musculaires.

L'influence de la position est marquée dans le traitement des plaies, comme moyen général et comme moyen local.

Dans les cas où le repos est indiqué , le meilleur moyen pour l'obtenir, c'est la position horizontale : tous les muscles alors sont dans le relâchement ; la circulation et la respiration se font avec calme et régularité , et le travail de réparation peut ainsi s'opérer sans entrave.

C'est surtout comme moyen de réunion des plaies que la position mérite d'être prise en sérieuse considération. La plus convenable est sans doute celle qui met en contact les lèvres de la plaie. Mais ce précepte, qui ne souffre aucune exception , n'a pas été formulé de la même manière par tous les auteurs. Ainsi , suivant Boyer, la situation consiste à mettre les parties blessées dans un état tel que les lèvres de la plaie soient contiguës l'une à l'autre; et il ajoute que la position doit relâcher les lèvres d'une plaie transversale. Sur ce point, tout le monde est d'accord; le relâchement , en effet, favorise le rapprochement des tissus transversale ment divisés; il facilite leur contact prolongé pendant que l'agglutination s'opère.

Mais nous ne saurions partager l'opinion de ce chirurgien, lorsqu'il dit que dans les plaies longitudinales il faut disposer les parties de telle sorte que les tissus soient dans un certain état de tension, d'où résulte un allongement qu'il compare à celui que produit sur les bords d'une boutonnière une traction exercée sur ses deux angles. Nous croyons, en effet, avec MM» Bérard et Denonvilliers, que le relâchement des parties divisées doit être érigé en principe général , les tissus, ainsi relâchés, étant plus faciles à réunir, moins exposés à une traction douloureuse et à l'inflammation.

Il est des régions où le rapprochement ne peut être porté jusqu'au contact ; il en est d'autres en assez grand nombre, la plupart de celles qui font partie du tronc et de la tête, qui ne permettent pas d'employer ce moyen : par conséquent, puisqu'il n'est pas dune application constante, et qu'alors même qu'il est applicable , il reste souvent insuffisant , il doit être considéré comme simplement accessoire, et en quelque sorte préliminaire.

Nous ajouterons que la position étant donnée, le malade pourra la conserver pendant tout le temps nécessaire au travail d'agglutination , sans avoir besoin de la maintenir au moyen d'appareils compliqués; ainsi la flexion de l'avant-bras sur le bras peut être obtenue et conservée au moyen d'une simple écharpe, celle de la cuisse sur le bassin au moyen de coussins qui suppore tent et maintiennent le membre. Mais il est des parties où des appareils spéciaux sont nécessaires au maintien de la position qu'on veut faire garder au malade : telle est la flexion de la tête , son extension, son inclinaison

sur le cou , le maintien du pied sur la jambe , le renversement du poignet sur l'avant-bras, etc.

Ce qui précède s'applique spécialement aux plaies qui intéressent la peau et le tissu cellulaire sous-cutané. Les plaies des muscles et des tendons fournissent quelques considérations particulières au point de vue de la position.

Dans les cas de rupture des muscles ou de plaies qui divisent ces organes dans une direction longitudinale ou transversale, on doit chercher à produire le relâchement des tissus divisés, afin d'obtenir leur coaptation. Or, une position convenable , aidée par une compression méthodique, permet d'atteindre à ce résultat.

Boyer conseillait de tenir dans une position intermédiaire entre la flexion et l'extension , une partie sur laquelle existait une blessure qui divisait obliquement des fibres musculaires. Mais comme le font observer avec raison les auteurs du Compendium , peu importe le sens dans lequel a été coupé le corps charnu : chaque fibre divisée tend à s'écarter, et cette tendance ne peut que s'accroître par la position qui allonge le muscle. Le précepte donné précédemment doit donc encore être maintenu.

Enfin, quelle position à donner aux parties blessées, dans lesquelles se trouvent superposées plusieurs couches musculaires dont les fibres vont dans des directions différentes, comme cela a lieu, par exemple, dans les blessures du ventre qui vont jusqu'au péritoine, el intéressent, par conséquent, les fibres charnues du grand oblique, du petit oblique et du transverse? Il est évident qu'il n'y a pas moyen alors de remplir l'indica-

lion du relâchement des muscles; car si l'un d'eux réclame La flexion, l'autre exige l'extension , etc. Le parti le plus simple, comme le plus avantageux, en cette occurrence, est de relâcher les parties; et cela s'obtient au moyen d'une position convenable.

Lorsque des tendons ont été divisés ou rompus, si l'on veut en obtenir la réunion , il faut d'abord rapprocher les deux bouts divisés : or, celte indication préalable ne peut être remplie que par une position convenable, qui varie suivant le tendon qui a été lésé ; ainsi, pour ne citer ici que le tendon sur lequel on a le plus fréquemment à agirde lasorte, letendon d'Achille, on sait qu'il faut étendre le pied sur la jambe, en fléchissant la jambe sur la cuisse.

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