‹ De l'influence de la position dans les maladies chirurgicalesChapitre 5 sur 18 · ARTICLE · texte numérisé non relu

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Maladies du système artériel.

Elles comprennent les anévrismesarlérioso-veineux, les varices artérielles et les hémorrhagies du même ordre.

§ I. Anévrisme artérioso-veineux.

Lorsqu'une communication directe se trouve accidentellement établie entre une artère et une veine , le sang artériel qui reçoit du cœur Une force d'impulsion" considérable, traverse l'ouverture de communication , s'introduit dans la veine, et la colonne sanguine vient entraver la marche de la colonne veineuse. Lorsqu'à cette première cause s'ajoute accidentellement une position du membre capable de retarder la circulation veineuse, la gêne apportée au mouvement circulatoire devient très prononcée. Aussi tous les auteurs ont-ils cité parmi les symptômes de l'anévrisme ârtériosoveineux la dilatation des veines superficielles du mem^ bre mis dans une position déclive, ce qui devient pour, les malades une cause de gêne et d'engourdissement pénibles dans le membre lorsque la dilatation est très prononcée, et la déplétion des mêmes vaisseaux qui se produit dans une position inverse.

Cependant M. Velpeau cite une observation qui fait exeêptidh à cette règle. Il s'agit d'un homme de quarante ans, forgeron desonélat, qui, depuis son enfance, avait un anévrisme artérioso-veineux de la partie supérieure de la cuisse, et qui ne présentait pas la moindre ddatation des veines du membre abdominal dans la position droite; il n'était nullement gêné par cette maladie, qui ne l'avait jamais empêché de se livrer aux travaux les plus rudes de sa profession.

L'auscultation appliquée h l'étude des maladies des vaisseaux a appris que l'anévrisme artérioso-veineux est caractérisé par un bruit de souffle continu, avec

renforcement isochrone à la diastole artérielle. Ayant eu l'occasion d'étudier un certain nombre de ces anévrismes, j'ai pu constater que la position donnée au membre modifie les symptômes fournis par l'auscultation, et que dans un anévrisme artérioso-veineux du membre thoracique, il suffit d'élever le membre pour transformer immédiatement le bruit continu en un bruit intermittent, phénomène dont je n'ai point trouvé une explication complètement satisfaisante. Quoi qu'il en soit, il m'a paru utile de le relater ici , car il nous fait pressentir que dans un anévrisme artérioso-veineux établi entre la carotide et la veine jugulaire interne on pourrait bien ne trouver qu'un bruit intermittent , et méconnaître le véritable caractère de l'anévrisme, si l'on n'avait la précaution d'ausculter le malade dans une position horizontale.

Éviter, autant que cela sera possible, de donner à un membre affecté d'anévrisme artérioso-veineux une position déclive, tel est le précepte qui découle naturellement des faits que nous venons d'exposer. C'est dans cette vue que A. Cleghorn conseilla à son malade, qui était cordonnier, de prendre le métier de perruquier , parce qu'il oblige à avoir souvent les bras élevés.

§ II. Varice artérielle.

La dilatation variqueuse des artères (anévrisme cirsoïde, varice artérielle) présente les mêmes phénomènes que les varices veineuses, sous l'influence d'une position déclive. J'ai vu, il y a quelques jours, une femme à qui M. Déguise a pratiqué, il y a vingt-cinq ans, lu li-

gature de l'artère carotide gauche pour une tumeur variqueuse artérielle qui occupait les régions frontale et temporale du même côté ; la tumeur a presque entièrement disparu après cette opération, mais les artères de la région fronto-nasale se sont dilatées, et la malade reconnaît que sa profession, qui l'oblige à travailler souvent la tête basse, est très préjudiciable à sa maladie à cause de la tension qu'elle produit dans la tumeur. La même remarque est applicable aux tumeurs érectiles.

§ III. Hémorrhagies artérielles.

Lorsqu'une artère d'un calibre peu considérable a été ouverte, le sang s'échappe d'abord avec une certaine force du vaisseau divisé, mais au bout de quelques instants l'écoulement sanguin se ralentit et tend à s'arrêter. En donnant à la partie blessée une position telle que le sang artériel soit obligé de lutter contre son propre poids pour arriver jusqu'à la plaie de l'artère , on ralentit le cours du sang dans ce vaisseau et l'on favorise ainsi l'hémostase spontanée. M. Piorry nous apprend qu'il a employé avec avantage l'élévation de la main pour arrêter une hémorrhagie fournie par l'arcade palmaire profonde. Cette conduite, exempte d'ailleurs de tout danger, serait à imiter dans une circonstance analogue.

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