MAC
été tels que nous les admirons. La brûlante précocité de leur jeune épanouissement a valu la sage formation des tempéraments les plus sains. Le goût de la mort s'est mêlé à leur beauté sans la corrompre ».
Nous trouverons dans la vie des tuberculeux dont nous allons examiner les œuvres : le manque de persévérance, l'instabilité, le défaut de volonté, l'égoisme et l'augmentation de l’affectivité propres à tous les tuberculeux et, dans leurs œuvres, des caractères communs : la mélancolie, l'inassouvissement, le besoin d'infini, la lassitude de vivre et la peur de l’action qui, s'ils existaient avant l'éclosion de la maladie, ont été incontestablement exaltés par elle.
Ces œuvres nous semblent la traduction de ces caractères. Nous nous appliquerons à le montrer, et nous nous efforcerons à dégager leur vibration spéciale, leur couleur très particulière et leur nuance exclusive.
Maurice de Guérin.— Le cygne du Cayla, mort de tuberculose aiguë à 29 ans, en 1839, nous a laissé des lettres d'un très grand intérêt et deux poèmes en prose : Le Centaure et La Bacchante, ce dernier inachevé.
Laignel-Lavastine donne ce portrait de Maurice de Guérin, d'après un de ses amis : « C'était, en 1833, un jeune homme au visage pâle, aux cheveux déjà rares au-dessus du front, à l'œil méridional et vivant, où brillait la lumière de l'idée, alliée cependant à celte expression de tristesse douce qui trahit la tristesse intérieure. » :
üeorges Pech a bien traduit dans son médaillon, où figurent Eugénie et Maurice de Guérin, cet air d'une indicible mélancolie. |
Il est permis de penser que la passion qu'il conçut pour une femme dont nul ne sait le nom, fut la première cause des ravages de la maladie de poitrine qui devait l'emporter.
Barbey d'Aurévilly a laissé un portrait de cette femme qui «avait des bras façonnés à la Michel-Ange, plus grandioses que fins..., des mains comme celles de Mona Lisa..., des épaules à