CHAPITRE X
De l' Influence desmouvemens respiratoires sur la production de chaleur.
Eh étudiant l'influence des mouvemens respiratoires sur la production de chaleur, nous devons nous borner aux mammifères et aux oiseaux ; les reptiles produisent trop peu de chaleur pour que t on puisse apprécier facilement les causes qui la modifient.
Lorsqu'on voit, ainsi que nous l'avons exposé plus haut, la diminution de la chaleur et des mouvemens respiratoires des animaux hibernans avoir lieu en même temps sous l'influence d'une température basse, nous ne pouvons rien en conclure relativement au sujet que nous nous proposons de traiter. Comme le froid occasione l'an et l'autre phénomène , on ne saurait reconnaître l'influence qu'une fonction exerce sur l'autre. Il en est de même lorsqu'on transporte un de ces animaux du lieu où il a été engourdi dans un endroit chaud : sa respiration s'accélère et sa température s'élève sous la même influence de la chaleur extérieure : du moins c'est tout ce que noua pouvons y voir. Mais il est d'autres faits relatifs à ces animaux où nous reconnaissons la part d
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mbùvemens respiratoires dans l'élévation de la chaleur. Je citerai des expériences de M. de Saissy :
L'air de l'appartement était à i%5 au-dessous de la glace* La température d'une chauve-Souris profondément engourdie était de 4°* M. de Saissy l'irrita par des moyenà mécaniques, et la laissa exposée a la même température où elle était devenue léthargique. Elle fut une heure à se réveiller : trente minutes après elle avait i5°, et au bout du même espace dé temps 270 ; mais elle ne put dépasser ce terme. ^
Un hérisson également engourdi dans le même endroit n'avait que 3° au-de&u£ de fcéro. Il fut excite de même* Il ne se réveilla qu'au bout dé deux heures. Sa température était alors de ia%5: une heure après de 3o° ; elle ne monta ensuite que de deux degrés dans le même intervalle , et à ce terme elle demeura stationnaire.
Dans les mêmes circonstances un lérot refroidi au même degré fut stimulé de la même manière. Bans une heure sa température était à a5Q , et dans le même espace de temps l'animal avait repris sa chaleur naturelle, 36°.
Dans ces expériences , la température extérieure n'est pour rien dans le rétablissement de la chaleur animale : les moyens mécaniques ne paraissent agir qu'en excitant les mouvemens respiratoire* et circulatoires , lesquels augmentent les rapports de l'économie avec l'air. Ces mouvement précèdent l'accroissement de la chaleur, changement
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qui survient lentement ; et dans cette succession de phénomènes il serait difficile de ne pas reconnaître les rapports de cause et d'effet.
On verra par les expériences suivantes du même auteur que les moyens d'eteitatioû mécanique n'ont eu aucune part appréciable dans la régénération de la chaleur. Cas faits, très-ctirieui, présenteront les détails d'un phénomène que nous ayons indiqué d'une manière générale dans le chapitre précédent et que nous envisagerons ici sous un mitre point de vue. Nous avons dit que le froid , après avoir engourdi un animal hibernant , peut le réveiller lorsqu'il devient intense : c'est par cette cause que les mouvemens de la respiration et de la circulation vont être excités.
Le même jour et à la même heure oit M. de Saissy fit les expériences que je viens de rapporter, il plaça sur une fenêtre exposée au nord, avec les précautions nécessaires pour ne pas les réveiller, un autre hérisson et un lérot dont la température était à 4° au-dessus de zéro, tandis que celle de l'atmosphère était à 4° au-dessous. Les mouvemens respiratoires étaient très-faibles. Le lérot s'éveilla un peu plus tard que dans l'expérience précédente, et courut dans sa cage avec légèreté. Dans la première heure, à dater de son exposition au froid , sa température s'éleva également à s 5° ; & la fin de la seconde, à 56°. Le hérisson s'est éveillé deux heures et demie après le commence— ment de l'expérience ; sa chaleur n'était montée
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qui ià° ; au bout de cinq heures elle était à 280; Dans cette nouvelle série d'expériences, il est de toute évidence que la cause qui à produit lé réveil n'était paô de nature à Contribuer directement à la production de chaleur; Si Un froid modéré peut la favoriser, comme iiouô 1 avons fait Toîr ailleurs, un froid plus rigoureux à une tendance contraire; Oh ne peut se méprendre ici sut* son action. Il produit ùné impression a&sez rivé pour êtfre Sentie malgré la torpeuty et déterminer des contractions musculaire* cfûi donnent accès à l'air dans de plus grandes proportions. L'intervention de cet agent fait naître un nouvel ordre de phénomènes parmi lesquels on observé Fac- Croissemeht de la chaleur. Nous ne voyons pas , il est trai 4 par quel procédé ce changement s* opère ; mais il suffit dé faire voir qu'il à lieu : c'était là notre objet. Nous reconnaissons de plus dans cet enchaînement de phénomènes un exemple frappant dé ces efforts conservateurs , de Cette puissance médicatrice dont on a tant parlé , et qu'en général , on a plus sentie que distinguée; Nous aurons plus d'une occasion de faire Toir avec quelque précision les moyens qu'emploie la nature animée pour combattre des agens qui menacent l'existence.
Mais la cause qui a excité les mouvemëns de ces animaux n'est pas propre à les entretenir. Ils produisent trop peu de chaleur, même en déployant toutes les ressources de leur économie, pour ré^
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sister long -temps à la température qui lésa stimulés momentanément. Le froid qui les a réveil 1rs soustrait trop rapidement la chaleur renaissante 1 sous l'influence de la respiration et de la circulation pour que le jeu de ces fonctions puisse subsister : aussi leur température ne tarde-t-elle pas abaisser, et ils retombent dans une léthargie qui devient mortelle par l'intensité du froid.
Il n'en est pas de même lorsque, dans un froid modéré, on les excite par des moyens mécaniques: après avoir repris plus ou moins de chaleur , suivant leur faculté d en produire, ils reviennent au même état où ils étaient auparavant , et dont on peut les tirer de nouveau.
Dans ces observations sur lest animaux hibernans, lesmoûvemens respiratoires, d'abord trèsfaibles et à peine perceptibles , s'accroissent progressivement jusqu'au degré de vitesse et d'ampleur qu'ils ont dans l'état naturel (i). Il s'agit maintenant de savoir quelle serait l'influence «le ces mouvemens sur la température du corps lorsqu'ils sont élevés au-delà du rhythme de la santé. Pour résoudre cette question, nous ne saurions nous appuyer sur des observations tirées des maladies; les conditions sont trop compliquées et
(0 L'accélération de leurs mouvemens respiratoires ne »"arrêle pas toujours a cette limite; mais ri est trop difficile «le démêler dans leurs mouvemens irréguliera le phénomène que no«» aUoas examiner.