‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 118 sur 206 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

De la Transpiration*

La transpiration chez l'homme a été long-temps l'objet de nombreuses recherches. San et or i us s'en est occupé à une époque où la physique expérimentale faisait ses premiers essais. On ne pouvait se douter alors de la quantité considérable de fluide qui se dissipe par la transpiration i car la sueur, qui est presque le seul indice sensible de cette perte, ne se montre qu'accidentellement ; tandis qu'une vapeur légère et ordinairement invisible émane sans cesse du corps, et lui forme fine espèce d'atmosphère particulière.

C'est la quantité qui se perd ainsi que Sanctojpius a déterminée par des recherches statiques; et lorsqu'il annonça que les cinq huitièmes de la nourriture pouvaient s'échapper par cette voie, i) dut exciter l'étonnement ou rencontrer l'iucrédu- }ité. Il s'occupa pendant un grand nombre d'années à déterminer, par le moyen de la balance, les variations dans la quaqtité de matière transpirée , dans leurs rapports avec les alimens , les évacuations uriqaires et alvines , et autres sécrétions sensi blés; le sommeil et la veille, l'exercice et le repos, les sensations de tyep - être et de malaise , le*

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passions , l'état de santé et de maladie , les ]>ériodes du jour et de la nuit.

Voilà les rapports qu'il pouvait déterminer avec plus ou moins de précision! en suivant une marche convenable; mais il n'eut pas la même facilité pour apprécier l'action des agens extérieurs, sur lesquels on n'avait alors que des idées fausses ou incom-t plètes : aussi dit-ril peu sur ce sujet, et ce peu est- il vague ou erroné ; conséquence inévitable de l'état de la science h cette époque. Mais ce qui a lieu de nous surprendre, c'est qu'étant l'inventeur des recherches statiques, il ait donné si peu de rapports numériques. Il y a plus encore ; un grand nombre de. ses aphorisme* sont fondés sur des raisojinemens et non sur l'emploi de la balance, dans des cas oh cet instrument pouvait seul Tins-? truire. Mais il a ouvert la carrière, et i\ mérite toute notre reconnaissance.

Ses successeurs ont fourni des données plus positives. Keill, Lining, Rye, Robinson, etc., ont publié des tables de leurs résultats; seul moyen de juger de la valeur des propositions générales, en nous £iîsant distinguer ce qui est appuyé sur des kits, de ce qui n'est que le produit de l'imagination. Tous les travaux de ce genre portent prinnpaiemeot sur quelques-uns des sujets que j'ai tu amenés plus haut en parlant des recherches de tanctorius,

Notre objet , au contraire', a été d'examiner I influence de la plupart des agens extérieurs sur

5f 4 QUATRIEME PARTIE.

la transpiration des animaux vertébrés. Nous appliquerons à l'homme les faite généraux qui résultent de ces expériences; nous les comparerons |i ceux que nous fournissent les savans qui se sont occupés des recherches statiques sur la transpiration; et nous donnerons sur plusieurs points des développemens que nous avons réservés pour cette quatrième partie. Nous avons senti la nécessité de commencer par déterminer la marche de la transpiration dans des temps égaux et successifs, en l'examinant d'abord d'heure en heure , les circonstances extérieures restant sensiblement les mêmes. Il est résulté des expériences sur les vertébrés à sang froid et les animaux à sang chaud que les pertes varient d'heure en heure , présentant des différences considérables en plus ou en moins dans leurs fine* tuations continuelles. Les auteurs qui se sont oc* cupés d'expériences statiques ont fait peu d'atteu* tion à ce sujet ; mais l'application de ce lait est suffisamment appuyée par l'observation suivante de Çanctorius : Non quâJLibet hçrd corpus eodem modo perspirat.

En conséquence de ces variations qui ont lieu dans des circonstances sensiblement les mêmes , on ne saurait apprécier dans cet espace de temps l'influence d'une cause particulière, à moins qu elle ne soit de nature à produire des effets qui ne a trouveraient pas renfermés dans les limites de ce variations.

C'est faute d'avoir en égard à ces

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