‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 119 sur 206 · CHAPITRE XI. 5l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 5l

qu'on a émis une foule de propositions fausses ou hasardées relativement à cette fonction.

On se doute bien , d'après l'existence de cette fluctuation continuelle, qu'il serait ep vain de chercher l'heure de la plus grande ou de la plus faible transpiration , lorsque les circonstances ne changent pas de manière à ce que le corps soit exposé à l'influence d'une cause énergique.

Nous avons tu comment cette fluctuation chez les animaux pouvait disparaître en prenant un plus grand espace de temps , et que la marche devenait régulière en décroissant. Nous avons observé que la diminution successive des pertes par la transpiration avait lieu dans des intervalles de deux, de six ou de neuf heures. Si le décaissement s'effectue dans le plus court intervalle, à plus forte raison a - 1 - il lieu dans les plus longs. L'espace de six heures, intermédiaire aux deux autres, renferme la presque totalité des cas. La généralité de ce phénomène chez les vertébrés est une raison suffisante pour l'admettre chez l'homme, quand même il n'existerait pas à cet égard d'observations spé-! claies.

Ainsi , en prenant un homme à son lever, dans fétat de santé et dans des rapports qui n'influent pas sensiblement pour faire varier la transpiration, quelles que soient les fluctuations de ses; pertes d'heure en heure , on peut estimer qu'elles seront décroissantes de six en six heures. Dans quel-; q\ies-»uns, il est présumable qu'il faudra une plus

5l6 QUATRIÈME PARTIE,

grande latitude : celle de neuf heures doit admettre peu d'exceptions. De même, cette diminution: successive de la transpiration pourrait s'observer chez des individus de trois eu trois heures; ce serait , ce me semble, le minimum de temps. Nous déduirons de ce qui précède que la période de la plus grande transpiration , lorsqu aucune cause pe vient à la traverse, est, en général, depuis l'heure où l'homme se lève , que nous supposons ici êtresixheuresdumatin, jusqu'à midi,

et que les pertes sont successivement moindres dans le même intervalle pendant le reste des vingt-quatre heures.

Pour constater cette marche régulière , on conçoit bien qu'il faut non-seulement garder le repos , mais aussi s'abstenir de nourriture et de sommeil; condition qui n'a pas, comme on s'en doute bien, été remplie par ceux qui ont fait des observations statiques sur l'homme. Cependant on déduira des travaux de plusieurs d'entre eux que la période de six heures, que j'ai déduite des expériences sur les animaux, est parfaitement applicable à l'homme ; c'est ce que nous verrons ailleurs; la discussion ne pouvant s'établir sans la connaissance d'autres faits,

§ I*r. Influence des repas*

L'influence des repas mérite d'être examinée , d'autant plus qu'elle a complique* toutes les rc-

ttîÀPtTRÈ if. *~ Sl^

cherches de Sanctorius, de Gorter, de Keill, ctc, * sur la période de la plus grande transpiration. S'ils avaient réduit les conditions à la simplicité que nous avons exposée plus haut, les résultats de leurs expériences se seraient accordés sans peine*

Eh prenant de la nourriture, oh fournit de nouveaux matériaux à la transpiration; mais quand commence - 1 ^ elle à y contribuer, et, par conséquent, à l'augmenter ? Je me proposerai une autre question qui pourra paraître étrange à ceux qui ne se sont pas occupés, de ce sujet. Pendant quelques heures après le repas la transpiration ne serait-elle pas diminuée? Sanctorius avait mis en axiome que la transpiration est très-faible pendant les trois heures qui succèdent au repas 2 sans doute qu'il s'est fondé sur les indications de la balance , quoiqu'elles n Vient pas toujours servi de base à ses aphorismes.

Nous dirons cependant qu'il a reconnu par des recherches statiques que la transpiration était faible pendant trois heures après le repas. La raison qu'il en donne parait avoir eu plus d'in- Huencu sur son esprit que l'observation même du fait. La nature est toute à la digestion stomacale ; elle lui fournit des matériaux et ne peut guère s'occuper de la transpiration. Ebloui par cette explication, il est probable qu'il s'est trop pressé de généraliser le fait; car on peut tirer d'autres endroits de souri ouvrage, qu'il a souvent constaté

5lâ QUVTKlfeMÈ PAliTIE;

que la transpiration, en pareil cas, était tfèsabon Jante. Je iHe conteliterâi d'un aphorisme, et je le citerai textuellement :

Hora dormitionis meridianat à cibo côrporâ aliquandb libram^ aliquandb selibram ëxcrementorum occulte perspirabilium eœcernere soient;

Keill j cfui a fait dès observations comparatives sur la transpiration avant et après le dîner, nous a donné des résultats numériques; Il s'ensuit qu'elle ii'étâit pas moins abondante pendant k travail de la digestion dans l'espace de temps qui iious occupe ^

Les expériences de Dodart et autres confirment ces résultats ; et vont même au-delà.

Je conclus de ces faits qu'on ne saurait admettre la proposition de Sanctarius, que l'influence de la digestion stomacale , pendant les trois heures qui suivent le repas , rend la transpiration trèsfaible. Il est vraisemblable que l'afflux des liquides dans le canal digestif, déterminé par la présence des alimens , est une cause qui , considérée isolément, diminue la masse des humeurs qui circulent , et tend par là à diminuer la transpiration. S'il faut du temps pour élaborer les solides et les porter dans le torrent de la circulation , le* boissons, au contraire, sont d'une prompte et facile absorption, et peuvent plus que compenser ce défaut.

Je ne prétends pas cependant établir que 1*

CHAflrrfcK xr. *tg

(ranspi ration soit nécessairement plus abondante! par l'influence de cette cause ; je yeux seulement déduire des faits que j'ai cités qu'elle n'est pas uécessai rement diminuée, et que si, comme je n'en doute pas , elle est quelquefois moindre dans cet espace de temps, on doit l'attribuer à cette fluctua* lion qui a lieu lorsque les intervalles dans lesquels on compare la transpiration sont trop courts.

Il faut cependant qu'il y ait des limites dans les* quelles on puisse observer une augmentation dé la transpiration par l'influence dés alimens. Voici les conditions nécessaires pour que les expérience» soient comparatives et les résultats concluans.

i°. C'est à la même heure qu'elles doivent être faites : cela est important pour que le corps soit , autant que possible , dans les mêmes dispositions pour transpirer.

a°. L'espace de temps pendant lequel la transpiration a lieu doit être assez grand pour qu'on u ait pas à craindre l'influence des fluctuations dont nous avons parlé : il convient, par conséquent, que cet intervalle soit de six heures, comme nous lavons déterminé plus haut. Toutes ces condition^ paraissent suffisamment réunies dans les recherches de Sanctorius pour que nous en admettions les

données.

Il les exprime d'une manière générale dans le 026e aphorisme : Qui vacuo ventricule it cu*bitum, ed nocte tertiam partem minus more solito circiter perspirat*

2ô Quatrième PÀRTife;

On peut s'assurer qu'il ne 9'est pas hâté uecoiiclure d'un trop petit nombre d'expériences. Il revient sur le même sujet dans divers endroits oii il donne les quantités perdues dans les deux cas. Les nombres et les proportions différent. C'est ce qui rassure en faisant voir qu'il a multiplié ses recherches , et que le désir de l'uniformité ne Fa pas engagé à trop généraliser les résultats: au lieu du tiers , il trouve quelquefois plus du double;

11 peut se faire que l'augmentation de là transpiration ne s'observe pus toujours par l'action de cette cause et dans cet espace de temps; c'est qu'il y en a une foule d'autres qui influent sur cette fonction. Il est des cas où Sanctoriuâ n'a pas trouve la transpiration plus abondante après le repas du soir que lorsqu'il s'est couché sans souper. Mais comme c'est par le résultat moyen dun assez grand nombre d'expériences comparative* qu'on juge surtout en physiologie de l'action d'une cause f on ne saurait douter de l'efficacité de celle-ci.

La durée d'une nuit, dans les recherches dcSanctorius , est de sept heures ; et comme l'augmentation délai transpiration par l'influence du reps était considérable , on peut réduire à la limite de six heures l'intervalle dans lequel on recomw*tra cet effet. Je le répète, on ne saurait l'apprécier en comparant la transpiration pendant la même durée avant et après le repas. Les époques sont

(lîtfehëhtes , et nous avons fait Voîfr <Juë dans là marche de cette fonction abandonnée à elle-1 même * les pertes sont différentes suivant leé )>ériodes du jour;

§ IL Influence Au sommeil.

Nous tenons d'exattititer une des causes pérttir* tutrices de cette marche. Il en est une autre que j'ai indiquée plus haut , le sommeil i noua allons nous en occuper*.

Lorsque, dans le sommeil, on considère que toùteà les fonctions de relation sont suspendues * et que dans ce repos paisible et profond les mouvement du cœur et de la respiration sont ralentis, on ne peut *e défendre de décider d'avance qu'il en ré-> suite une diminution de la transpiration • Sans doute, c'est une des opinions les plus probables qu'on paisse se former , sans la fondé* sur des mesures comparatives et exactes. Ces mesures ont été ap-» pliquées,* mais leur emploi exige des précautions qui n'ont pas toujours été prises. De là , petite être , la divergence des résultats. Qui veut détela miner l'influence du sommeil sut la transpiration ne doit pas comparer les pertes qui se font alors avefc celles qui les précèdent ou les suivent, quoiqu'il les compare dans la même durée- Lés périodes sont différentes > et nous avons fait voir* la nécessité qu'elles soient les mêmes pour rendre les expériences comparatives.

Afin de juger de l'influence du sommeil $ il faut

3,2* QUÀTBÎV.MÈ PARt^Ê*

dpno le mettre en parallèle avec l'insomnie peii* dant la même période:

On ne trouve que dans Sanctorius et Keill des observations qui puissent fournir quelques données à cet égard. L'un et l'autre nous apprennent dans leurs aphorismes que la transpiration , pendant .les nuits, que l'on, passe à s'agiter fréquemment dans son lit, loin d'être, augmentée , est au contraire, diminuée* :11 est évident <iuç l'un et l'autre comparent la transpiration pendant une nuit d'insomnie avec une nuit de sommeil. Sanctordus revient si souvent sur ce sujet, qu'il faut qu'il ait souvent, observé cette influence relative du sommeil et de la veille. On peut déduire le même résultat des aphorismes ou il parle de la transpiration pendant le sommeil; du jour, que Ton appelle sieste ou méridienne.

J'ai eu plusieurs fois occasion de reconnaître cette disposition^ du sommeil à augmenter la transpiration; non que je l'aie appréciée par des moyens statiques ; mais ils étaient suffisant pour me permettre de .former une opinion. Souvent j'ai observé sur dps enfaus de. différons âges, bien portons et endurais, un degré de sueur qui m etotmai t par le peu de. rapport ,qu'il avait f soit avec la chaleur de l'air» soit avec l'épaisseur des eoave*-ture$* ie mtaJB assuré qpe cher au ce n'éUm pas ,un e£et accidentel, nais mie teildâjtee habituelle pendant le somipçil. !

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trarispiratioti peut être quelquefois augmentée pendant lé semmeil , et dans 1 état de santé, sang qu'on puisse l'attribuer h l'action des câu&es' ext& rieunes. bailleurs, je n'ai présenté lès observations précédentes loir l'influence de la nourriture et do sommeil xjue pour ladre sentir la nécessité de prendre en considération la diminution naturelle de la transpiration .dans le cours çlës vingt-quatrq heures» et la période de temps dans laquelle elle se manifeste, sans quoi ou n'aurait pas les éléç* menH nécessaires pour apprécier l'influence de ceâ causes et de plusieurs autres.

Celles qui sont spécialement de mon sujet se rapportent i aux divers^ modifications de l'air; teiies que JP état-hygrométrique , le mouvement et le repos > la pression > la température de ce fluide j,

S III. Influence de Vétqt hjrgroinétrique de Vain

Lérsqu'ptt appréeie les effets des variations dan4 l'état hygrométrique de l'air, on doit se rappeler* que les autres conditions de ce fluide restent les mêmes, il fktrf donc qu'il a' y ait pas de différence dans les mohVemens , la température de l'air, etc. ; conditions qu'on ne peut réunir qu'au moyen dé l'expérimentation. On sait que la dénomination

i' air sec est ordinairement un terme relatif, et qu'il n'est absolu que lorsqu'on éxpriine la sêJ cheresse extrême j état de l'atmosphère qui ne se présente pais dans tios climats > excepté à de grandes hauteurs. • • . -m i

3a4 * QUATRIÈME PARfîK, '

En appliquant à l'homme les résultats des expériences faites sur les vertébrés, nous dirons que les états relatifs de sécheresse de Fair, tels que nous les avons consignés dans les tables, com~ fcaréa à. l'humidité extrême, augmentent considérablement la transpiration dans de certaines limites de température. Cette restriction çst indispensable pour que la proposition soit vraie. On; verra plus tard la raison et les feits sur lesquels elle repose. J'ajouterai que l'homme doit être en santé, et dans cet état ordinaire de la transpiration où elle est insensible; en ee cas, des degrés de sécheresse modérée peuvent rendre les pertes de poids par la transpiration six ou sept fois plus grandes que dans les cas d'humidité extrême, et même aller «beaucoup au-delà. Ces rapports, qui ont été constatés non-seulement sur desanimaux à sang froid, mais aussi sur des animaux à sang chaud, font voir, par leur généralité, que l'homme n'y fera pas exception.

La température, à laquelle ces expériences ont été faites n'excédait pas ao°. La prédominance de la transpiration dans l'air sec sur celle qui se fait dans l'air humide n'a pas lieu à toutes les. température*. Le phénomène inverse est produit par une grande élévation de la chaleur extérieure^ comme nous l'exposerons dans la suite.

En voilà assez pour faire entrevoir que la fonc~ tion de la transpiration est complexe, en partie physique et en partie vitale. La cause de langi

«joli

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